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Publié par François 6/01/2021 10H35

 

Ce dimanche 24 janvier, en première partie de soirée sur France 5, dans un nouveau numéro du magazine « Sur le Front », Hugo Clément nous emmène au cœur de l'Amazonie et nous fait découvrir le combat quotidien des gardiens de la forêt, au péril de leur vie.

Il nous emmène à la rencontre du grand chef Raoni, tout juste guéri de la Covid 19, qui adresse un appel au secours poignant. Puis Hugo prend part à une opération exceptionnelle du GIGN en Guyane Française pour démanteler les campements de chercheurs d’or clandestins qui ravagent la forêt. Il a pu filmer toute l’intervention des militaires français sur l'un des sites d’orpaillage.

« Sur le Front » part aussi à la rencontre des combattants qui s’attaquent à toutes les causes de la déforestation : les coupeurs de bois, les exploitations agricoles et le changement climatique. Ces combats nous concernent. La France importe du soja brésilien pour nourrir notre bétail alors que la culture du soja est directement responsable de la déforestation. Les Amérindiens nous exhortent à ne plus acheter du soja et de la viande de bœuf en provenance du Brésil car ces cultures et ces élevages intensifs entrainent la destruction de la forêt amazonienne.

Comme dans les précédents numéros « Sur le Front de l'Amazonie » répond à l’appel de celles et ceux qui se battent sur le terrain : Emilie, ethnologue française que le grand chef Raoni considère comme sa propre fille, vient épauler la tribu Kayabo. Le Dr Rémi Pignoux soigne les Amérindiens victimes de la pollution au mercure en Guyane Française. Karen, jeune vétérinaire, vient bénévolement sauver les animaux prisonniers des flammes au Pantanal. Delphine, une militante Française se bat avec les gardiens de la forêt et prépare un recours en justice pour contraindre le Brésil à agir. Toutes et tous malgré les obstacles rencontrés nous délivrent un message d’espoir et nous incitent à passer à l'action.

Hugo Clément :

"Les incendies monstres en Amazonie ont choqué le monde entier à l’été 2019. Un an plus tard, plus personne n’en parle alors que la situation est encore pire. Le chiffre qui me marque le plus c’est que, chaque minute, une surface de forêt équivalente à trois terrains de football part en fumée. C’est terrifiant. J'ai regardé des zones sur Google Earth et suivi l'évolution sur les dernières décennies. Dans les années 80, c’était encore une forêt primaire, et on la voit se faire grignoter, années après années, et aujourd’hui, à la place des arbres, il y a d’immenses champs dont on voit nettement les contours sur les images satellites. C’est inouï de voir ce que l’humain est capable de saccager en si peu de temps. On pense à priori que tout cela est loin et qu’on ne peut pas agir sur ce drame. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Le plus gros de la déforestation est organisée par l’industrie agroalimentaire locale qui veut planter du soja. Et qui l’achète ce soja ? Des pays du monde entier et la France, entre autres, pour nourrir notre bétail. J’ai voulu alerter sur la situation sur place.

Et quand on se rend sur le terrain, c’est bien plus parlant que sur les images par satellite. Nous avons traversé des territoires entiers en feu puis des paysages à la Mad Max où des silos démesurés ont remplacé la forêt millénaire. Nous avons aussi découvert l’ampleur de ce qui se passe en Guyane, dans la partie française de l’Amazonie : la mafia de l’or cisaille la forêt primaire et pollue les fleuves avec leur mercure. Nous avons eu la possibilité de voir ces chercheurs d’or clandestin, ce qui est rarissime, et de constater les dégâts qu’ils provoquent.

Et, comme pour chaque documentaire, nous avons repris espoir en voyant l’engagement de ceux qui se battent sur le terrain. Le cacique Raoni, avant tout, qui a trouvé la force de nous recevoir alors qu’il se remettait tout juste de la Covid-19. Il a tenu à nous lancer un appel au secours poignant " aidez-nous à sauver notre forêt ". La mobilisation au Brésil est fascinante : les volontaires accourent dans la région du Pantanal ravagée par les incendies et sauvent les animaux sauvages, Delphine Fabbri-Lawson accumule des preuves pour la cour pénale internationale, et surtout les gardiens de la forêt, ces indigènes guajajara qui ont accepté de nous accueillir dans leur tribu. Ils se battent chaque jour contre les coupeurs de bois, au péril de leur vie. Ils forcent l’admiration, ils nous poussent à agir à notre niveau. Oui, on peut encore changer le cours des choses, c’est ce message que j’ai envie de partager."

Crédit photo © Winter productions.

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