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Publié par Pascal 11/07 6h24

Poulidor 1er ce lundi après-midi sur France 2.

Un film documentaire de Patrick Jeudy, produit par la Compagnie des Phares et Balises, en coproduction avec l'INA, est à revoir ou à découvrir ce lundi 11 juillet 2016. 15h35 sur France 2.

Qui ne connaît pas Raymond Poulidor ? Ce champion intègre et attachant, fils d'agriculteur aux plaisirs simples, a figuré parmi les plus grands cyclistes du monde pendant presque deux décennies sans remporter une seule fois le Tour de France! Tout a concouru à l’empêcher de gagner : coups du sort, rivalité étouffante avec Jacques Anquetil ou l’apparition d'un nouveau champion, comme Eddy Merckx lors du Tour 1969. Ses défaites l’ont paradoxalement fait entrer dans la légende. En effet, s’il y a un terrain sur lequel « Poupou » devançait largement ses adversaires, c’est bien celui de l'amour du public, toujours palpable quarante ans après.

Le réalisateur d'archives Patrick Jeudy s'attaque à la figure mythique du champion cycliste dans une fresque sportive, humaine et pleine de rebondissements, qui nous fait revivre les grandes heures du Tour de France.

"Nous portons tous en nous une part d’héritage. Le mien s’appelle Poulidor. Il est né avec moi lorsque j’avais 12 ans en Limousin, terre verdoyante mais aride où rien n’arrivait jamais. Et pourtant, ce samedi de Pâques de 1961, cet homme à qui je ressemblais, a gagné sa première grande épreuve, Milan San Rémo. Raymond Poulidor fut et est resté pour plusieurs générations, un mythe. Celle qui avait entre 10 et 20 ans dans les années 60 ; celle de leurs parents qui avaient été adolescents pendant le « Front Populaire ». De là à penser que Poulidor fut le symbole d’une classe – ouvrière, d’artisans, populaire et rurale - il n’y a qu’un pas ... Et non, Poulidor n'est pas un éternel second. Demandez-le lui... vous verrez ce qu’il vous répondra... Un gars, qui a passé sa jeunesse aux champs, labourant hiver comme été et par tous les temps, ne peut pas penser une seconde qu’il ne peut pas gagner. Il a une grande maison, pas une bâtisse, pas un manoir, ni une villa ou une maison d’architecte ; non une maison avec douze pièces et deux caves pour ses vélos. Il a épousé la fille de la poste, a eu deux enfants, des meubles, des réfrigérateurs, des habits, de la porcelaine, fruits et gains de tant de courses. On dit même qu’un troupeau de vaches concrétise les victoires successives de cet homme de la terre. Poulidor ne suscite pas l’indifférence : « Ah oui... Poulidor »... «Poupou, l’éternel second» ... En fait son palmarès comporte plus de victoires que de places de second. Ses victoires sont prestigieuses ; ses places de second héroïques ; ses défaites dignes de la tragédie. Combien de fois n’a-t-il pas crié : « je suis maudit ». Souvent d’ailleurs, ses victoires surviennent en réaction à un de ces coups du sort. Comme si la malchance le galvanisait et le faisait sortir de lui-même. Car en lui-même, il se sent bien Raymond. Lorsqu’il voit d’où il vient, il sait donc qu’il est vainqueur". Patrick Jeudy.

Crédit photo © Pressesport (colorisée)

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