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Publié par François 07/07/2020 8H30

La série documentaire Les routes de l’esclavage rediffusée ce soir sur ARTE.

Série documentaire de Daniel Cattier, Juan Gélas, et Fanny Glissant, Les routes de l'esclavage sera rediffusée en intégralité ce mardi 7 juillet sur ARTE. Quatre volets, de 20h50 à 00h25. Ambitieuse et passionnante, cette série retrace l’histoire des traites négrières du VIIe au XIXe siècle, entre domination, violence et profit.

 

1. 476-1375 : au-delà du désert

Après la chute de Rome en 476, les peuples (Wisigoths, Ostrogoths, Berbères, Slaves, Byzantins, Nubiens et Arabes) se disputent les ruines de l’Empire. Tous pratiquent l’asservissement – “esclave” viendrait du mot “slave”. Mais au VIIe siècle émerge un Empire arabe. Il se tisse alors entre l’Afrique et le Moyen-Orient un immense réseau de traite d’esclaves qui converge vers Bagdad. Après la révolte des Zanj – des esclaves africains –, le trafic se déploie vers l’intérieur du continent. Deux grandes cités commerciales et marchés aux esclaves s’imposent : Le Caire au nord, et Tombouctou au sud, place forte de l’Empire du Mali d’où partent les caravanes.

 

2. 1375-1620 : pour tout l’or du monde

À l’issue des croisades, l’Europe à son tour se tourne vers l’Afrique. Contournant les musulmans en Méditerranée, les navigateurs portugais, qui convoitent l’or du continent, reviennent avec des milliers d’esclaves pour les vendre en Europe du Sud, avec la bénédiction de l’Église. À partir de 1516, la découverte du Brésil ouvre de nouvelles routes de traite, inaugurant le commerce triangulaire entre les continents – or, esclaves, sucre.

 

3. 1620-1789 : du sucre à la révolte

Imitant le modèle portugais, Espagne, Hollande, France et Angleterre se disputent les Caraïbes pour y cultiver la canne. L’Atlantique devient le champ de bataille de la guerre du sucre, laquelle va multiplier les routes de l’esclavage avec la complicité des banques et des compagnies d’assurances. Alors que les méthodes s’industrialisent et que la terreur s’intensifie, près de 7 millions d’Africains sont vendus par des marchands locaux à des flibustiers et armateurs négriers, tandis que s’élèvent en Europe les premières voix contre la barbarie de la traite, socle du capitalisme émergent.

 

4. 1789-1888 : les nouvelles frontières de l’esclavage

À Londres, Paris et Washington, le courant abolitionniste gagne du terrain. Après la révolte des esclaves de Saint-Domingue, la Grande-Bretagne abolit la traite transatlantique en 1807. Mais l’Europe, en pleine révolution industrielle, ne peut se passer de la force de travail des esclaves. Pour satisfaire son besoin de matières premières, elle ferme les yeux sur les nouvelles formes d’exploitation de l’homme au Brésil et aux États-Unis. En Afrique, l’Europe se lance dans de nouvelles conquêtes coloniales. À l’heure où la traite légale est enfin interdite, la déportation des captifs africains va exploser, plus importante que jamais. En cinquante ans, près de 2,5 millions de personnes sont déportées.

 

Crédit photo © Artwork/Estelle Schoen/CPB Films

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