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Publié par Pascal 05/11 7h28

Des personnalités appellent Emmanuel Macron à agir contre les violences sexuelles.

La lettre suivante a été publiée ce 5 novembre dans le Journal du Dimanche.

 

Parmi les premières signataires, Laure Adler (journaliste), Lisa Azuelos (réalisatrice), Yamina Benguigui (réalisatrice présidente de l’Institut Robert Schumann), Dominique Blanc (comédienne), Zabou Breitman (comédienne), Anaïs Condomines (journaliste), Fanny Cottençon (comédienne), Nadia Daam (journaliste), Audrey Dana (actrice, réalisatrice), Marie Darrieussecq (écrivaine), Tatiana de Rosnay (écrivaine), Emilie Dequenne (comédienne), Rokhaya Diallo (journaliste), Valérie Donzelli (actrice, réalisatrice), Louane Emera (chanteuse, actrice), Andréa Ferréol (comédienne), Florence Foresti (comédienne, marraine de Women Safe Institut), Anouk Grinberg (comédienne), Imany (chanteuse), Catherine Jacob (actrice, auteur), Agnès Jaoui (auteure, metteur en scène Théâtre & Cinéma, comédienne), Alexandra Lamy (comédienne), Titiou Lecoq (auteure), Caroline Mecary (avocate), Anna Mouglalis (comédienne), Valentine Oberti (journaliste), Nadia Roz (comédienne), Coline Serreau (cinéaste), Claire Simon (cinéaste),, Corinne Touzet (comédienne), Hélène Vincent (comédienne), Virginie Wagon (auteur-réalisatrice)...

 

Monsieur le Président,

Nous savons votre agenda chargé. Vous n’avez pourtant pas pu passer à côté. Depuis des jours, plusieurs centaines de milliers de messages sont apparus sur les réseaux sociaux pour témoigner de l’ampleur des violences sexuelles que subissent les femmes en France.

Une femme sur deux a déjà été victime de violence sexuelle. Certaines ne sont plus là pour signer cette tribune, mortes sous les coups. Certaines sont plus particulièrement concernées parce qu’elles sont en situation de handicap, lesbiennes ou subissent le racisme.

L’avez-vous en tête lorsque vous vous déplacez, rencontrez des citoyennes et citoyens, présidez une réunion ou un dîner officiel ? Nous sommes une sur deux.

Monsieur le Président, signataires de cette lettre, nous avons été, comme tant d’autres, harcelées, agressées ou violées. Comme tant d’autres, nous avons souvent dû faire face au déni de nos entourages, à l’absence de prise au sérieux par les services de l’État, à la tentative de notre société de nous faire croire que ce n’était pas si grave ou qu’on avait bien dû faire quelque chose pour en arriver là. Toutes, nous sommes témoins du silence vertigineux de notre société. Un insupportable déni collectif. Au fond, notre société maltraite les femmes.

Monsieur le Président, tout cela, vous le savez. Alors, pourquoi cette lettre ? Parce que vous avez le pouvoir de faire en sorte que ces violences sexuelles cessent.

La puissance publique a déjà réussi par le passé à changer des mentalités et des comportements qui nous semblaient inamovibles tellement ils étaient ancrés dans nos habitudes. Qui aurait dit il y a trente ans que nous réussirions à diviser par 4 le nombre de morts sur les routes ? Qui aurait dit il y a vingt ans que le tri du papier semblerait aujourd’hui presque une évidence ?

Monsieur le Président, dans la rue, au travail comme à la maison, l’intolérance aux violences doit devenir la norme.

Décrétez un plan d’urgence. Maintenant.

Doublez immédiatement les subventions des associations qui accueillent les femmes au téléphone ou physiquement et doublez le nombre de places d’accueil pour les femmes victimes.

Organisez dès 2018, de manière systématique et obligatoire, une formation de tous les professionnel.le.s en contact avec des femmes victimes : enseignant.e.s, magistrat.e.s, policier.e.s, gendarmes, professionnel.le.s de santé, notamment de la santé au travail.

Créez au collège un brevet de la non-violence sur le modèle du brevet de la sécurité routière, obligatoire dès la rentrée prochaine.

Rendez obligatoire la formation des salarié.e.s et managers à la prévention du harcèlement sexuel au travail, instaurez une négociation obligatoire en entreprise sur ce sujet et protégez l’emploi des femmes victimes.

Lancez une campagne nationale de prévention aussi importante que celles sur la sécurité routière, campagne que vous pourriez venir présenter au JT d’une grande chaîne pour affirmer, en tant que chef de l’État, que les violences n’ont plus leur place dans notre pays.

Cela ressemble à un plan d’attaque ? C’en est un. Monsieur le Président, nous sommes face à une crise grave. Êtes-vous de notre côté ?

 

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