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Publié par Pascal 26/05 7h06

A voir ce soir : Les Français du jour J (Inédit).

Longtemps on a ignoré la présence de soldats français aux côtés des alliés lors du débarquement du 6 juin 1944. Pourtant ils furent près de deux cents qui, entraînés par les Anglais, participèrent au Jour J au sein d’une unité communément appelée commando Kieffer.

Le récit de leur parcours réunit tous les types de Français de l’époque : si beaucoup sont originaires de métropole, d’autres viennent des quatre coins de l’Empire français : Français d’Algérie, de Tunisie ou de Madagascar... Ils viennent libérer un pays que, pour certains, ils n’ont encore jamais vu. Comme le grand-père du réalisateur du doc diffusé ce soir à 20h45 sur France 3, qui foulera pour la première fois le sol français en débarquant sur les plages de Normandie sous le feu nourri des balles allemandes ! Il y a dans ce commando des ouvriers et des héritiers, des idéalistes et des aventuriers, des pieds-noirs et un musulman d’Algérie… le tout sous le commandement d’un homme, Philippe Kieffer qui, lorsqu’il débarque à Londres, est un banquier sans aucun passé militaire... Un groupe romantique en diable et héroïque dans les faits.

Ce documentaire inédit retrace l’itinéraire de ces Français du Jour J. A l’aide d’archives inédites retrouvées en Angleterre, de séquences de reconstitutions et d’entretiens avec les derniers témoins, nous les suivrons de leur engagement jusqu’au débarquement puis durant toute la bataille de Normandie. Ils nous racontent pour la première fois leur D Day en version française.

Réalisé par Cédric Condon. Ecrit par Jean-Yves Le Naour avec la participation de Stéphane Simonnet, historien, ancien directeur scientifique du Mémorial de Caen.

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai été bercé par les récits du
débarquement, moment incontournable des réunions familiales,
mon grand-père ayant quitté les faubourgs de Tunis à 16 ans
pour rejoindre Londres et finalement débarquer le 6 juin 1944
sur les plages normandes au sein du commando Kieffer.

J’ai été ensuite amené à retrouver tous les 6 juin ces hommes
que je connais bien et que j’admire tant. Avant de disparaître,
certains m’ont confié leurs souvenirs, les autres je les côtoie
toujours, de moins en moins nombreux chaque année. Avec le
temps, j’ai accumulé des centaines de photographies, des
dizaines de témoignages et d’images...

L’essentiel des archives animées ne se trouve cependant pas en
France, chose finalement assez logique. C’est en effet à l’Imperial
War Museum de Londres que j’ai découvert des images inédites
de ces bérets verts. Durant toute la période de guerre, les
Britanniques qui étaient si fiers de leurs troupes d’élites, dont
faisait parti le commando Kieffer, les ont abondamment filmées.

L’on découvre alors sur ces images nos commandos, de leur
entraînement en Ecosse à l’embarquement sur les barges du D
Day. Mais nous avons aussi retrouvé des images des combats des
hommes de Kieffer dans Ouistreham où ils débarquèrent, de la
bataille de Normandie et jusqu’à la Libération. Dans les petites
rues de villages normands, on s’embrasse, on rit, comme sur
cette séquence où un membre du commando, toujours
reconnaissable à son écusson bleu-blanc-rouge, trinque
joyeusement avec des villageois, tout sourire... Se lit alors sur les
visages toute la fierté d’en avoir été... et d’avoir triomphé !

Des images rares qui viennent parfaitement illustrer le propos de
nos témoins, qui pour certains semblent retrouver leurs 20 ans
quand ils racontent le rude entraînement chez les commandos
ou le débarquement.

Des scènes d’actions ponctuelles, précises, efficaces, "caméra à
l'épaule" viendront illustrer la parole des vétérans lorsque les
archives sont manquantes ou inexistantes. Ces scènes donneront
un sentiment de mouvement et de tension sans cesse
grandissant au cours du film.

Le but est de faire une histoire du débarquement à hauteur d’hommes en quelque sorte.

Pour cela, nous avons aussi pris le parti d’une immersion, dès la première scène, dans la cale d’une barge de débarquement. L’action qui s’y déroule permet alors d’introduire par flashbacks l’histoire de la
constitution du commando Kieffer, puis l’on revient régulièrement à notre barge qui se rapproche inexorablement des plages normandes.

Cela permet de faire monter la tension dramatique jusqu’au débarquement, que l’on suit alors en caméra embarquée.

Un digne hommage à des hommes sortis de l’ombre le temps de la guerre, mais trop vite retombés dans l’oubli.

Cédric Condon, réalisateur.

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