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Publié par François 23/02/2016 13H20

Ce mardi soir sur France 2 : le parcours vers la guérison de la petite Mika.

Agée de 6 ans, Mika apprend le 5 avril 2012 qu’elle est atteinte d’une leucémie.

Dans un film documentaire proposé à 22h30 sur France 2 ce mardi, dans la case Infrarouge, l'enfant, la maman, le papa et le médecin, nous content le long parcours vers la guérison. Un carnet de bord coloré, singulier, plein d'humour et de poésie.

« Mon papa fait du cinéma. Il fait des films drôles. Ma maman fait des dessins. Quand j'avais 6 ans, j'ai eu une maladie très grave. On a décidé d'en faire un film avec des images et des dessins... Je sais pas si ça va être très drôle. » Mika Romy-Cocollos.

Un documentaire inédit écrit et réalisé par Bruno Romy. Animation, Oscar Aubry. Dessins, Mika Romy-Cocollos et Annabelle Cocollos. Musique, Philippe Katerine et Pierre David.

Un matin d'avril 2012, le cinéaste Bruno Romy et la dessinatrice Annabelle Cocollos apprennent que leur fille Mika, 6 ans, est atteinte d’une leucémie... Huit mois plus tard, quand Mika peut enfin retrouver le chemin de l'école, la famille décide de faire un documentaire intitulé « Quand j’avais 6 ans, j’ai tué un dragon ». Le film est construit en trois actes.

Le premier se concentre sur le séisme du diagnostic, l'annonce aux proches, la première nuit à l'hôpital, l'angoisse totale... Le deuxième relate la vie d'un service d'oncologie pédiatrique, les soignants, les autres enfants malades et leurs parents, l'adaptation à un autre monde... jusqu'au retour à la maison. Le troisième évoque les incessants séjours à l'hôpital, les transformations physiques causées par les chimiothérapies, la vie quotidienne avec le cancer... jusqu'au matin où Mika retourne à l'école, coiffée de son chèche, le sourire aux lèvres.

Les voix off de quatre personnages sont au premier plan de l'univers sonore. Ils parlent à l'oreille de chaque spectateur. Ils nous confient leurs réflexions, leurs états d'âme. Chacun a sa façon propre de parler, la spontanéité de l'enfant, la force de la maman, la fragilité du papa, la distance professionnelle du médecin Odile Minckes. Les images très rythmées mêlent des tranches de vie réelles, des séquences de fiction, des mises en scène musicales, des animations de dessins de Mika et des illustrations d'Annabelle.

Ce documentaire porte la signature visuelle singulière de Bruno Romy. Sur toutes ses oeuvres de fiction planent les esprits de Chaplin, Tati ou Keaton. Ces génies veillent aussi sur ce documentaire : une savante orfèvrerie créative, bricolée au millimètre. Le travail du cinéaste a été de chercher la bonne distance, la poésie et l'humour.

Un film intime et universel. Bouleversant et efficace. Grave et léger. Drôle et pas drôle, annonce le diffuseur.

 

Ce mardi soir sur France 2 : le parcours vers la guérison de la petite Mika.

Bruno Romy :

"Je suis réalisateur de fictions pour le cinéma. « Quand j'avais 6 ans, j'ai tué un dragon » est mon cinquième film. L'univers de mes longs métrages est souvent qualifié de « burlesque poétique » . Le cancer de Mika n'a rien changé à ma façon d'entrevoir la vie, la réalité et mon travail de cinéaste. C'est la première fois que je travaille pour la télévision. Ce média demande un travail spécifique tant sur les images que sur le son. Il impose un autre type de créativité : un montage dynamique, une narration limpide, une présence sonore constante... J'ai aimé ces nouvelles contraintes. Elles ont fait évoluer mon « style ».

La fabrication de ce documentaire s'est étalée sur trois années avec une équipe réduite : la chef opératrice Isabelle Chéreau, l'ingénieur du son Isaac Azoulay, le responsable des animations Oscar Aubry et le producteur Samuel Moutel. Nous avons travaillé comme des artisans, en ayant le temps d’expérimenter des choses originales : une narration à quatre voix, un montage d'images très diverses, une bande sonore hétéroclite mêlant ambiances réelles, bruitages et chansons de Philippe Katerine.

Beaucoup de gens de mon entourage ont essayé de me dissuader de réaliser ce film. Ils pensaient que replonger Mika, sa maman et moi-même dans ce parcours douloureux pouvait être fortement anxiogène. J'ai pris ce « risque » par instinct. Le fait d'écrire ou de rejouer des moments traumatiques permet, facilite la distanciation. Comme si c'était arrivé à quelqu'un d'autre. Comme si la réalité devenait fiction. Les huit mois que j'ai vécu entre l'hôpital et la maison sont la plus dure et la plus belle histoire qui ne me soit jamais arrivée. Comme cinéaste, essayer de la faire partager à un large public était une évidence, une nécessité.

Quand on parle du cancer, on emploie souvent des termes guerriers : le combat, la victoire, le courage... Maintenant, je n'utilise plus ces métaphores. L'enfant malade ne « lutte pas contre », il « vit avec » le cancer. Et pour ses proches c'est la même chose. Pour les médecins, c'est différent. Et l'image est plus juste. Ils ont des armes chimiques, des plans d'attaque, et ils en sortent de plus en plus souvent victorieux. Ce sont eux les guerriers. "

Crédit photo, et crédit gravure 1ère nuit à l'hôpital © KEREN PRODUCTION.

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Cathy 01/03/2016 21:07

Il fallait oser ! J'ai beaucoup apprécié la façon dont ce film a été tourné.
Une façon de voir différemment le cancer....
Mika et à ses parents ont eu bcp de courage pour affronter ce dragon !!
Ce dragon que j'ai connu aussi :-(

Sébastien 23/02/2016 23:52

Leçon de vie !