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Publié par François 13/01/2015 10H10

Document choc ce mardi : Enfants en guerre en Syrie (extrait).

Moatez, 13 ans, se prépare à devenir combattant. Comme son frère Hussein, 16 ans. Avec leur père, ils ont rejoint les forces rebelles de l'Armée syrienne libre qui tiennent les derniers quartiers rebelles d’Alep contre l’armée de Bachar Al Assad. Alors que de plus en plus d’enfants s’engagent dans les combats, un documentaire diffusé ce 13 janvier à 23 heures sur France 2 (en espérant l'absence de prolongations du match diffusé à 21h00...) partage le quotidien, les certitudes et les doutes de ces deux enfants syriens en guerre.

Un documentaire inédit écrit et réalisé par Yuri Maldavsky, spécialisé dans la couverture des conflits et des catastrophes naturelles à travers le monde.

Depuis plus de trois ans, la Syrie se meurt. Près de 200 000 civils et combattants ont été tués dans cette guerre inégale contre les forces de Baschar Al Assad. Alep est le dernier bastion rebelle. Tous les jours, les hélicos de Bachar lâchent des bombes sur la ville assiégée, décimant autant de combattants que de civils. Les bombes mais aussi les tirs de snipers, le manque d’eau et de nourriture rythment le quotidien des civils qui ont décidé de rester et de résister. Moatez, 13 ans se prépare à devenir combattant...comme son frère Hussein,16 ans, déjà moudjahidin qui a rejoint les rangs du FSA avec son père. Si les hommes sont en première ligne, les enfants sont de plus en plus présents lors des combats. A travers les regards croisés de ces deux frères, le film nous emmène au plus profond des pensées, certitudes, doutes de ces jeunes Syriens. Pourquoi un enfant de 13 ans prend-il les armes aujourd'hui en Syrie ? Pourquoi veulent-ils se battre, quels sont leurs motivations, leurs envies, leurs peurs ? Ce film partage le quotidien de cette famille résistante à Alep. Qui sont-ils vraiment ces rebelles syriens du FSA dits modérés ? Comment se préparent-ils au combat? Quels sont les choix de la population civile à l’heure où le fondamentalisme religieux est si fédérateur ?

L'entrée en guerre des Américains et des Européens contre l'Etat Islamique proclamé sur les territoires irakien et syrien a relancé le débat sur l'aide apportée aux rebelles syriens du FSA (Armée Libre de Syrie) dits modérés. Faut-il les armer alors que l’on ne connaît pas vraiment leurs intentions ? Qui sont-ils vraiment ?

En marge du conflit contre l’EI et malgré l’intérêt fluctuant porté à leur égard par les médias, ces groupes modérés n’ont cessé de se battre contre le régime syrien de Bachar Al Assad. Plus de trois ans après le début de la guerre et des centaines de milliers de morts parmi les civils et les combattants, de plus en plus d’enfants ont pris place aux côtés des adultes, leurs pères, leurs grands frères et copains sur les lignes de front. Ils n’ont que 13 ou 15 ans, ont grandi dans le quartier d’Alep qu’ils défendent et troqué leur cartable contre une kalachnikov portée en bandoulière.

Pourquoi un enfant de treize ans, alors qu’il devrait aller à l’école ou jouer au football prend-il les armes aujourd’hui en Syrie ? Qui sont ces enfants qui vivent l’horreur de la guerre jour après jour, heure après heure ? Comment se préparent-ils au combat ? Peut-on parler d’embrigadement religieux lorsqu’ils décident d’eux-mêmes de mener ce qu’on appelle le Jihad, la guerre sainte ? C’est pour répondre à ces questions que j’ai décidé d’aller à Alep, et vivre au milieu d’une famille combattant dans les rangs de l’Armée Libre de Syrie.

L'innocence, c’est ce qui caractérise l’enfance dans nos sociétés occidentales. En Syrie, aujourd’hui, les enfants ont perdu toute innocence. Au-delà du fait qu’ils sont victimes, il y a un aspect moins connu, c’est celui de l’engagement de ces jeunes hommes. Par la force des choses, ils ont échangé leurs jeux contre les armes et ont décidé de combattre pour un idéal qui n’est pas forcément le leur mais celui de leurs parents. Parents qui font partie de groupes rebelles, se disant modérés, mais répondant en réalité à un engagement idéologique et religieux pas toujours très clair.

En partageant le quotidien de deux de ces enfants et de leur famille j’ai cherché à comprendre le plus possible leurs motivations, leurs positions et leurs sentiments dans cette situation hors norme alors même qu’ils sont en plein apprentissage de la vie. Peut-on aujourd’hui parler d’enfance perdue pour cette génération de jeunes, garçons ou filles qui ont entre 8 et 16 ans ? Enfants dont on peut déjà dire qu’ils ont grandi en état de guerre…

Yuri Maldavsky

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