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Publié par Pascal 03/03 10h30

Nouveau numéro du magazine hebdomadaire La Grande Librairie ce mercredi, en première partie de soirée sur la chaîne France 5. Ce 3 mars, parole à trois jeunes écrivains et à un philosophe. François Busnel reçoit Shane Haddad, Maxime Lledo, Djamel Cherigui et Jean-Pierre Le Goff.

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Maxime Lledo, bien connu des fidèles des Grandes Gueules, cet étudiant en sciences politiques est l'auteur de Génération fracassée, édité par Fayard.

"Je vous parle d’un temps que les plus de 20 ans… ne VEULENT pas connaître. Celui des facs fermées, où les seuls cours délivrés sont en « distanciel », néologisme inventé par des technocrates pour rendre moins insupportables ces centaines d’heures que nous, étudiants, passons rivés devant un écran. Celui où les petits boulots ont été balayés par la crise. Plus d’événement, plus de restaurant, plus de musée… pour nous permettre d’arrondir nos fins de mois. Celui sans horizon professionnel, où les stages ont disparu, où la promesse d’un premier emploi en CDI s’éloigne chaque jour davantage. Le temps où le droit de sortir entre amis, de se voir, de se toucher, de s’aimer n’existe plus. Où les soirées et les parenthèses interdites sont taxées d’égoïsme coupable par les politiques et les bureaucrates.

Au lieu de penser les solutions concrètes pour sortir notre génération de cette impasse, vous, les sachants, préférez nous discréditer. Cela fait maintenant un an que nous avons mis nos vies entre parenthèses pour protéger les personnes âgées. J’ai 22 ans. Et si je peux pester contre certains excès de ma génération, je veux aujourd’hui saluer son courage face au désastre économique, social et écologique que nous allons affronter. Ce livre est une ode à notre génération fracassée, un plaidoyer pour la liberté". 

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Shane Haddad a écrit Toni tout court (éditions P.O.L.). Un ouvrage présenté ainsi par l'éditeur :

C’est l’histoire de Toni. Elle se lève un matin, s’habille, déjeune, ferme la porte et s’en va pour la journée. La journée de son anniversaire et d’un match de foot. Le match de son équipe, la sienne, celle qu’elle aime, qu’elle suit, celle à laquelle elle pense à chaque moment de son errance quotidienne. Ce soir, c’est match et toute la journée est une attente. Toute la journée est une projection de son entrée dans le stade, son entrée dans la tribune où déjà les supporters chantent son arrivée. Le tambour, l’épaisseur des fumigènes, la foule de tous ces inconnus. C’est dans cette tribune remplie d’hommes qu’elle trouvera sinon une place, du moins un espace où vivre pour un temps. Parce que la tribune est à la fois un espace qui n’imagine pas une présence féminine et à la fois un espace hétérogène, multiple, indéfinissable. C’est pour cela que Toni est un personnage qui ne veut pas se définir. Elle est entre première personne et troisième personne du singulier, entre deux âges, entre deux temporalités, entre existence et disparition, entre marche décisive et errance sans fond, entre rêve et conscience, entre tumulte et silence, entre femme et homme. Cette narration, à l’apparence minimaliste, est tendue comme un drame.

Shane Haddad invente une voix, dans une adresse directe presque sans interruption, pour faire apparaître le portrait d’une jeune femme insoumise et perdue, banale et porteuse d’une colère intime qui traverse le corps féminin.

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Djamel Cherigui est l'auteur de La sainte touche, roman édité par Lattès.

L’histoire d’un duo improbable entre un jeune écrivaillon mis à la rue par son père, et Alain Basile, un épicier voyou. Dans ce roman iconoclaste, parfois dur, loufoque aussi, le tandem va se lancer dans tous les trafics pour tenter de s’en sortir.

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On doit à Jean-Pierre Le Goff, philosophe de formation, sociologue, l'ouvrage La société malade (Stock).

« Partant de l’expérience vécue de la maladie, je voudrais montrer en quoi cette crise sanitaire est révélatrice d’un état problématique de notre société. La pandémie introduit sournoisement, massivement, l’angoisse de la maladie et de la mort ; elle fait apparaître la fragilité de la vie individuelle autant que collective, et notre relative impuissance devant un virus mal connu et contagieux.

Face à cette épreuve, un président déclare le pays “en guerre”, des médias tournent en boucle, des médecins se disputent sur les plateaux… Des courants idéologiques gauchisants, des écologistes fondamentalistes, tout comme un courant de droite réactionnaire qui rêve de revenir en arrière en ont profité pour faire valoir leurs thèses : “On vous l’avait bien dit !” Les polémiques et les oppositions sommaires incitant les citoyens à choisir leur camp ont repris de plus belle. Comment s’y reconnaître dans tout ce fatras ?

Nous vivons une pandémie anxiogène et bavarde qui nous a plongés dans un monde étrange où il est devenu difficile de démêler le réel de la bulle médiatique qui l’enveloppe. Le confinement nous a plongés dans une sorte de tunnel dont on ne voyait pas le bout – en sommes-nous vraiment sortis ou bien un nouveau mode de vie va-t-il s’installer durablement ?

Le personnel soignant s’est trouvé confronté à l’épreuve du tragique. Il subissait depuis des années des restrictions budgétaires enveloppées dans une incroyable logomachie managériale sur la “performance” et ses multiples “boîtes à outils”. Malgré la bureaucratie, le manque de protection et de moyens, il a su y faire face de manière exemplaire. 

La pandémie a révélé une société malade et fracturée, en même temps qu’elle a fait apparaître des “réserves d’humanité” qu’on aurait pu croire disparues à l’heure du repli individualiste et communautariste. Un tel élan est-il temporaire ou se prolongera-t-il par-delà le choc de la pandémie ? »

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Monique COUNILH 30/09/2020 23:10

Ah ! quelle délicieuse soirée ! Merci mille fois François, Philippe, Laure, Annick, pour ce moment privilégié où la "vieillesse", SI BELLE ET...... SI JEUNE, était à l'honneur ! Monique