Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par François 10/11/2015 14H15

A voir : Les fusillés, avec Michaël Gregorio et Grégoire Leprince-Ringuet.

Téléfilm inédit programmé ce mardi 10 novembre en première partie de soirée sur France 3 : Les Fuisllés. Une fiction réalisée par Philippe Triboit. Ecrite par ce dernier et Clément Koch.

Prix du Meilleur film et Prix du meilleur scénario au festival international du film de la fiction historique de Narbonne 2015. Prix Pyrénées d’or du meilleur unitaire au Festival de Luchon 2015. Prix du meilleur unitaire attribué par le public au Festival de Luchon.

1914. Louis, réserviste de 27 ans, patriote convaincu est mobilisé comme son camarade d’enfance et rival de toujours, Bastien. Ce dernier voit la guerre comme le reste, en opportuniste. Une nuit alors que leur section dort près du front, ils sont bombardés. Suivant le mouvement, Louis et ses compagnons se replient dans le plus grand désordre et dans la panique perdent leur régiment. Lorsqu’ils le retrouvent quelques heures plus tard, leur général les accuse de désertion. Il décide immédiatement d’appliquer la circulaire du Maréchal Joffre sur la discipline des armées. À l’aube, Louis, Bastien et quatre de leurs camarades seront fusillés sans jugement, pour l’exemple.

Avec Grégoire LEPRINCE-RINGUET (Louis), Michaël GREGORIO (Bastien), Marie KAUFFMANN (Constance), Sara GIRAUDEAU (Marguerite), Scali DELPEYRAT (Saint-Charles), Lionnel ASTIER (René), Nathalie CERDA (Eugénie).

Philippe Triboit :

"La guerre oppressante et destructrice est aussi parfois un cruel révélateur sur ce que nous sommes intimement les uns et les autres. A l’épreuve du feu, répond comme en écho celle des vérités qui éclatent. Soufflés par les bombes, les masques tombent et force est de constater qu’il va falloir vivre avec ce que nous sommes réellement et redoutions d’être.

Voilà ce qui arrive à nos jeunes héros. Revenus de l’enfer, voués à une mort certaine, graciés, ils ont laissé dans ce voyage initiatique leurs dernières illusions. LOUIS, le fils modèle, découvre l’injustice, le mensonge mais aussi l’ivresse de la violence au combat, BASTIEN, le malin, s’enfonce dans les arrangements malsains, RENE le paysan abandonne ses derniers repères…Tous ces personnages sont en quelque sorte des victimes collatérales du conflit, des âmes brisées en écho aux gueules cassées. Epargnés dans leur chair et pourtant blessés à jamais, ils luttent pour rester des hommes, comme les femmes luttent à l’arrière pour préserver un peu d’harmonie et d’humanité en ces temps bouleversés. Et malgré tout, la fraternité, l’espérance et la nécessité du devoir de mémoire les anime. Malgré tout la vérité et l’amour émergent.

Pas de dénonciation de l’absurdité de la guerre dans ce film, pas de leçon de morale assénée, mais plutôt une illustration de cette association éternelle du bien et du mal qui coexistent en chacun de nous. Si c’est un film de guerre, il parle de la guerre intérieure que chaque homme mène pour garder l’estime de soi. De ce point de vue c’est un film intemporel situé à une époque précise, une variation sur les ravages post-traumatiques qui pourraient aussi bien se dérouler en Bosnie ou au Moyen-Orient de nos jours.

A un siècle de distance, le seul ennemi qui vaille encore est la douleur. Les enjeux historiques ne sont pas notre propos. De ce point de vue, il y a dans notre scenario autant de compassion pour le soldat allemand que pour nos personnages qui sont frères de misère.

Cette volonté de privilégier les trajectoires intimes n’exclut pas la nécessité de restituer de manière spectaculaire les scènes de guerre. Cela fait partie de la « promesse » faite au spectateur de lui raconter une histoire où les traumatismes vécus le sont à proportion de l’ampleur des batailles. Il faut filmer l’enfer ! Faire de ma tranchée toutes les tranchées du monde, c’est rechercher l’allégorie plus vraie que le réel, plus bouleversante encore."

Crédit photo © Emilie de la Hosseraye / Mascaret Films / FTV 2013

Commenter cet article