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Publié par François 06/01/2016 13H20

A découvrir, un portrait inédit de Stefan Zweig diffusé sur ARTE.

D’Amok au Monde d’hier en passant par Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig est l’un des écrivains les plus lus dans le monde, et nombre d’artistes actuels revendiquent son influence.

Portrait inédit d’un humaniste lucide d’hier et d’aujourd’hui signé François Busnel et Jean-Pierre Devillers, à découvrir ce mercredi 6 janvier 2016 à 22h55 sur ARTE.

Le 22 février 1942, au Brésil, après avoir écrit à leurs proches et aux autorités locales, Stefan Zweig et sa femme Lotte consomment assez de barbituriques pour ne plus se réveiller. Malgré le fracas de la Seconde Guerre mondiale, le suicide de l’écrivain autrichien, dont les livres ont été brûlés quatre ans plus tôt, à Salzbourg, suscite une immense émotion.

Pourquoi le romancier, nouvelliste et biographe de génie, qui a connu un succès phénoménal de son vivant, a-t-il cédé à l’appel du vide ?

Pour démêler le jeu des forces obscures qui ont emporté sa vie, François Busnel et Jean-Pierre Devillers égrènent les étapes d’un parcours marqué par la recherche constante de la liberté. Ses premiers succès, qui le rendent célèbre à 30 ans, son enthousiasme pour Freud, son goût du voyage et sa passion pour le progrès technique, annonciateur, croit-il, d’une humanité meilleure… : autant d’éléments biographiques qui éclairent une personnalité complexe.

Mais par-dessus tout, l’auteur d’Amok ou du Joueur d’échecs a le culte de l’amitié et exprime une foi profonde en une Europe moderne et cosmopolite. Deux croyances cruellement déçues : l’Europe se déchire dès 1933 et certains des proches de l’écrivain – ainsi que beaucoup de lecteurs – critiquent sa réticence à prendre publiquement parti contre les régimes nazi et soviétique. Mais si Zweig peine à s’engager, c’est qu’il préfère dans ses livres se faire l’archéologue des passions amoureuses.

Meurtri, devenu en tant qu’écrivain progressiste et juif un paria en Autriche, il s’exile et ne se relèvera pas de ses désillusions. “La terreur que m’inspire l’époque croît jusqu’à la démesure”, écrit-il peu avant d’en finir. Une relecture passionnante d’une existence aussi tourmentée que son temps, et des oeuvres qu’elle a brillamment produites.

Photo,maison de Stefan Zweig à Salzbourg © Rosebud Productions.

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