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Publié par Pascal 15/09 12h03

À voir ce mardi à 20h50 sur ARTE - et déjà sur arte.tv - un documentaire inédit de Luc Hermann et Claire Lasko.

Tous deux ont enquêté pendant un an sur la financiarisation de l’écosystème du médicament et interrogé médecins et professeurs, économistes de la santé, patients, avocats de victimes, anciens ministres de la santé et représentants de grandes firmes pharmaceutiques. Avec 100 000 collaborateurs chacune, les cinq plus grosses multinationales présentes sur le marché global sont communément appelées les Big Pharma.

Pour conserver leur monopole sur certaines maladies, de grands laboratoires minimiseraient ou cacheraient aux autorités de santé une partie des résultats cliniques. Fabriquée par le géant français Sanofi, la Depakine est efficace contre l’épilepsie, mais au centre d’un vaste scandale sanitaire en Europe. Aux États-Unis, certains laboratoires sont accusés d’avoir précipité des millions de patients dans l’addiction aux opioïdes, de puissants médicaments antidouleur. Dans un pays où les firmes pharmaceutiques déterminent le prix des médicaments, les élus, démocrates comme républicains, tentent de réguler le coût des nouveaux traitements. En vain.

Des laboratoires vont jusqu’à mettre au point de puissantes stratégies pour préserver leur exclusivité mondiale. Un intense lobbying a permis au laboratoire suisse Novartis d’imposer un médicament contre la DMLA, une grave maladie de l’œil, 40 fois plus coûteux que son concurrent.

L’industrie pharmaceutique peut aussi compter sur le soutien des médecins et labos les plus influents. Le système de régulation européen, basé en grande partie sur le volontariat, est loin d’assurer une transparence totale : en Allemagne, seul un médecin sur cinq accepte de déclarer ses liens d’intérêts financiers. En résonance avec l’actualité, l’enquête retrace également le lobbying du labo américain Gilead pour obtenir l’autorisation d’un traitement prometteur contre le virus de la COVID-19, dont la recherche a largement bénéficié de fonds publics.

Crédit photo © Premières lignes Télévision.

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