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Publié par Pascal 12/02 9h06

Audience correcte pour la série d'anticipation Trepalium sur ARTE.

Thriller d’anticipation ambitieux au format 6 x 52 minutes, la série française Trepalium tisse des destins romanesques dans un monde futuriste où 80 % de sans-emploi font face à 20% d’actifs.

Dans ce monde, deux espaces sont séparés par un Mur d’enceinte imprenable. D’un côté la Zone, de l’autre la Ville. Cédant à une menace terroriste, le gouvernement impose aux salariés d’employer un quota d’« Emplois Solidaires » triés sur le volet. La famille de Ruben Garcia (Pierre Deladonchamps), un ingénieur en pleine ascension, est contrainte d’embaucher la Zonarde Izia (Léonie Simaga), qui rêve d’offrir un nouveau destin à son jeune fils Noah (Némo Schiffman)…

Une série qui a débuté hier, jeudi 11 février, à 20h55 sur ARTE, réalisée par Vincent Lannoo.

Près de 900.000 téléspectateurs pour la partie 1 ; moyenne de 723.000 pour les 3 épisodes.

Auteurs : Antarès Bassis, Thomas Cailley, Sophie Hiet, Sébastien Mounier.

Avec Léonie Simaga, Pierre Deladonchamps, Charles Berling, Aurélien Recoing, Ronit Elkabetz, Lubna Azabal, Oliviver Rabourdin.

Le début : Dans un monde futur, ici ou ailleurs, de graves décennies de crise ont créé une société dans laquelle 20% de la population ont un travail et 80% en sont dépourvus. Entre eux, un Mur, imprenable, qui sépare la Ville de la Zone. Pour calmer les tensions sociales, la Première ministre Nadia Passeron (Ronit Elkabetz) décide de créer 10 000 Emplois Solidaires sélectionnés dans la Zone pour travailler en Ville. Izia Katell est choisie. Elle travaillera pour la famille de Ruben Garcia, ingénieur dans la plus grande entreprise de la Ville, Aquaville.

Vincent Lannoo, réalisateur :

"Trepalium est une fable dystopique, le contraire d’une utopie. Elle ne propose pas un monde idéal, mais un monde qui serait allé vers ses pires défauts : l’ultralibéralisme poussé à l’extrême, dans un univers cloisonné.

Pour moi, cela s’est associé de manière naturelle à un imaginaire qui tournait autour de la régression. L’esthétique rétro-futuriste de la série fait écho à cette régression : les décors, les costumes, les accessoires, les vieilles voitures. On a regardé comment certains architectes du passé, des années 30 aux années 80, comme Le Corbusier, Oscar Niemeyer ou Ricardo Bofill, avaient imaginé l’avenir. Je me suis rendu compte que le présent était assez éloigné des fantasmes de futur que je pouvais avoir quand j’étais enfant : finalement, pas de voitures volantes, pas de copains robots, seule la crise qui s’est installée pour rester…

Le vrai changement c’est la présence, l’omniprésence des écrans. Je tiens aussi à évoquer le Mur, aussi important sur le plan conceptuel que narratif et symbolique. Trepalium parle de ségrégation. L’Histoire nous a malheureusement donné plusieurs exemples de ce type de murs."

Antarès Bassis et Sophie Hiet, créateurs de la série.  :

"Parler du travail à travers le genre de l’anticipation : c’est de ce désir qu’est née l’idée de Trepalium, il y a plus de dix ans, en prenant la forme d’un moyen métrage. Puis le temps a passé, les crises économiques se sont multipliées, le chômage a augmenté et l’histoire ne nous a pas quittés, jusqu’à cette merveilleuse opportunité : en faire une série d’anticipation sociale, parler du monde d’aujourd’hui par le biais d’un univers futuriste et décalé.

Parler du travail, c’est avant tout parler d’humanité. L’emploi définit notre valeur sociale, voire une part de notre identité. En être privé, c’est perdre sa place dans la société et, bien trop souvent, l’estime de soi. De plus en plus, avoir un emploi, c’est aussi craindre de le perdre, vivre dans l’incertitude et l’angoisse.

Qu’ils soient Actifs ou « Zonards », les personnages que nous avons imaginés survivent comme ils le peuvent, flirtant avec les compromis comme avec leur statut social, tour à tour frustrés, irresponsables, désespérés ou même tortionnaires. En les plaçant dans des situations extrêmes, nous voulions voir comment ils réagiraient et se révèleraient, car l’humanité n’est pas toujours là où on l’attend. Au fil du récit, Izia, Ruben, Noah, Maël, Lisbeth, Jeff et les autres se confrontent, s’opposent et s’unissent. Leurs trajectoires intimes, que nous avons voulu romanesques, jouant des codes du genre, dessinent l’histoire d’une société qui tente désespérément de le rester, posant des questions de solidarité et de cohésion.

Si le contexte est sombre, nos personnages cheminent vers la lumière, en réapprenant à aimer, à faire confiance. Du chaos nous voulions, avant toute chose, faire naître l’espoir."

Credit photo : © Kelija/Jean-Claude Lother

Commenter cet article

PDf 22/02/2016 13:35

... place du travail dans notre vie d'européen. Bravo.

PDf 22/02/2016 13:34

Je n'ai vu que 5 épisodes sur 6, le suspens est à son comble.... Très bonne série, intelligente, j'imagine que les budgets ont été raisonnable, et très prenante. Elle m'inspire beaucoup de réflexion sur la

LECAMP 12/02/2016 10:20

Trepalium excellente série comme sait toujours choisir arte Bravo à cette chaîne de grande qualité