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Publié par Pascal 21/03 12h00

Document inédit à voir : La véritable histoire du Radeau de la Méduse.

À partir du célèbre tableau de Théodore Géricault, une enquête sur le terrible fait divers qui en fut à l’origine. A voir ce samedi en première partie de soirée sur ARTE : La véritable histoire du Radeau de la Méduse.

Ils partirent à 151 et arrivèrent à 15... Qui connaît la véritable histoire du Radeau de la Méduse ? Peint en 1819, le chef-d’oeuvre romantique de Théodore Géricault a atteint une telle renommée qu’il a depuis occulté le fait divers qui l’a inspiré.

En juin 1816, un navire français, La Méduse, quitte le port de Rochefort en direction du Sénégal. à son bord des marins et des civils, fonctionnaires et soldats qui doivent s’installer dans cette ancienne colonie restituée par l’Angleterre. Mais par la faute de la cartographie aléatoire de l’époque et de l’imprévoyance de son commandant, La Méduse s’échoue sur un banc de sable, au large de la Mauritanie. Les canots de sauvetage se révélant en nombre insuffisant, 151 passagers sont sommés de prendre place sur un radeau de fortune de 20 mètres sur 12, avec cinq tonneaux de vin en guise de vivres. Seuls 15 d’entre eux survivront, secourus par un autrenavire français, L’Argus, après 13 jours de dérive. Quels terribles événements expliquent ce décompte macabre ?

Le documentaire-fiction d'Herlé Jouon raconte l’histoire d’une métamorphose : celle d’un des faits divers les plus dramatiques de la marine militaire en l’un des chefs-d’oeuvre les plus percutants de la peinture française. Pour remonter le cours de ce fascinant processus et tirer toute la richesse de son potentiel narratif, le film tisse en simultané trois temporalités : une enquête rétrospective éclairant les angles morts du quotidien hallucinant du radeau, des séquences fictionnelles suivant pas à pas la conception du tableau par le génial Géricault, et le projet tout aussi fou de l’équipe du musée de la Marine de Rochefort aujourd’hui de reconstruire l’embarcation à l’identique. Trois épopées complémentaires, qui s’imbriquent harmonieusement pour donner au film toute son ampleur documentaire.

La véritable histoire du radeau de la Méduse devient alors un hommage très incarné à l’instinct de survie des naufragés qui sont allés jusqu’au bout de leur humanité – voire au-delà –, à la rage de créer chez Géricault et à la volonté indéfectible de comprendre de la part des chercheurs contemporains. 

Réalisation des scènes de fiction : Gil Kebaili.

Anecdotes à propos du tableau (via ARTE) :

Pour étudier la carnation des chairs mortes et les expressions de souffrance des moribonds, le peintre, aussi consciencieux qu’un reporter de guerre, se rend dans les hôpitaux. Il réalise de nombreux croquis in situ et repart avec des morceaux de cadavres : mains, bras, têtes… Son atelier était réputé pour sa puanteur pestilentielle.

Le ciel contrasté n’est pas tout à fait une création sortie de l’imagination de l’artiste. Il est celui que Géricault vit au-dessus du port du Havre où il se rendit pour étudier les levers de soleil marins.

Des grappes d’hommes enlacés aux corps d’athlètes, des émotions fortes, une communauté qui s’est soudée face au destin… La tonalité homo-érotique du tableau déclencha les sarcasmes de certains commentateurs de l’époque (1819). La seule femme du radeau fut jetée à la mer (comme les blessés, les souffrants, les bannis), considérée comme une bouche inutile.

Influencé par ses maîtres (Poussin, Michel-Ange) et conscient qu’une peinture trop crue et violente aurait été très mal reçue, le peintre préfère le modelé harmonieux des corps classiques, au détriment de la logique physiologique. Car au moment de leur sauvetage après treize jours de dérive sans vivres ni eau potable, les rescapés étaient faméliques, la peau brûlée par le soleil et le sel, les blessures purulentes…

Crédit photo © Grand Angle Porduction

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