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Publié par François 26/09/2020 8H40

C'est LE document à voir ce soir, dans Zone Interdite : "À 15 ans, mon ado se prostitue".

L'an dernier, des parents désespérés alertent l'Assemblée nationale : leurs adolescentes se prostituent, le plus souvent via des petites annonces sur Internet. Depuis quelques temps en France, les réseaux de prostitution s'étendent, exploitant des adolescentes parfois encore au collège, surfant sur l'illusion selon laquelle les actes sexuels rémunérés seraient désormais décomplexés.

Durant de longs mois, Ophélie Meunier et les équipes de Zone Interdite ont suivi ces toutes jeunes filles et leurs mères qui se battent pour les sortir de l'enfer.

Enquête avec des avocats, des policiers et des psychologues pour comprendre la mécanique insidieuse de cette nouvelle forme de prostitution. À découvrir ce week-end, dimanche 27 septembre à 21h05 sur M6.

En province, une mère s'épuise à pister sa fille sur la toile en remontant ses comptes Snapchat et Instagram jusqu'aux sites de rencontres sur lesquels son ado de 14 ans et ses copines vendent leur corps à des adultes. Elle la récupère parfois au milieu de la nuit à la sortie des hôtels, alertant en vain la police et les services sociaux. Elle n'a rien d'une mère démissionnaire, mais comme beaucoup de parents, elle n'arrive plus à contrôler sa fille.

Des mineures qui se prostituent, il y en a de plus en plus en France. Elles seraient 10 000 environ, comme S..., qui a commencé à l'âge de 13 ans. Elle a reçu des clients dans le très chic XVIe arrondissement de Paris, elle s'est aussi prostituée dans des hôtels de banlieue. Difficile de résister à l'argent : elle a gagné jusqu'à 2 600 euros par jour et difficile de dire non à des proxénètes qu'elle voit comme des « grands frères », presque une seconde famille. Elle a même participé activement au recrutement d'autres ados, qu'elle a coachées comme une cheffe d'équipe.

A..., 16 ans, vit en province et veut en finir avec la prostitution. Elle a commencé à 14 ans et a tenté d'arrêter à plusieurs reprises mais ne cesse de rechuter. Elle fugue régulièrement à Paris avec ses copines qui, comme elle, jouent les « escorts ». Elle dit faire cela pour l'argent et les fêtes, mais subit régulièrement la violence et les coups. Désemparée, sa maman fait partie de ces parents qui ont récemment alerté les députés. Aujourd'hui, avoir un enfant qui se prostitue cela peut, d'après elle, arriver à tout le monde.

M..., elle, a réussi à sortir sa fille des griffes des proxénètes. Quand ils ont recruté sa petite E... au collège, elle n'avait que 13 ans. Ils ont été arrêtés, leur réseau est tombé, vous découvrirez leur procès.

Le nombre d'affaires concernant la prostitution des mineures est en train d'exploser. Rien qu'à Paris, on comptait 70 procès en 2018, sept fois plus qu'en 2013. Avocats et magistrats sont sidérés par l'ampleur de ce phénomène touchant des mineures qui ne sont ni en rupture familiale, ni déscolarisées. Leur point commun : elles tombent dans le piège avec une facilité déconcertante. Grâce à Internet, les nouveaux proxénètes procèdent sans laisser de traces. Ils louent des chambres pour quelques heures ou quelques jours, ils changent d'adresse régulièrement. Ils utilisent aussi Instagram pour recruter des filles ouvertement, leurs petites annonces sont explicites : « Escort, un bon plan pour gagner 5 000 euros par semaine, nourrie logée ». Sur les réseaux sociaux, ces nouveaux « maquereaux » jouent la provocation, dans des vidéos YouTube, ils se filment déchirant les billets de banque. Pour eux, ce business est facile et peu risqué. Les peines qu'ils encourent, bien moins lourdes que celles pour trafic de drogue, ne font pas peur à ces dealers de filles.

Enquête sur un phénomène alarmant qui ne cesse de faire des victimes chez nos adolescentes.

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