Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Publié par François 06/01/2018 9H35

Le producteur Jean-Marc Dumontet : "Aujourd’hui, hélas, on est beaucoup moins Charlie".

Dossier spécial Charlie Hebdo, 3 ans après, ce samedi dans Libération.

Parmi les articles, une double page titrée Que reste-t-il de nos humours ? Avec les réactions, entre autres, de Charline Vanhoenacker, Haroun, Pierre-Emmanuel Barré et Jean-Marc Dumontet.

Ce dernier, célèbre producteur de spectacles, souligne qu'après les attaques, on s’interroge sur la façon dont on va traiter certains sujets mais les changements ont été minimes.

"Des humoristes les ont éludés. D’autres ont été courageux et ont continué, je pense à quelqu’un comme Stéphane Guillon. D’autres, enfin, parmi les jeunes, se sont révélés, comme Vérino, et se sont emparés de sujets où on ne les attendait pas. Nous avions fait une soirée avec des humoristes après Charlie. Il y avait des césures entre ceux qui avaient envie de bénéficier de cette liberté d’expression forte et ceux qui refusaient. Ces fractures sont toujours présentes. L’élan après Charlie était très fort. Aujourd’hui, hélas, on est beaucoup moins Charlie. Les humoristes sont au diapason de la société française".

Jean-Marc Dumontet dit ne pas avoir du tout changé ses habitudes de producteur, il ne cherche pas à se surprotéger juridiquement, il ne trie pas les sujets. "La liberté que nous avons, il faut en user et en abuser. Aucun tabou. Des artistes m’ont demandé de relire leur texte, après les attentats, je leur ai dit de ne rien modifier."

Comme tout le monde, les humoristes ont aussi le droit de se tromper, ajoute le producteur. "Ceux qui prennent des risques avancent. Par exemple, avec Canteloup, on avait dérapé sur l’affaire Théo. C’était nul, on s’est plantés, on s’est excusés. L’humour, c’est d’être un sale gosse. Si on doit être gentil et aimable, ce n’est pas de l’humour. Et si on a peur d’un procès, on n’est plus humoriste. En trois ans, l’humour n’a pas changé, mais la société française a changé."

Le (bon) dossier complet est à découvrir pages 2 à 7 dans le numéro de Libération vendu ce week-end.

Commenter cet article