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Publié par Pascal 12/03 6h54

Les manufactures font de la résistance : reportage ce samedi sur TF1.

Un reportage de Bénédicte Delfaut diffusé ce samedi après-midi sur TF1.

Notre patrimoine industriel comporte encore quelques jolies pépites héritées du passé. Des fabriques qui sont les dernières à produire, dans l'Hexagone, un produit manufacturé. Grands Reportages s'intéresse au destin solitaire de trois de ces entreprises : la dernière usine de clous de France, la dernière fabrique d'accordéons, ainsi que le dernier fabricant de mouchoirs en tissu ! Dans chacune de ces entreprises, des hommes et des femmes se battent au quotidien pour assurer la survie de leur activité au XXIème siècle.

" La première fois que je suis rentré dans l'entreprise, ... je me suis dit ce n'est pas possible, ça existe encore ! ". Comme Paolino, on est saisi en entrant dans la dernière usine de clous de France. Paolino et son frère Emildio sont arrivés peu de temps après que la dernière entreprise de clous de France ait trouvé repreneur. Un jeune repreneur pour une vieille dame de 127 ans, défiée par les concurrences indienne et chinoise. Luc Kemp, qui cherchait une affaire à reprendre dans la région picarde, a remotivé les troupes, remplacé quelques anciens qui partaient à la retraite, et demandé à Paolino, son chef d'atelier, d'inventer toutes sortes de clous. Mais face à la concurrence, décrocher de nouveaux marchés relève du défi quotidien. Depuis plusieurs semaines, Paolino se bat pour produire un nouveau clou, destiné aux chantiers de restauration navale. Ce clou permettrait à l'entreprise de partir à la conquête d'autres marchés. Nous allons suivre son travail, ainsi que celui de son frère Emildio dans une forêt de machines dignes des " Temps modernes ".

Fixi, musicien accordéoniste, n'imaginait pas qu'il puisse se faire construire un accordéon de A à Z en France. Il est dans une période de transition difficile pour un artiste : il doit changer d'instrument. " Moi quand j'ai rencontré mon instrument, c'était comme un coup de foudre, mais je ne pensais pas qu'il m'accompagnerait aussi longtemps. " Comment le remplacer sans perdre le son et la couleur qui ont fait sa réputation de musicien, et qu'il doit en partie à son vieil instrument ? A Tulle, en Corrèze, capitale de l'accordéon, Maryse, Richard, et les autres, vont travailler d'arrache- pied pendant des mois pour satisfaire cette commande particulière. Maryse, elle, fait les soufflets d'accordéons. " Je fais des soufflets depuis 40 ans, et c'est toujours une satisfaction. Parce que c'est beau, c'est un accordéon qui va jouer, qui va avoir une âme ". Elle est souffleteuse, une profession qu'elle est la seule à exercer en France aujourd'hui. Richard a repris l'entreprise l'an dernier...elle était à deux doigts du dépôt de bilan. Il a tout misé sur le sur-mesure et l'adaptation à un marché en pleine évolution. Les dimensions, le son de l'instrument, les exigences d'une nouvelle génération de musiciens ont changé. " J'espère bien que l'instrument de Fixi sera un prototype et qu'on pourra ensuite le fabriquer en série ".

Benjamin, lui, est l'héritier d'une vieille maison du nord de la France : les Simonnot Godard. Tisseurs et marchands de draps, de linge de maison... Fin des années 90, l'entreprise menace d'être emportée par la crise qui frappe toute la filière textile. C'est alors que Benjamin fait un pari audacieux : exit le linge, les broderies pour la haute-couture ... il mise tout sur les mouchoirs en tissu ! Les mouchoirs que l'on croyait disparus au fond d'une poche de nos grands-parents, Benjamin les a ressuscités... Il a monté un partenariat avec l'un des derniers ateliers de tissage de la région de Lyon, ainsi qu'avec les industriels des Vosges spécialistes de l'émerisage, cette technique qui consiste à assouplir les tissus pour les rendre soyeux. Benjamin a réussi le pari de les vendre sous forme de pochettes de luxe, à l'international. 90% de sa production part pour New York, Tokyo, Moscou, le Mexique... Il se lance à la conquête d'un nouveau marché : la Chine.

Crédit photo © DR.

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