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Publié par François 12/01/2021 17H45

Le lundi 1er février 2021, France 2 proposera une soirée spéciale sur l'affaire Pauline Dubuisson avec deux programmes inédits : un téléfilm de Philippe Faucon, suivi d'un documentaire.

Cette affaire inoubliable reste marquée par la personnalité énigmatique de cette femme accusée du meurtre de son amant, qui inspira en 1961, Henri-Georges Clouzot pour son film "La vérité" avec Brigitte Bardot, rappelle France Télévisions.

Les interprètes du téléfilm La petite femelle :

  • Lucie Lucas (Pauline),
  • Lorenzo Lefebvre (Félix),
  • Helena Noguerra (Mère de Félix),
  • Jean Dell (Père de Félix),
  • Florence Thomassin (Eva)

Novembre 1953. Pauline Dubuisson est accusée d’avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette jeune femme dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché dans le lit de l'Occupant, a été tondue, avant d’assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n’est-elle, au contraire, qu’une jeune fille libre qui revendique avant l’heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ?

Philippe Faucon est le réalisateur de cette fiction co-écrite avec Antoine Lacomblez (D’après le livre éponyme de Philippe Jaenada) : " L’histoire de Pauline Dubuisson est celle d’une jeune femme qui va affirmer une revendication d’émancipation trop en avance sur son temps. En refusant la place assignée à une jeune femme de son milieu par des conventions largement dominantes à son époque, Pauline va connaître une trajectoire chaotique, qui deviendra le prétexte d’une opprobre générale, dont les raisons sont à chercher bien d’avantage dans la non conformité de la jeune femme aux règles sociales d’alors… Lorsque Pauline est jugée pour avoir provoqué la mort de Félix (accidentellement, selon elle), elle représente à l’époque quelque chose de si dérangeant que son procès va être le prétexte d’un véritable lynchage judiciaire, journalistique et public. Pour commencer, elle est l’exutoire d’une mauvaise conscience encore prégnante vis à vis de la période de l’Occupation. En même temps, elle cristallise tous les préjugés alors associés à une « nature féminine » fantasmée, imaginée pervertie dès lors que ne correspondant pas à celle d’épouse et de mère. Pauline est jugée calculatrice, manipulatrice, froide, perverse, « garce », « salope », etc. Lors du procès, elle n’est évidemment pas crue lorsqu’elle affirme avoir eu des relations sexuelles avec Félix désirées par celui-ci après leur séparation. Pour l’opinion générale, lui ne peut avoir été capable d’une telle trahison vis à vis de sa fiancée, c’est forcément elle qui ment, perversement. Aux yeux de tous, la « petite femelle » est trop libre dans sa vie amoureuse, donc immorale. Trop dans le rejet des hypocrisies sociales de son temps, donc déviante et néfaste. Trop en revendication d’autonomie, donc arrogante et dangereuse. Pour toutes ces raisons, j’ai choisi de participer au réveil de Pauline Dubuisson et d’en faire une héroïne qui va interroger nos temps modernes. Sa volonté d’émancipation questionne la place des femmes au sein de la société. Personne n'a jamais voulu écouter ce qu'elle avait à dire et je porte l’ambition que notre film, puisse la réhabiliter et ouvrir le débat sur un sujet d’une actualité brûlante."

Vers 22h40, documentaire Pauline Dubuisson, l’impossible oubli.

Le 17 mars 1951, Pauline Dubuisson tire trois balles de pistolet sur son ancien amant, et le tue. Condamnée aux travaux forcés à perpétuité, elle n'échappe à la guillotine que grâce à l'unique femme du jury. Car, au- delà du crime passionnel, c'est d'abord une femme que la justice de l'époque condamne. Une femme libre, une étudiante en médecine brillante, une adolescente qui "a couché" avec des Allemands durant la guerre, une "hyène" comme la qualifiera le procureur. En 1961, alors qu'elle sort de prison, "La vérité" de Georges Clouzot sort sur les écrans avec Brigitte Bardot dans le rôle principal. Le film, tiré de l'histoire de Pauline, va précipiter sa fin tragique. 

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