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Publié par François 02/02/2018 7H50

Yann Moix est la honte du service public, dénonce la maire de Calais.

À votre égard, Yann Moix, je ne me permettrais pas de parler de « honte de la République », mais j’affirme que vous êtes la honte du service public audiovisuel. Conclusion d'une tribune accordée à Natacha Bouchart dans le quotidien Le Figaro.

La maire Les Républicains de Calais répond aux accusations du chroniqueur de l’émission On n’est pas couché sur France 2.  Il y a 8 jours, pour rappel, sur le plateau de L’Émission politique, la suite, Yann Moix a déclaré que ce qu’il se passe à Calais est « la honte de la République ».

La « honte de la République», écrit Natacha Bouchart, ce ne sont pas les forces de l’ordre en poste à Calais qui accomplissent leur mission avec professionnalisme et intégrité ni la volonté de l’État de faire preuve de fermeté. "Jusqu’à présent, les images que vous avez diffusées n’illustrent jamais l’effort considérable de la municipalité sur le plan humanitaire depuis des années. Je pense au financement des aires de repas, des douches, des sanitaires ainsi qu’à la mise à disposition du centre Jules-Ferry qui a permis, sur ma proposition, d’accueillir les femmes et les enfants. De l’humanité dont les Calaisiennes et les Calaisiens ont fait preuve pendant des années, vous avez volontairement fait le choix de ne pas parler. La population calaisienne n’a pas de leçons d’humanité à recevoir, encore moins de vous, Yann Moix, qui n’êtes venu à Calais que quelques fois - tout au plus. Vous vous autoproclamez juge d’une problématique dont vous ne connaissez rien. "

Pour ce qui est du double discours, vous êtes en revanche le maître, poursuit la maire de Calais, qui juge qu'il est plus facile pour Yann Moix de salir l'honneur des policiers face à une caméra que face à eux. "À la télévision, vous avez d’abord accusé les forces de l’ordre de commettre des violences de façon régulière à Calais. Puis, le 16 janvier, face aux syndicats des policiers à Calais - situation pour vous moins confortable qu’un plateau de télévision -, vous n’avez pas assumé vos propos et vous avez fait machine arrière. Avant, de retour sur le plateau de France 2, le 25 janvier, de retrouver votre ton de procureur".

La réalité, à Calais, poursuit la maire, ce sont, entre autres, "ces forces de l’ordre quotidiennement exposées à la violence de certains migrants et de certains activistes et associatifs désormais sans limites. La réalité, à Calais, ce sont ces chefs d’entreprise, transporteurs, salariés du port et du tunnel sous la Manche, artisans et commerçants qui subissent un préjudice considérable. La réalité, à Calais, ce sont ces riverains de la « jungle » qui, pendant des mois, de jour comme de nuit, ont vécu dans la peur, ont subi l’intrusion de centaines de migrants dans leurs jardins et la dégradation de leurs biens. La réalité, à Calais, c’est cette population exemplaire qui a toujours fait face à une situation particulièrement douloureuse, unique au monde, avec un courage ­ et une dignité que la France entière a salués. Mais vous n’avez pas jugé utile de donner la parole aux Calaisiennes et aux Calaisiens."

Leurs témoignages auraient sans doute fortement compromis votre tentative de manipulation, ajoute Natacha Bouchart. "Au-delà de votre activisme médiatique, c’est l’image d’une ville qui a déjà profondément souffert que vous vous acharnez à salir. Je ne peux accepter que de tels propos soient tenus sur une chaîne du service public entièrement financée, de même que votre salaire, par l’argent des contribuables." 

Crédit photo © Bernard Barbereau - France 2.

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