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Publié par Pascal 21/05 6h34

Prison de femmes, à Rennes : document inédit ce dimanche sur TF1.

Un reportage d’Eric Lemasson, diffusé dimanche 21 mai après le journal de 13 heures sur TF1.

Le centre pénitentiaire pour femmes de Rennes est la plus grande prison pour femmes d’Europe. Son architecture particulière confère à cette vieille prison des allures de couvent. Hormis un petit quartier "maison d'arrêt", l'établissement a vocation à accueillir les longues peines. La plupart des femmes qui y sont détenues ont commis des crimes. Exceptionnellement, une équipe de « Grands Reportages » a été autorisée à filmer ces détenues à visage découvert. Elle a recueilli, pendant six mois, la parole de ces femmes condamnées à de très longues peines.

Le documentaire commence par la présentation des femmes, chacune face caméra. "Je m'appelle Mélanie, j'ai trente-deux ans, j'ai été condamnée à vingt ans de réclusion pour complicité d'assassinat," déclare la première, une brune aux grands yeux sombres. "Je m'appelle Bérangère, j'ai été condamnée à dix ans d'emprisonnement", poursuit une grande jeune femme aux cheveux ras. Et puis vient le tour d'une femme d'âge mûr, Betty, qui purge une peine de dix-huit ans pour assassinat. Au fil des jours en prison, la caméra suit ces prisonnières dans les couloirs et jusque dans leur cellule, où elles "font leur vie". " J'ai mesuré, ma cellule fait très exactement 7,35 mètres carrés", précise Betty en faisant la visite de son univers.

Les trois quarts des femmes détenues au centre pénitentiaire des femmes de Rennes travaillent. À l'entretien des bâtiments, aux cuisines, ou à l'atelier de confection où elles cousent les uniformes des surveillants. La plupart sont payées à la tâche : 21 centimes pour coudre les poches d'un pantalon, 24 centimes pour une fermeture à glissière, soit entre 300 et 600 euros de revenus par mois, dont une partie sert à dédommager les victimes. "À l'atelier je me sens bien car je n'ai pas l'impression d'être en détention, je suis au travail, donc ailleurs", explique Betty, penchée sur les coutures d'un pantalon, elle qui était, avant sa condamnation ,secrétaire de direction.

Les journées sont rythmées par l'ouverture des portes des cellules le matin, le départ aux ateliers, puis les horaires des repas – la gamelle – servie aux détenues par d'autres détenues. Mélanie, ancienne vendeuse dans un supermarché, se souvient de ses premiers pas dans l'univers carcéral. La vie de cette mère de trois jeunes enfants a basculé un jour de juillet 2010 : "Mes premiers pas dans la prison, ce qui m'a marqué, c'est l'odeur. Et aussi les bruits. Quand les gendarmes m'ont dit ' vous partez pour un long moment', j'ai dit : je crois bien que oui, alors on y va ! Ca voulait dire pour moi que je perdais tout, ma famille, mes enfants. "

Pourquoi ces femmes, condamnées à de lourdes peines, acceptent-elles de se montrer devant la caméra ? " Pour montrer qu'on est des gens comme tout le monde et que ce qui nous arrive peut arriver à tout le monde", poursuit Mélanie "On a tous une part d'ombre, et dans la vie parfois, il suffit d'une étincelle pour que cette part se déclenche", ajoute-t-elle.

Une surveillante qui a trente ans de métier, fait la visite des couloirs et explique l'état psychologique désastreux des détenues qui arrivent ici : "La prison, c'est une microsociété, mais c'est beaucoup de souffrance", conclut-elle. Parmi les 145 surveillants en uniforme qui travaillent ici, seuls les personnels féminins sont au contact direct des détenues.

Eric Lemasson : "Quand Pascal Pinning m’a demandé de réaliser Prison de femmes, je n’ai pas hésité. La mission était très claire : faire un film sur les longues peines avec des détenus à visage découvert. C’est un événement car les exceptions pour les filmer ainsi sont très rares. Prison de femmes est un premier volet, le second a été tourné dans un établissement pour hommes à Muret, à côté de Toulouse et sera diffusé ultérieurement. Notre projet n’est pas de revisiter un procès ou un crime mais de filmer des détenus dans leur quotidien et de raconter ce qu’est la vie de quelqu’un qui doit passer autant de temps derrière les barreaux. On parle souvent de la prison mais il en existe deux catégories. Il y a tout ce que l’on voit dans l’actualité sur les maisons d’arrêt et le problème de la surpopulation carcérale avec les cellules à plusieurs, la violence… Cela concerne les petites peines. Dans Prison de femmes, nous montrons une toute autre catégorie de prison que l’on ne connaît pas et dont on ne se doute pas. Dans ces établissements dits «pour peine» que sont les centres de détention, les détenus sont forcément seuls dans leurs cellules. Ils s’y installent pour vivre. Elles ressemblent quasiment à des chambres d’étudiant. Ces centres de détention sont plus ouverts. Cela n’occulte pas la réalité négative et violente de la maison d’arrêt et la situation carcérale française qui est épouvantable mais cette «autre prison» existe et on ne la montre jamais..."

Copyright photo : © Alexandre Gosselet, Eric Lemasson, Grégoru Iodice

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jacques 21/05/2017 15:47

Reportage très intéressant, le sujet des remises de peine et l' évolution architecturale du bâtiment auraient mérité quelques minutes de plus .