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Publié par Pascal 04/11 6h46

 

De sa fenêtre, il a vu l’horreur. De sa fenêtre, il a filmé la terreur. Daniel Psenny, journaliste au Monde depuis un quart de siècle, a été témoin de l’attaque terroriste la plus sanglante de notre histoire contemporaine, celle du 13 novembre 2015 au Bataclan. Avec son téléphone portable, Daniel, qui habite à quelques mètres de la célèbre salle de concert parisienne, a enregistré un document, l’unique film qui existe sur cet attentat.

22h01 est à voir ce mercredi à 23h10 sur France 3.

Un film écrit et réalisé par Mustapha Kessous, sur un récit de Daniel Psenny.

Images : Mathias Denizo. 

Animation : Théo Schulthess. 

Musique originale : Amandine Maissiat et Maud Lübeck. 

Une coproduction Premières Lignes et France Télévisions / France 3 Paris Île-de-France.

Il est un peu plus de 21h40, ce soir-là. Daniel Psenny, regarde une fiction sur France 2 avec Jean-Hugues Anglade qui joue le rôle d’un commissaire de police. Il n’y prête pas véritablement attention, pas plus qu'aux bruits de «pétards » qui proviennent de la rue. Il croit que cela vient de la télévision. Mais ces bruits sont insistants et de plus en plus forts. Daniel comprend que « quelque chose cloche ». Peut-être « un règlement de comptes » en plein concert, pense à ce moment-là Daniel. Il ouvre sa fenêtre et voit des gens en sang s’enfuir de la salle. C’est alors qu’il se met à filmer avec son téléphone… Et puis, plus rien. Vers 22 heures, tout est calme. Il décide de descendre dans la rue, croyant que l’incident est terminé. Une fois en bas, il secourt un homme – un Américain – qui gît sur le bitume à quelques mètres de lui. Il le traîne jusqu’au hall de son immeuble avec l’aide d’un inconnu qu’il ne reverra plus jamais… Avant de fermer la porte d’entrée, il jette un dernier coup d’œil et sent une douleur au bras : une balle de Kalachnikov vient de lui traverser le biceps. Il est 22h01. Un voisin de l’immeuble vient les secourir. Puis, ils vont vivre quelques heures d’angoisse avant d’être secourus par la police. Trois heures d’un huis clos intense, sans savoir s’ils vont réussir à s’en sortir ou s’ils vont périr.

Daniel Psenny : "Très rapidement après l'attentat du Bataclan, j'ai raconté dans les médias du monde entier ce que j'avais vécu cette nuit du 13 novembre. Il y avait ma vidéo des gens fuyant la salle sous les coups de feu, les morts, la terreur, le désespoir. Et, il y avait aussi cet immeuble où je vivais à l'époque qui, parallèlement au massacre qui se perpétrait dans la salle, a vécu sa propre histoire avec ses angoisses, ses peurs et la mort qui rôdait. J'avais longuement relaté ce récit l'année suivante dans M, le magazine du Monde. Mustapha Kessous l'a suivi, accompagné, cette fois-ci, par ma voix. Une petite histoire dans la grande histoire. Il ne s'agit pas d'un film sur l'attentat du Bataclan, mais d'un huis clos avec quatre personnes ordinaires confrontées à l'extraordinaire : mes voisins Estelle, Bruno, Véronique et moi-même".

Crédit illustration © Premières Lignes.

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