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Publié par François 28/11/2017 10H20

Ce mardi soir sur France 2, les témoignages forts de femmes excisées.

A voir ce mardi peu avant 23 heures sur France 2, un document inédit de la comédienne Mireille Darc, décédée l'été dernier : Excision, le plaisir interdit.

Effectuée sans leur consentement sur des mineures, l’excision est une violation des droits humains. Aujourd’hui encore, toutes les quatre minutes, une petite fille est excisée dans le monde.

A travers des témoignages forts et émouvants de femmes excisées qui vivent en France, ce film aborde les aspects essentiels de cette pratique : le rôle des hommes et des femmes dans la transmission de ce geste, le poids des normes et des traditions, la vie après l’excision. Ce film est aussi porteur d’espoir : grâce à une chirurgie réparatrice, il est possible de se reconstruire, de découvrir le plaisir, de rire.

Avec pudeur et sensibilité, Mireille Darc et Nathalie Amsellem s’engagent pour lutter sans tabou, contre cette pratique qui perdure.

La soirée se poursuivra avec un hommage à Mireille Darc. Plusieurs de ses documentaires seront pour l’occasion rediffusés : « Elles sont des dizaines de milliers sans abri », « Pardonner », « Voyage vers l’inconnue ».

 Via France 2 :

« L’excision, une violence faite aux femmes. Elles vivent en France, sont nées ici ou ailleurs et ont subi une ablation partielle ou totale du clitoris et des lèvres. Une pratique traditionnelle qui laisse souvent des traces indélébiles », commente Mireille Darc dans ce documentaire qu’elle a coréalisé avec Nathalie Amsellen. Elles ont choisi de mettre des mots sur les maux. De laisser en liberté la parole des victimes de l’excision et de celles et ceux qui la combattent. De marteler des vérités pour que cesse enfin cette tradition ancestrale aux croyances infondées. Certains prétendent qu’une femme serait impure si elle conservait son anatomie intacte quand d’autres imaginent qu’un clitoris de femme est voué à grandir au point de dépasser la taille d’un pénis et que c’est la raison pour laquelle il faut l’amputer… À l’heure où les informations se partagent sur les réseaux sociaux, où les fake news sont dénoncées, ces croyances pourtant perdurent.

D’origine égyptienne, Serenade est la seule femme de sa famille à avoir échappé à l’excision. Son père, d’origine étrangère, s’y était opposé. Une exception au regard des 94 % de femmes égyptiennes à en être victimes. Face caméra, celle-ci évoque les opérations pratiquées dans des cliniques privées ou chez un barbier avec une simple lame de rasoir. Des certificats de décès fournis par les médecins légistes quand des fillettes meurent des suites d’une hémorragie. Sans même questionner la famille ou enquêter. Ailleurs, c’est dans la brousse qu’on emmène les petites filles. La pratique n’y est nullement remise en question et les risques d’infection sont légion. « Les hommes disent que c’est une affaire de femmes, qu’ils n’ont pas leur mot à dire, explique Fanta. Or, pour moi, l’excision est pratiquée, organisée et faite au nom des hommes. Parce que, quand on dit que la femme doit être coupée puis cousue pour qu’elle reste vierge le jour du mariage, c’est par rapport aux hommes. » À travers l’excision se révèle une femme façonnée selon un dictat masculin. En bridant la sexualité féminine, en évinçant le plaisir clitoridien, l’homme, pour peu qu’il soit polygame, ne craint plus de mettre en péril sa virilité.

Certains bataillent jour après jour pour qu’un autre schéma s’installe. En métropole, Marion va à la rencontre des collégien(ne)s pour les mettre en garde, pour que le débat s’instaure et que les mentalités changent. Ce travail de fourmis est aussi pratiqué par des associations. Épaulées par des médecins et des sages-femmes, celles-ci exposent les dangers de telles coutumes à travers des campagnes de sensibilisation. Évoquant les rapports sexuels douloureux, les complications urinaires, les risques de fausses couches ou, encore, les césariennes quasi obligatoires. Un message entendu, c’est une excision en moins et un appel de plus vers le pays d’origine pour mettre en garde ces mères qui seraient tentées de faire exciser leurs filles.

Enfin, il est un homme que les réalisatrices mettent à l’honneur dans leur documentaire. Surnommé « l’architecte du clitoris », le docteur Pierre Foldes est un maestro du bistouri. Il a mis au point une chirurgie réparatrice, applicable dans n’importe quel pays, et pour laquelle il est mondialement connu. En plus de réparer les corps, il s’attelle à soigner les âmes de ces femmes meurtries. Fanta, l’une des six mille patientes à avoir été opérée par lui, évoque sans tabou le plaisir qu’elle a ressenti après son opération. Un plaisir auquel on n’aurait jamais dû attenter…

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