Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par François 08/09/2020 7H45

 

Tu deviendras hétéro, mon fils est un document inédit à voir ce mardi 8 septembre, en première partie de soirée sur France 5.

Un documentaire fort et dérangeant autour de l’histoire de Lucas, Matthew et Jordan qui ont subi une « thérapie de conversion » et ont souffert, chacun à leur manière, des choix que leur imposaient leur famille et leur milieu.

Marina Carrère d'Encausse proposera ensuite un débat avec quatre invités.

Assumer son homosexualité, quand on est américain, aussi surprenant que cela puisse paraître, ne va pas forcément de soi. Des centaines de milliers d’entre eux, par pression sociale, familiale ou religieuse, se sont engagés et continuent de le faire dans des thérapies dites « de conversion ». Ces thérapies, qui n’en ont que le nom, promettent de « réparer une orientation sexuelle déviante », de changer l'identité profonde d’une personne. Au-delà de la dimension absurde d’une telle promesse, ces thérapies de conversion s’avèrent dangereuses, voire dévastatrices. Dirigées par des communautés religieuses la plupart du temps, elles virent souvent à l’humiliation et s’appuient sur les violences physiques pour parvenir à leurs fins.

Plus de 700 000 personnes sont déjà passées par ces centres, dont la moitié mineurs, contraints par leurs parents. Avec souvent, pour seul résultat, des drames humains. Aujourd’hui, à travers tous les États-Unis, s’engage un combat pour que ces « thérapies » , toujours légales dans une quarantaine d’états, cessent et qu’enfin les victimes soient reconnues en tant que telle.

Un combat rendu d’autant plus difficile à l’heure où Mike Pence, le Vice-Président des États-Unis, et d’autres proches de la Maison Blanche se refusent à condamner ces pratiques.

En donnant la parole à trois garçons, de culture et de milieux sociaux différents, ce documentaire nous immerge dans les souffrances que peuvent encore engendrer le simple fait de vouloir assumer son homosexualité. Le film retrace la trajectoire de chacun d’entre eux, et les suit dans leur tentative de reconstruction. Une tâche aussi lourde qu’incertaine. Leurs histoires s’entrelacent pour mieux comprendre qu’il ne s’agit pas d’histoires isolées, mais bien de victimes d’une seule et même haine à l’encontre des homosexuels. C’est un monde de souffrance, de violences et, souvent, de rupture familiale qui se dévoile. Lucas, Matthew et Jordan ont, chacun à leur manière, souffert des choix que leur imposaient leur famille et leur milieu. En regard, la parole est donnée à ceux qui prétendent vouloir les sauver. Psychothérapeutes, pasteurs, lobbyistes, ils ont un discours rôdé et un agenda politique communs. Sans jamais admettre une quelconque violence à l’égard de ces « âmes perdues », ils revendiquent le droit de combattre l’homosexualité. Véritables hérauts d’une Amérique « pure » aux valeurs morales attachées à une vision dogmatique de la famille, ils sont le visage public de l’homophobie américaine. En opposant la brutalité de ce qu’endurent ces trois garçons, à la parole des organisations prônant les conversions, en mêlant à ces deux discours le combat qu’ils se mènent, à travers les médias et les réseaux sociaux, il s’agit de donner à voir la réalité de pratiques souvent méconnues. Une véritable mise en abîme d’une vision de l’Amérique, minoritaire mais dangereuse.

Caroline Benarrosh est l'auteure de ce film.

Crédit photo © Tohubohu films

Commenter cet article