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Publié par Pascal 21/02 17h14

ARTE diffuse ce mardi soir  deux documentaires inédits sur le business du sang.

Alors que les besoins n’ont jamais été aussi grands, le don de sang recule. Ce déficit alimente une industrie en pleine expansion, qui achète à bas coût le sang des Américains les plus pauvres. La recherche pourrait-elle changer la donne ? A voir ce mardi 21 février dès 20h50 sur ARTE : Deux documentaires inédits pour faire le point sur la question.

 

LE BUSINESS DU SANG

Document de MARIE MAURISSE, FRANÇOIS PILET ET PIERRE MONNARD.

Comment des multinationales achètent le sang des Américains pauvres pour le vendre en Europe. Une passionnante enquête sur une industrie en pleine croissance.

Aujourd’hui, le plasma, un composant du sang très recherché pour ses protéines, vaut plus cher que le pétrole. Utilisé par des sociétés pharmaceutiques pour fabriquer des médicaments onéreux, ce précieux liquide, indispensable aux malades, est devenu très rentable. Avec un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros, la société suisse Octapharma est l’un des quatre acteurs principaux de ce marché florissant. Ses centres de collecte, implantés principalement aux ÉtatsUnis, car le prélèvement rémunéré y est légal, contrairement à l’Europe, attirent une population appauvrie, notamment depuis la crise de 2008. L’entreprise tire profit de la situation pour revendre à prix d’or ses produits – plasma simple ou transformé – aux hôpitaux européens.

Cette marchandisation du corps pourrait présenter des risques sanitaires accrus, car le don rémunéré présente un danger : il incite les donneurs à mentir sur leur état de santé et attire une population à risque. Elle pose également de sérieuses questions morales. Est-il admissible que le sang des pauvres gonfle les profits des multinationales ?

Des trottoirs de Cleveland à la Suisse, cette enquête alarmante remonte la filière complexe et cachée du plasma humain pour mettre en évidence les pratiques du secteur. En révélant les failles d’un système industriel déshumanisant, elle illustre aussi les dangers d’une libéralisation progressive du secteur de la santé en Europe.

 

LE SANG : UNE QUÊTE PERMANENTE

Document allemand de CARSTEN BINSACK .

Alors que l’approvisionnement en sang diminue, la recherche scientifique s’accélère dans l’élaboration de substituts. Tour d’horizon.

Comment pallier la pénurie de sang ? Partout dans le monde, des millions de litres manquent pour assurer un nombre suffisant de transfusions. Entaché par de nombreux scandales, comme celui de l’affaire du sang contaminé à la fin des années 1980, le don de sang suscite aujourd’hui la méfiance du grand public. En Allemagne, seulement 3 % de la population en donne régulièrement. À ce déficit de popularité s’ajoute une augmentation des besoins due au vieillissement démographique.

Les chercheurs sont donc mis au défi de trouver de nouvelles solutions. Des médecins allemands essaient par exemple de fabriquer du sang artificiel à partir de cellules souches, prélevées en laboratoire. De son côté, le biologiste français Franck Zal projette d’utiliser l’hémoglobine de vers marins, compatible avec l’ensemble des groupes sanguins. Si ces expérimentations semblent prometteuses, l’application de traitements fiables et sans effets secondaires demeure incertaine.

Étayé par les interviews de spécialistes du monde entier, ce documentaire met en lumière la quête acharnée de scientifiques, engagés dans des approches plurielles et innovantes pour résoudre ce problème majeur de santé publique.

 

À 22h40, après ces deux films,  Émilie Aubry abordera avec François Toujas, président de l’Établissement français du sang (EFS), le sujet de la pénurie actuelle de sang et les questions éthiques et scientifiques liées au nouveau business du sang.

 

Crédit photo © ARTE / SSR

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toto 21/02/2017 11:03

je suis en france : cela veut dire que depuis 30 ans que je donne du sang pour rien : 10 à 20 % sont utilisé pour sauver des vies, le reste est fourni gratuitement ou presque aux labos qui le vendent ?

HMTY 03/02/2017 09:30

Pourquoi seulement UN laboratoire européen est-il cité ?
Sachant que tous les autres appliques la même méthode ?
Article à charge ?
Bravo

DIOT Christian 01/02/2017 19:48

A voir absolument pour comprendre comment avec le prélèvement rémunéré de quelques formes est hyper dangereux pour la santé des donneurs et des patients.
Gardons notre éthique française avec le don de soi (sang, plasma, plaquettes, organes, moelle osseuse, gamètes, tissus, AMP, etc.) volontaire, anonyme, bénévole et à non profit seul garant de la dignité humaine.