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Publié par François 15/06/2015 8H

Ce lundi à 20h50 : portrait de Ségolène Royal par Gérard Miller.

Ce lundi 15 juin à 20h50 sur France 3, un film documentaire inédit de Gérard Miller et Anaïs Feuillette. "Ségolène Royal, la femme qui n'était pas un homme". Ecrit par Coralie Miller et Gérard Miller.

Quand un psychanalyse essaye de comprendre, de son enfance à aujourd'hui, l'histoire de la plus rocambolesque femme politique de la République.

Redevenue ministre en 2014 avec l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, Ségolène Royal est sans conteste l’un des personnages les plus importants de l’Etat. « La vice-présidente » a même titré en couverture un hebdomadaire, constatant que s’est reconstitué un étonnant axe Ségolène Royal-François Hollande et que celui-ci ne semble pas prêt de céder. Et pourtant, entre 2007 et 2014, Ségolène avait connu sept ans de malheur, une lente descente aux enfers. Après le tweet assassin de Valérie Trierweiler suivi de son échec à la législative de la Rochelle, personne ne donnait cher de sa peau.

C’est ce qui a donné envie aux auteurs de faire ce film : comprendre comment Ségolène Royal avait réussi à démentir les mauvais augures et à témoigner d’une aussi étonnante résistance aux chocs. Repérer ce qui, depuis son enfance et tout au long de sa vie, avait bien pu la rendre aussi obstinée et, plus généralement, aussi atypique ?

La quasi totalité des femmes qui se sont jusqu’à présent illustrées en politique,
en France comme à l’étranger, étaient principalement créditées d’un mérite :
celui de pouvoir rivaliser avec les hommes. La voix pleine d’admiration, on
disait à l’occasion de telle ou telle : « Ça, c’est une femme ! » Mais quand on
disait hier d’Indira Gandhi, de Golda Meir ou de Margaret Tatcher ce qu’on
peut dire aujourd’hui de Marine Le Pen (voire de Martine Aubry) : « Ça, c’est
une femme ! », est-ce qu’on a besoin d’être psy pour entendre : « Ça, c’est un
homme ! »

Ce qui est sûr, c’est que si Ségolène Royal avait été élue présidente de la
République en 2007, on ne lui aurait pas fait pas le coup pendable qu’on a fait à
Edith Cresson. Il faut se souvenir de la façon étonnante dont Françoise Giroud,
par exemple, a rendu hommage à la première femme jamais nommée à
Matignon, s’exclamant : « Elle, au moins, elle en a. » Sous-entendu : des
couilles. Ce qui était inexact d’un point de vue anatomique, mais indispensable
d’un point de vue médiatique. Une femme Premier ministre, d’accord, mais
phallique ! Eh bien, la première originalité de Ségolène, c’est que personne n’a
jamais considéré que son principal atout était d’être bien membrée.

Ses détracteurs, remarquant que quelque chose avait changé avec elle, ont
évoqué avec ironie le triomphe de la « soft politique » ? Ségolène parlait en
effet plus souvent qu’à son tour de sujets « quotidiens », sous-entendu : en ne
se concentrant pas sur la question des retraites, des salaires ou de l'Europe...
Quel mépris ! En réalité, ce qui a été appelé le triomphe de la soft politique
marquait surtout la défaite du « priapisme politique », cette compétition des
promesses et des compétences à laquelle se livrent nos mâles politiciens
depuis si longtemps. Car à droite comme à gauche, la lutte continue d’être
féroce entre tous ces hommes en rut, qui veulent prendre la France comme
une femme (cf. les propos historiques de Dominique de Villepin), sûrs d’avance
de la faire rugir de plaisir.

Or Ségolène, c’est la « femme sans obligations », celle qui n’est pas obligée de
prouver à la cantonade qu’« elle en a ». Elle parle de ce qui lui tient à coeur,
pas de ce qui la ferait mousser auprès des autres politiciens.

C’est d’ailleurs ce qui a rendu fous la plupart de ses collègues hommes, eux qui
répétaient au comble de l’agacement : « Ségolène est moins intelligente que
nous, moins expérimentée, moins pugnace, moins résistante… moins… moins…
moins… » Mais oui, c’est vrai, ils avaient tout en magasin et elle presque rien.

Mais si c’était ça, justement, que des millions de Français continuent
d’apprécier en elle ? Quelqu’un qui est du côté du manque, de la castration, et
pas du trop plein !

Gérard Miller

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vazy 26/05/2015 11:26

Enfin! on commence à assister chez les journalistes et écrivains en tous genre à une espèce de mea culpa vis a vis de cette femme, que tout le monde s'est empressé de dézinguer, tant elle est iconoclaste, met à dessein les pieds dans le plat, refuse les réseaux, les copinages, les castes et se penche, en bonne catho, sur le bonheur de ses congénères; il aurait fallu la comprendre plus tot; nous aurions évité la descente aux enfers, dont elle tente d'extirper Hollande et la France; il savait qu'elle était la seule à pouvoir tout changer, mais sa faiblesse pour les femmes en général, lui a occulté toute lucidité et l'a privé d'un courage essentiel ; lui, il en a et s'en sert, mais pas pour gouverner, hélas!!