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Publié par Pascal 27/04 12h02

En salles dès ce mercredi : la comédie dramatique Dégradé.

Réalisé par Arab Nasser et Tarzan Nasser, le film Dégradé est en salles dès ce mercredi 27 avril.

Avec Hiam Abbass, Victoria Balitska, Manal Awad.

Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l'affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine. Ce lieu de détente devenu survolté le temps d'un après-midi va voir se confronter des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales...

Tarzan et Arab Nasser :

"DÉGRADÉ est inspiré de notre vie quotidienne à Gaza, et notamment des difficultés absurdes auxquelles nous sommes confrontés au jour le jour. Nous avons souhaité raconter une histoire sur ce à quoi peut ressembler la vie dans un contexte aussi irrationnel et prohibitif que chez nous.

Nous sommes partis d’un fait divers qui a fait parler de lui en 2007 : l’opération « Libérez le lion », une intervention militaire du gouvernement islamiste en place, le Hamas, contre une des familles armées les plus influentes de Gaza. Cette famille avait volé le lion du zoo et l’exhibait afin de montrer son pouvoir et son insoumission. Le Hamas décida alors de la neutraliser en utilisant le lion comme prétexte. L’opération se termina dans un bain de sang. De notre côté, nous avons imaginé, en face de la maison de cette famille, un petit salon de coiffure dans lequel se déroulerait l’intégralité du film, autour d’une douzaine de femmes qui s’y retrouveraient coincées, attendant la fin de l’affrontement. À travers ce salon de coiffure, DÉGRADÉ donne donc un espace privilégié aux femmes. Elles n’ont pas le même âge et appartiennent à des catégories sociales différentes. Mais dans ce salon, elles ont le droit de parler librement, de de raconter leurs vies, leurs peurs, leurs opinions politiques ... Les femmes y viennent pour se faire coiffer, maquiller, épiler. Une mise à nue qui serait impossible dans l’espace public.

Nous utilisons un humour noir et décalé afin de mieux faire sentir la situation dans laquelle se trouve le peuple gazaoui : l’enfermement. À travers les yeux de ces femmes, DÉGRADÉ a l’ambition de dessiner le portrait de toute une société, en explorant tout particulièrement les notions de temps, d’espace et d’identité.

Le film rend également hommage à tous ces gens qui luttent pour avoir un semblant de vie normale dans un quotidien aussi chaotique. Nous avons grandi avec cette question en tête : comment une population entière est-elle supposée se construire un futur quand elle vit sur un territoire piégé entre une occupation militaire et des divisions internes meurtrières ? Nous avons souhaité créer une série de personnages vrais, excentriques et modernes. De la religieuse à la divorcée amère, DÉGRADÉ parle des femmes de notre temps, dans ce qu’elles ont en commun en tant que victimes de la guerre, mais aussi dans leurs différences, leurs spécificités, leur féminité. Nous plaçons ainsi notre film d’un point de vue différent de ce qui se propose habituellement dans le cinéma palestinien.

Le film n’entend pas uniquement se concentrer sur l’occupation israélienne mais aussi sur nos propres démons, notre propre identité. Qui sont les femmes palestiniennes ? Qui sont les Gazaouis ? Comment vivent-ils ? À quoi pensent-ils ? Quel est leur quotidien ?

En tant que cinéastes, notre travail s’inspire de la tragédie et de l’absurdité qui se sont abattues sur la Palestine, et, tout particulièrement, sur la bande de Gaza, afin d’alerter au mieux les consciences collectives sur les conditions de vie aberrantes de notre société."

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