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Publié par François 19/01/2016 10H40

Les pharaons de l'Egypte moderne ce 19 janvier sur ARTE (extraits).

De 1952 à 2011, de la chute du roi Farouk à celle de Moubarak, une fresque passionnante diffusée le mardi 19 janvier à 20h50 sur ARTE (3 x 52 minutes) retrace soixante ans de l’histoire égyptienne contemporaine. montrant combien le face-à-face entre militaires et islamistes a contribué à l’écrire.

C’est ce « printemps » révolutionnaire de courte durée, qui a donné à la réalisatrice franco-égyptienne Jihan El Tahri le désir de comprendre pourquoi, soixante ans après la chute du roi Farouk, la République n’avait pas tenu ses promesses.

Pour cette série documentaire, fruit de cinq années de travail, elle a multiplié les rencontres avec une trentaine de témoins de première main et de tous bords (membres de l’appareil d’État, islamistes, opposants, dont d’anciens leaders étudiants, syndicalistes…), qui apportent un éclairage libre et foisonnant sur les événements qu’ils ont vécus. Cinq ans après la révolution de la place Tahrir, le film met en lumière les lignes de force méconnues qui ont forgé le présent de l’Égypte, de l’enterrement de la démocratie à la naissance du djihadisme. De riches archives, dont de nombreux extraits de films de fiction (« une soupape » d’expression politique) ponctuent ce récit passionnant.

 

Episode 1 : Nasser

En 1952, quand les Égyptiens conspuent dans la rue le régime corrompu du roi Farouk et l’influence britannique, le mouvement des officiers libres, fondé par Gamal Abdal Nasser, saisit l’occasion et organise le soulèvement. Quelques mois plus tard, la révolution abolit la monarchie, promet de construire une grande nation moderne et nationalise les terres. En 1954, Nasser, numéro 2 du régime, profite d’une tentative d’assassinat providentielle contre lui pour écarter son rival, le président Naguib, et réprimer les Frères musulmans. Pour mettre en oeuvre son rêve d’un État socialiste, panarabe et laïc, il s’attaque aux profondes inégalités du pays. Mais Nasser règne seul, réprime l’opposition et la société civile. Après la déroute face à Israël, en 1967, la rue refuse pourtant sa démission. Quatre ans plus tard, sa mort soudaine laisse le pays orphelin.

 

Episode 2 : Sadate

Le vice-président devenu raïs, ex « officier libre », Anouar al-Sadate change radicalement de cap, louant le capitalisme et prônant un retour à l’islam. Il s’allie avec les islamistes pour asseoir son pouvoir, notamment en écrasant la gauche. Car, en secret, il prépare la grande décision de sa présidence, prise sans consulter personne : après l’attaque surprise, en 1973, du Sinaï occupé, qui lave partiellement l’affront de 1967, le successeur de Nasser ouvre des négociations de paix avec Israël. Les accords de Camp David, conclus en 1978, font de l’Égypte un allié des États-Unis. La jeunesse égyptienne et les régimes arabes crient à la trahison. Sadate, qui a encouragé en sous-main l’islam radical, va le payer de sa vie : il est assassiné en 1981 par un militaire affilié à un groupe armé islamique.

 

Episode 3 : Moubarak

Hosni Moubarak, vice-président lui aussi, a été blessé dans l’attentat. C’est l’obsession de la stabilité et de la sécurité qui marque ses premières années de présidence. Il laisse prospérer l’alliance du pouvoir et de l’argent, amorcée sous Sadate. Malgré une tentative d’ouverture, il renforce l’État policier d’année en année. Après avoir vainement tenté de transmettre le pouvoir à son fils au terme d’un «grossier tripatouillage électoral», il tombe sous la pression de la rue, début 2011. Le 25 janvier, cinquante-neuf ans presque jour pour jour après les manifestations de 1952, les Égyptiens affluent place Tahrir, au Caire, avec les mêmes mots d’ordre : « pain, liberté, justice sociale

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