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Publié par Pascal 06/09 13h13

Document et débat ce soir : crimes non élucidés et dysfonctionnements de la justice.

Aucune statistique précise n'existe en France sur les crimes non élucidés. Mais, on estime que chaque année sur un millier d’homicides commis, environ 15% ne sont pas résolus dans un délai raisonnable. Avec le temps qui passe, ces affaires sont peu à peu négligées par les juges d’instruction et les enquêteurs. Commence alors, pour les familles des victimes, un douloureux combat face à l’inertie de la justice.

Enquêtes qui piétinent, mutisme des juges d’instruction, enlisement progressif des dossiers qui risquent d’être classés. Après avoir perdu un proche, certaines de ces familles ont le sentiment que la justice leur inflige, par son silence, une « double peine ». C’était il y a 12, 15, voire 20 ans, leur vie a basculé quand leur père ou leur enfant a été sauvagement assassiné. Depuis, plus rien ou presque. Faute de résultats, la justice semble avoir baissé les bras. Certaines familles de victimes subissent passivement cette situation et voient leur affaire s’enliser jusqu’au non-lieu. D’autres, au contraire, se battent et ont fait de ce combat le combat de leur vie.

Pour tenter de comprendre les raisons de cette insupportable inertie judiciaire, Florence Kieffer, réalisatrice, est partie à la rencontre de plusieurs de ces « combattants du désespoir ».  Document à voir ce mercredi en première partie de soirée sur France 5.

Depuis le meurtre jamais élucidé de sa fille Christelle, assassinée de 123 coups de couteaux une nuit de décembre 1997, Marie-Rose Blétry n’a jamais baissé les bras. Elle a créé une « association d’aide aux familles de victimes d’agression criminelle ». Grâce à ses efforts, l’enquête a redémarré et a connu un incroyable rebondissement. La réalisatrice a suivi Marie-Rose assistant au récent procès du meurtrier de sa fille, 20 ans après le crime.

Se battre pour éviter le non-lieu, c’est aussi ce que font Eric Boisseranc depuis le meurtre de sa fille Marine le 11 octobre 2005, Julie Imbard, dont le père Francis a été tué en 2003 d’une balle en pleine tête sur le palier de leur appartement, et Jonathan Oliver, un Anglais installé en Normandie dont la fille Cécile Vallin a subitement disparu en 1997. Tous n’ont jamais cessé leur combat, malgré les décennies qui passent, les errements de la justice et ses manques de moyens, la valse des juges d’instruction, les erreurs de procédure… Et, à chaque changement de magistrat, il faut reprendre toute l’affaire depuis le début. Même au sein de la justice, des voix commencent à s’élever pour dénoncer cette situation.

À travers récits d’affaires, témoignages émouvants et analyses éclairantes, ce film dénonce un vrai dysfonctionnement de notre appareil judiciaire : sa propension à la léthargie.

Après la diffusion de ce documentaire, Marina Carrère d'Encausse proposera un débat avec plusieurs invités.

Crédit photo © Phare Ouest

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