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Publié par François 08/12/2015 8H30

Document inédit : 21 jours aux urgences avec Alexandra Alévêque.

Pour France 2, la journaliste Alexandra Alévêque part régulièrement expérimenter leur quotidien : aides-soignants dans un service d’urgences, serveurs d’une brasserie parisienne, professeurs des écoles… Pendant 21 Jours, elle va découvrir tout un monde, avec ses codes et ses difficultés. Pendant 21 Jours, elle va vivre aux côtés de ceux qu’elle filme. Elle va partager et raconter, à la première personne. Carnets de bord engagés, récits à nu d’une adaptation et d’un apprentissage, ces films documentaires saisissent la vie au plus près.

Pour le 12ème film de la collection, diffusé ce mardi à 22h50 sur France 2, Alexandra Alévêque a travaillé comme aide-soignante durant 3 semaines aux urgences de l’hôpital Lyon-Sud. Comme nombre d’entre nous, elle était déjà passée par là… mais maintenant, elle y travaille… et tout est différent quand on passe de l’autre côté… 21 jours avec ceux qui nous sauvent, nous aident, nous soulagent, nous consolent… sans compter.

Avec les infirmiers, médecins, internes et ses collègues aides-soignants, Alexandra Alévêque a fait des postes de 12 heures, côtoyant jusqu’à 100 malades par jour. En s’immergeant dans ce service, elle a mesuré les difficultés de ces professions : les amplitudes horaires, le manque de moyens techniques et humains, l’ingratitude de certaines tâches, la fatigue physique et morale. Elle a mesuré combien les services d’urgences sont les parents pauvres du milieu hospitalier, alors que leur utilité n’est plus à prouver. Durant 21 jours, auprès de Mohamed, Tina, Marion, Sandrine, Josiane et tous les autres, Alexandra a accueilli des centaines de malades, personnes âgées, sans domiciles, petits bobos et urgences vitales, dans un service qui doit tourner coûte que coûte, malgré les manques de lits et de moyens.

Document inédit : 21 jours aux urgences avec Alexandra Alévêque.

"Qui n’a pas accompagné un proche ou ne s’est pas lui-même fait soigner dans un service d’urgences ? 18 millions de personnes passent chaque année par les urgences, un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis la fermeture progressive des hôpitaux de proximité et la suppression de l’obligation de garde par les médecins de ville. Résultat, les reproches vont bon train concernant les urgences : longues heures d’attente, des locaux pas toujours accueillant, un personnel débordé.

Pour la collection 21 Jours et France 2, nous avons voulu comprendre, concrètement, dans quelles conditions les médecins, infirmiers et aides-soignants travaillent ?

Quels outils leur fournit-on pour nous soigner, quels que soient nos moyens ou le mal qui nous ronge ? Alexandra Alévêque a travaillé comme aide-soignante aux urgences de l’hôpital Lyon-Sud.

Durant 3 semaines, elle a effectué les mêmes horaires que ses collègues, travaillant 12 heures d’affilée, de jour, comme de nuit. En tant qu’aide-soignante, elle n’a pas eu pas de geste médical à prodiguer, mais a accueilli les malades, pris leur tension et température, les a aidé à troquer leurs vêtements de ville contre une blouse d’hôpital. Elle a choyé les papis et mamies durant de longues heures d’attente, elle a prêté main-forte aux médecins et infirmiers dans leur quotidien, brancardant les malades dans les différents services de l’hôpital ou aidant les soignants à maîtriser un malade quand la tension devenait parfois trop forte.

L’hôpital Lyon-Sud est une ville dans la ville. 5000 personnes y travaillent et près de 1000 malades y sont soignés chaque jour.

Les urgences de l’établissement sont souvent la porte d’entrée pour les patients qui y seront soignés. Près de 100 personnes peuvent y être admises chaque jour.

Certains en sortent au bout de quelques heures, d’autres sont admis dans un service de l’hôpital ou dans d’autres établissements lyonnais.

Comme c’est le cas au niveau national, 1/3 des hommes et femmes qui arrivent aux urgences sont des personnes âgées, une population fragile, qui mérite une grande attention.

Cependant, tout le monde doit être logé à la même enseigne aux urgences. SDF, jeunes, vieux, riches, l’hôpital public nous offre à tous la possibilité d’être soigné, mais les moyens mis en oeuvre sont-ils suffisants ?

Le service dans lequel Alexandra a travaillé n’est ni mieux ni moins bien loti qu’un autre, il est simplement représentatif des grandes difficultés que subissent les urgentistes en France.

Cependant, Alexandra Alévêque a côtoyé des médecins qui croient encore à leur métier et son utilité, malgré des nuits compliquées, épuisantes moralement et physiquement.

Xavier Jacob, le chef de service, les médecins, Tina, Marion, Pierre, Mohamed et tous les autres lui ont ouvert les portes du service et vêtue de l’uniforme des soignants, elle a partagé leur quotidien.

Avec les infirmiers Maxence, Delphine, Christine, elle a travaillé des nuits entières, de 19h à 7h00 du matin, elle a vécu les coups de speed, la valse permanente des ambulances qui amènent les patients, les salles d’attente bondées, les plaintes, les fous rires et coups de barre à 3h du matin, les repas nocturnes, la violence de certains patients. Auprès des aides-soignants, Josiane et Christine, elle a mesuré l’importance des petits gestes, des attentions qui permettent d’améliorer une attente souvent longue, dans des locaux exigus. Pour 1200 euros nets par mois, ils se donnent corps et âme, durant des heures, oubliant la dureté de tâches souvent ingrates. Leur métier est un sacerdoce, d’une grande complexité et cependant, ils ne quitteraient pas les urgences pour tout l’or du monde. Mais combien de temps encore ces services tiendront-ils si on n’y prête pas plus attention ?" Alexandra Alévêque et Richard Puech. ​

Une série documentaire inédite incarnée par Alexandra Alévêque. Réalisée par Richard Puech. Produit par Guylaine Loquet. Une production Capa Presse.

Crédit phoots © CAPA PRESSE TV.

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