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Publié par Pascal 17/01 6h21

Eoliennes, la bataille du Lévézou : reportage ce samedi sur TF1.

Un reportage d'Anna Kwak Sialelli, Matthieu Lépine et Vincent Lefebvre, àdiffusé ce samedi en début d'après-midi sur TF1.

Le Lévézou, au coeur de l'Aveyron. Ce plateau paisible vit depuis toujours au rythme immuable des saisons et de l'élevage des brebis pour les caves de Roquefort. Dans ce petit paradis, un vent nouveau s'est mis à souffler - celui du XXIème siècle, durable, écologique.

Depuis 2008, 74 éoliennes ont poussé dans le paysage... et la zizanie s'est emparée du plateau, avec son lot de querelles de voisinage, ou entre communes. Entre ceux pour qui les éoliennes sont un symbole de progrès, ceux qui y voient un moyen de survie économique, et ceux qui sont décidés à stopper l'invasion, c'est un dialogue de sourds...

Guy Soulié, l'ancien maire du village médiéval de Castelnau fait partie des premiers maires de France à avoir été enthousiasmés par l'énergie éolienne. " C'est une réalisation contemporaine. Il faut vivre avec son temps ! " Aujourd'hui : 13 machines ont été érigées sur les hauteurs de Castelnau rapportant chaque année 130 000 euros de taxes à la commune.

A Bouloc, le village voisin, Monique Bousquet, aide maternelle à la retraite, est loin de partager le même enthousiasme. Les 13 éoliennes de Castelnau, elle les a tous les jours sous ses fenêtres, sans compter celles du parc voisin de Salles Curan. Au total : pas moins d'une quarantaine de machines tournent presque nuit et jour dans son champ de vision. " On dort de l'autre côté parce qu'il y a trop de bruit la nuit quand il y a du vent du midi. C'est intenable, c'est tout... " Il y a la télévision qui ne capte plus, le double vitrage qu'il a fallu installer pour lutter contre le bruit... et surtout les relations avec certains voisins qui se détériorent.

A Bouloc, le sujet fait polémique. Si certains habitants les subissent, d'autres s'enrichissent grâce aux loyers perçus pour la location de leurs terres aux promoteurs éoliens. Les rares propriétaires qui acceptent de s'exprimer le font sous couvert d'anonymat. Dans cette campagne dépeuplée, et en temps de crise, l'argent des éoliennes est aussi un moyen de survie. Marin et Anne, un couple d'éleveurs de brebis, en ont fait les frais. Il y a 4 ans, un promoteur leur propose d'installer deux éoliennes sur leur terrain, moyennant 6000 euros par machine et par an. D'abord séduit, le couple ne tarde pas à déchanter : leurs voisins leur mènent la vie dure. " Je n'osais plus sortir ! dit Anne. Les enfants à l'école ou dans les ramassages scolaires se prenaient tout le temps des mots de travers. Pour eux, c'était devenu invivable... " Au bout d'un an de guerre larvée, Marin et Anne renoncent à leur projet : le prix à payer pour retrouver la paix.

Cette affaire a ému la région et bouleversé Jean Marty, agriculteur à la retraite. Lui qui n'était pas contre les éoliennes au départ a décidé de se battre contre les projets des promoteurs. " J'ai appris dernièrement qu'il allait y avoir des éoliennes de 225 mètres à 500 mètres des maisons. Mais c'est inimaginable ! Quel est le Français qui peut accepter ça ? " Avec d'autres, il crée une association d'opposition. Le fief de cette résistance se situe dans le petit village de Mauriac, cerné par les projets éoliens. Avec Marcelle, Maïté ou Marie-France, les opposants sont minoritaires dans la région..." On a l'impression que c'est l'argent qui fait avancer les projets si vite. Et nous, on est le petit pot de terre contre le pot de fer ", raconte Marcelle. Leurs panneaux sont régulièrement lacérés de coups de couteau, mis à terre ou volés. Mais qu'importe. Ils ne se découragent pas. Car ils ont le sentiment d'une terrible injustice. Ce sont les communes voisines qui ont installé les machines sous leurs fenêtres, sans leur demander leur avis. Et le pire dans cette histoire, c'est que les communes en question ne les voient même pas...

Crédit photo © DR