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Publié par Frnaçois 18/05/2015 12H40

Les Anonymes de la Nation, document inédit diffusé cette nuit.

Ce lundi à 23h25 sur France 4 : Immersion dans la réalité de quatre communautés d’anonymes qui gravitent autour de la place de la Nation. Ils ont en commun d’être illégaux et d’utiliser la rue comme lieu de survie ou d’expression : les graffeurs, les biffins, les skateurs et enfin les travailleurs clandestins.

"Les Anonymes de la Nation est une photographie de la situation de la ville en 2015 et un plaidoyer pour le vivre ensemble à travers l’histoire d’un quartier, mais surtout de ses habitants", communique le diffuseur.

Pour son premier film documentaire, la réalisatrice Marion Desquenne a choisi de raconter à la première personne l’histoire de son quartier : un lieu emblématique de toutes les manifestations, un lieu de passage de milliers de personnes et enfin l’un des derniers quartiers populaires de la capitale, au croisement de plusieurs arrondissements. À travers le portrait de personnages emblématiques, le documentaire vous fait découvrir la réalité de ceux qu’on croise tous les jours sans les connaître, obligés de se rendre invisibles pour se fondre dans les entrailles de la ville.

 

Les Anonymes de la Nation, document inédit diffusé cette nuit.

La ville est leur terrain d’expression dans un jeu d’évitement des autorités. Le BDC Crew, c’est un collectif de jeunes du XIe, qui habitent l’est parisien depuis toujours. De Montreuil à Bastille, ils croisent les autres graffeurs du quartier, les dealers de la passerelle à Daumesnil, les bandes des cités de Bercy. Le graff, une façon de crier son appartenance à un quartier, son identité, une façon de prévenir qu’ici tu es chez eux… Ils sont jeunes, habitent encore chez leurs parents, vont au lycée, pour certains en face ou ailleurs. Se voient-ils encore à Paris dans les années à venir ?

Les biffins sont des immigrés roumains, bulgares ou chinois récemment arrivés sur le territoire français et dont l’unique source de revenus consiste à faire les poubelles de la capitale pour revendre leur marchandise aux puces de Montreuil. Nous sommes dans les entrailles de Paris. Ici, la misère se vit en famille. Parents, enfants, tous s’entassent aux abords de la porte de Montreuil, où la pièce se négocie 50 centimes d’euro. Une économie parallèle, illégale, de survie, que traque la garde républicaine à cheval. Un vaste bordel animé où l’on retrouve les brocanteurs, les familles de Roms, les Chinois, les mamas africaines qui vendent des sandwiches à 1 euro et du café chaud préparé à l’avance dans les thermos. Pour comprendre leur réalité de vie, la réalisatrice a suivi une famille de biffins place de la Nation.

Il arrive du Sud, mais vit à Paris depuis presque dix ans. Quand tu es skateur, que ta culture est essentiellement urbaine, Paris c’est l’aboutissement. Akim dit qu’il mesure sa chance tous les jours d’habiter à Paname, même si sa situation est précaire. Il est en colocation dans un appartement pour six mois. Dans peu de temps, il devra changer de logement et d’arrondissement. Il fait ça depuis des années, c’est sa façon de vivre. Les skateurs passent leur vie à voyager, privilégiant leur passion à leurs ambitions professionnelles. C’est le système D.

Place de la Nation, des autobus ramènent en Pologne, en Roumanie, en Moldavie des gens venus travailler en France et qui utilisent ces moyens de transport non officiels pour rentrer dans leur pays d’origine. Un circuit pour retrouver la famille une fois l’argent fait en France. Ce sont les nouvelles populations d’immigrés qui assurent les chantiers au noir en France et les déménagements. Pour comprendre ces nouveaux flux migratoires, Marion Desquenne est partie dans un de ces bus pour suivre un travailleur chez lui en Ukraine.

Crédit photos © Marion Dequenne.

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