Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par François 17/02/2019 11H10

Un succulent cycle Claude Chabrol ce dimanche et lundi sur ARTE.

À ne pas louper. Ce dimanche 17 et lundi 18 février, Claude Chabrol - qui a laissé une oeuvre unique de près de 60 films en 50 ans - est à l'honneur sur la chaîne ARTE. Au programme, trois films, La cérémonie, le Boucher et Juste avant la nuit, mettant en scène ses acteurs fétiches (Stéphane Audran, Isabelle Huppert, Jean Yanne ou Michel Bouquet). Et un portrait inédit réalisé par Cécile Maistre-Chabrol, sa belle-fille, qui fut sa proche collaboratrice pendant vingt-cinq ans.

 

Dimanche 17 février à 20h50, La cérémonie.

Avec Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Jean-Pierre Cassel, Virginie Ledoyen...

Sophie (Sandrine Bonnaire) est engagée comme femme de ménage dans la grande maison bourgeoise des Lelièvre. Le visage fermé, avare de paroles et de sourires, elle s’acquitte parfaitement de sa tâche et réussit à cacher son analphabétisme. Elle se lie d’amitié avec Jeanne (Isabelle Huppert), la postière du village, une jeune femme exubérante qui ne cache pas sa haine envers les Lelièvre. La complicité qui naît entre Sophie et Jeanne les conduit à partager leurs secrets : la postière a été jugée pour le meurtre de sa petite fille, handicapée, mais relaxée faute de preuves ; Sophie a perdu son père, lui aussi handicapé, dans des circonstances étranges, et a également été disculpée...

"Dans cette peinture savamment aiguisée des rapports de classe, Claude Chabrol excelle une fois de plus dans la chronique corrosive des mœurs à travers un fait divers. Jouant avec les ressorts tendus du polar, il introduit la folie meurtrière dans la vie bien réglée de la bourgeoisie provinciale. Entre hystérie et froideur absolue, Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire, toutes deux magnifiques, ont été très justement récompensées".

 

Dimanche 17 février à 22h40 et en replay jusqu’au 17 avril, documentaire inédit : Chabrol, l’anticonformiste.

Auteur de films noirs à l’humour grinçant, Claude Chabrol a laissé une œuvre unique. Sa fille adoptive, Cécile Maistre-Chabrol, qui fut sa proche collaboratrice, brosse le portrait affectueux d’un cinéaste truculent et libre-penseur.

Claude Chabrol aurait pu ne jamais voir le jour, le 24 juin 1930. Alors qu’elle est enceinte de trois mois, sa mère, intoxiquée au monoxyde de carbone dans son bain, tient tête aux médecins qui lui préconisent un avortement. D’un tempérament rêveur, qui fait craindre un retard mental à ses parents, le petit Claude débute très tôt sa carrière d’anthropologue, observant avidement la comédie bourgeoise qui se joue sous ses yeux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses parents, engagés dans la Résistance, l’envoient dans le fief familial creusois, à Sardent, en zone libre, où la vie s’écoule paisiblement, entre joyeuse camaraderie, amourettes adolescentes, et découverte passionnée de la littérature (notamment Madame Bovary, qu’il portera à l’écran en 1991) et des feuilletons radiophoniques écrits par Simenon, dont il adoptera la devise : comprendre et ne pas juger. Dans le Paris de l’après-guerre, le jeune homme, peu disposé à suivre la voie paternelle, sèche les cours de pharmacie pour s’abreuver de films à la Cinémathèque française. Il assouvira sa passion cinéphilique quelques années plus tard, grâce au soutien amoureux et financier d’Agnès, sa première femme. Après avoir produit, en 1956, Le coup du berger de Jacques Rivette, court métrage inaugural de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol offre à l’onde révolutionnaire son premier long, Le beau Serge, tourné à Sardent. S’ensuivront, jusqu’à sa mort en 2010, 57 films étalés sur un demi-siècle, fabriqués dans une ambiance d’allégresse et de complicité avec le concours de sa fidèle tribu : scénaristes, techniciens, acteurs, auxquels se mêlent les femmes de sa vie (Stéphane Audran, sa muse, et Aurore, sa script) et ses enfants, dont sa belle-fille, Cécile, auteure de ce portrait.

 

Lundi 18 février à 20h55, Le boucher (version restaurée).

Avec Jean Yanne, Stéphane Audran, Antonio Passalia, Mario Beccara...

Dordogne, années 1960. Lors d’un mariage, Hélène, institutrice, sympathise avec Paul, un boucher vétéran des guerres d’Algérie et d’Indochine. Paul est charmant, mais il ne parle que des combats. Alors que les rencontres, platoniques, se multiplient, on signale le meurtre d’une jeune femme dans la région. Un jour qu’elle randonne avec ses élèves, Hélène trouve le cadavre d’une nouvelle victime. À côté du corps, dans la poussière, elle découvre le briquet offert à Paul pour son anniversaire. $

 

Lundi 18 février à 22h25, Juste avant la nuit (version restaurée).

Avec Stéphane Audran, Michel Bouquet, François Périer, Jean Carmet...

Au cours d’un tête-à-tête sadomasochiste, Charles Masson, dirigeant d’une petite agence de publicité parisienne, étrangle sa maîtresse, Laura, l’épouse de son meilleur ami François. Rongé par la culpabilité, il finit par avouer son crime à sa femme, Hélène, qui l’encourage à enfouir la vérité. Lorsqu’il se confesse ensuite à François, celui-ci fait preuve d’une égale miséricorde. « On n’est pas coupable de ce qui se passe dans un cauchemar », lui assure-t-il. Mais Charles ploie de plus en plus sous le poids de sa faute.

 

Crédit photo © Panoceanic Films (Le boucher)

Commenter cet article