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Publié par Pascal 17/108 13h45

Terres nucléaires, une histoire du plutonium : diffusion le 29 septembre.

Avec le plutonium, l’homme a cru pouvoir maîtriser la matière. À travers trois lieux dans le monde dominés par des sites nucléaires – Hanford aux États-Unis, Rokkasho au Japon et La Hague en France –, Kenichi Watanabe (Le monde après Fukushima) retrace l’histoire du plutonium et de ses usages. Il en révèle les enjeux scientifiques, industriels et géopolitiques, et s’interroge sur le passage du nucléaire militaire au nucléaire civil.

A découvrir le mardi 29 septembre 2015 à 20h50 sur la chaîne ARTE.

Hanford, La Hague, Rokkasho, des lieux qui ont chacun une histoire différente mais curieusement des points communs : un paysage désolé de landes et de rochers, un climat dur pour l’homme, une nature sauvage, un environnement austère et…d’immenses installations nucléaires destinées à la production de plutonium. Les paroles des citoyens et des responsables politiques locaux témoignent de leur vie à proximité de ces sites. Nourri d’archives, le film retrace l’histoire de ces univers industriels.

Le désert de Hanford aux Etats-Unis, avec son passé de découvreur de la matière, est un des endroits les plus pollués au monde par la radioactivité, condamné à des travaux de décontamination sans fin. La pointe de La Hague en France retraite des déchets nucléaires venus du monde entier et stocke inconsidérément des tonnes de plutonium dont personne ne veut plus. Tandis qu’à Rokkasho au Japon, l’usine de retraitement qui n’a jamais fonctionné représente l’échec cinglant du projet et symbolise l’impasse où se trouve l’industrie nucléaire aujourd’hui. La « civilisation nucléaire » dans laquelle nous vivons domine ces paysages et leurs populations.

Le plutonium, matière artificielle, extrêmement dangereuse, constituée d’isotopes toxiques et hautement radioactifs, est beaucoup plus nocif que l’uranium. Il s’agit de la matière fissible la plus puissante qui soit, celle qui permet la fabrication des bombes atomiques.

Découvert dans l’enthousiasme et la fierté, le plutonium a été produit à des fins militaires avec des moyens industriels colossaux. L’homme était devenu le maître de la matière. Les chercheurs, les médecins et les scientifiques qui travaillaient sur l’atome ont néanmoins très tôt reconnu ses risques d’irradiation et de contamination. Mais le désir de progrès et les volontés impérieuses du complexe militaro-industriel ont balayé les doutes exprimés par la science.

Les Etats-Unis, premier utilisateur du plutonium, s’en sont servis pour fabriquer la bombe atomique lancée sur Nagasaki. Puis le plutonium a été mis au secret pour des raisons militaires et risques de prolifération.

En 1972, au moment de la crise pétrolière, la France décide de l’exploiter à des fins civiles et commerciales. Elle en a délibérément transformé l’image, la faisant passer de matière militaire à source énergétique. C’est encore la France qui aide ensuite le Japon à obtenir la technologie de fabrication du plutonium.

Quelques infos supplémentaires :

Le Japon, les états-Unis et la France
possèdent plus de la moitié
du parc nucléaire mondial.

Hanford est le plus grand site
de stockage de déchets radioactifs
aux Etats-Unis.

La Hague est la plus grande
usine au monde qui traite
les combustibles usés provenant
des centrales nucléaires.

Quelques kilogrammes
sont suffisants pour fabriquer
un engin explosif de nature
« bombe nucléaire ».

La durée de vie du plutonium
est de plusieurs centaines
de milliers d’années.

Le plutonium émet plusieurs
milliers de fois plus de
radioactivité dans la nature
qu’un réacteur nucléaire.

Le Japon possède 47 tonnes
de plutonium, dont plus de
la moitié stockée à l’étranger.
De quoi fabriquer 4000 bombes
atomiques.

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