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Publié par François 18/02/2020 8H

Meurtre au consulat – Mohammed ben Salmane et l’affaire Khashoggi : documentaire inédit ce mardi soir.

Meurtre au consulat – Mohammed ben Salmane et l’affaire Khashoggi : Revenant sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, une enquête dense et captivante au cœur du régime saoudien met cette affaire en regard avec l’irrésistible ascension de son probable commanditaire, le prince “MBS”.

À ne pas louper ce mardi 18 février à 20h50 sur ARTE.

Spécialiste du Moyen-Orient, le journaliste d’investigation Martin Smith a interviewé et échangé des SMS avec le jeune monarque Mohammed ben Salmane. Il s’est entretenu à plusieurs reprises avec le journaliste Jamal Khashoggi et a rencontré tous les acteurs clés du dossier – dignitaires saoudiens, ex-agents de la CIA, activistes, proches de détenus politiques, militants des droits de l’homme… –, ainsi que de nombreux experts.

Nourrie d’un riche fonds d’archives, de témoignages parfois poignants et d’images d’actualité, son enquête raconte avec brio l’implacable engrenage qui a conduit à ce crime sordide et offre une saisissante incursion dans les arcanes du pouvoir saoudien.

Première partie :

Le 2 octobre 2018, à Istanbul, le journaliste Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien. Il n’en ressortira pas vivant. Révélés grâce à un enregistrement audio fourni par les services secrets turcs, son assassinat et le démembrement de son cadavre par des barbouzes ont secoué l’opinion internationale. Comment la monarchie pétrolière, dirigée depuis 2015 par le roi Salmane et son fils Mohammed ben Salmane, dit “MBS”, en est-elle arrivée là ? Pour le comprendre, ce premier épisode retrace l’accession au pouvoir du roi et de son fils. Homme puissant, le premier a transmis tout son savoir au second. Nommé ministre de la Défense en 2015, le jeune prince s’illustre par une sanglante campagne militaire au Yémen contre les rebelles chiites houthis soutenus par l’Iran. Interviewé à l’époque, Jamal Khashoggi, éditorialiste et fin connaisseur du régime saoudien, n’a rien d’un opposant et défend l’opération. Mais il aura l’outrecuidance, en 2016, d’émettre des réserves sur l’idylle entre son pays et la nouvelle administration Trump. Dès lors, il se voit interdire l’exercice de son métier. Parallèlement, Mohammed ben Salmane, devenu prince héritier en juin 2017 après avoir évincé ses rivaux, a mis au pas le réseau social Twitter, autrefois espace de liberté prisé des Saoudiens, désormais outil de propagande, de délation et d’oppression.

Seconde partie : 

En septembre 2017 débute la première purge. Jugées hostiles au pouvoir saoudien, des douzaines de personnes sont emprisonnées, torturées, calomniées. En novembre, le régime décline cette rafle en mode VIP, séquestrant au Ritz Carlton deux cents membres de la famille royale et hommes d’affaires, au cours d’une brutale opération “anticorruption”. Exilé aux États-Unis, persécuté à distance et devenu par la force des choses un opposant, Jamal Khashoggi chronique cette dérive autoritaire dans le Washington Post. Craignant pour les siens, sa femme a demandé le divorce. Mais le journaliste est ensuite tombé amoureux de la chercheuse turque Hatice Cengiz. C’est pour remplir des formalités en vue de l’épouser qu’il se rend au consulat saoudien d’Istanbul, ce fatal jour d’octobre 2018.

Crédit photo © Reuters.

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