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Publié par Pascal 08/10 6h52

Une immersion rare dans une Unité pour malades difficiles, ce soir sur M6.

Ce dimanche, vers 21 heures sur M6. Unités pour malades difficiles, qui sont ces fous que l'on enferme ? Un document d'Aymone de Chantérac diffusé lors du magazine Zone interdite.

Dans les Unités pour malades difficiles, on soigne les malades mentaux dangereux pour la société, hospitalisés à la demande du préfet parce qu’ils ont commis des actes de violence, pouvant pour certains aller jusqu’au meurtre.

Près de Bordeaux, l’UMD de Cadillac est l’une des plus anciennes : les patients souffrent de pathologies psychiatriques très lourdes, leur maladie les a entrainés si loin qu’ils ont besoin d’une surveillance 24 heures sur 24. Durant près d’un an, les caméras de Zone Interdite ont eu un accès exceptionnel, au plus près des patients, de leurs familles et du personnel soignant qui les accompagne parfois jusqu’à leur retour à la liberté.

L’histoire de ces hommes est souvent douloureuse, ce sont eux qui nous racontent leur maladie et leurs symptômes : hallucinations auditives, délires de persécution... La parole de ces malades est rare, certains ont accepté d’apparaître à visage découvert, c’est à travers leurs parcours que nous découvrons le quotidien de ce lieu très fermé. L’emploi du temps est millimétré, le protocole de soins intensif, mais il y a aussi des moments joyeux, comme les “Olympiades” sportives organisées une fois par an dans l’enceinte de l’hôpital.

Tous les six mois, des juges de la détention et de la liberté s’assurent qu’il n’y a pas d’hospitalisation abusive et statuent sur la possible sortie des malades. Un retour à la liberté qui se fait sous haute surveillance. Il arrive pourtant que certains malades préfèrent rester internés : l’enfermement leur apparait comme le plus sûr moyen de juguler leur folie.

Aymone de Chantérac, concernant l'accès à cette unité : "Cela a été de longs mois d’approche. L’équipe soignante avait beaucoup de réserves quant à notre présence, par souci de protection des malades. Il a fallu expliquer et réexpliquer que notre but n’était pas de les stigmatiser ni de chercher le sensationnel, mais d’essayer de comprendre leur maladie et comment ils étaient soignés. Nous avons heureusement bénéficié du soutien de l’équipe d’ergothérapie et du docteur Floris, psychiatre de l’unité qui nous ont fait confiance. Ils ont vu l’intérêt de faire découvrir ce lieu qui, ils le savent, alimente tous les fantasmes. Avant de commencer le tournage, nous avons, Jonathan Delafon, caméraman, et moi-même, passé une semaine en immersion, sans caméra pour faire connaissance avec les malades et les équipes, pour les connaître et qu’ils nous connaissent. Peu à peu, ce sont les malades qui sont venus à nous et ont manifesté le désir de témoigner. Sans doute étaient-ils sensibles au fait que des personnes de l’extérieur s’intéressent à eux et je pense qu’ils ont perçu notre bienveillance."

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