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Publié par Pascal 20/02 11h10

 

L'ordre à tout prix, un film documentaire inédit de Frédéric Ploquin et Samuel Lajus, présenté par Marie Drucker le mardi 9 mars à 23h15 sur France 2.

Fin 2018. Au début du mouvement des Gilets jaunes, les principes du maintien de l’ordre « à la française » volent en éclat. Le saccage de l’Arc de Triomphe, les centaines de blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre… la violence inouïe de ces images et leur puissance symbolique marquent profondément les esprits. La République s’est sentie menacée. Le gouvernement entérine une nouvelle ligne, plus dure, qui va ébranler les fondamentaux de l’ordre public. En retour, la défiance d’une partie de la population envers l’ordre et le pouvoir, déjà bien installée dans la rue depuis une dizaine d’années, se renforce au point que certains craignent de voir le droit de manifester remis en cause.

Comment en est on arrivé-là ? Pour comprendre, le film prend le parti d’interroger les détenteurs de la force dite « légitime » et de les confronter aux images de ces affrontements. Ils sont CRS, gendarmes mobiles, membre des BRAV (Brigades de Répression de l’Action Violente) : en première ligne lors des manifestations, ils nous racontent la réalité de leur métier, la nécessité de la formation, l’évolution de leur rapport aux citoyens, leur perception des choix politiques…

En regard, la hiérarchie, Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, les préfets de police, Michel Delpuech et Didier Lallement, expliquent, justifient leurs choix tactiques. Et politiques.

Si la multiplication des images amplifie la perception de la violence policière comme celle des manifestants, la situation est-elle réellement inédite ? La rue est-elle plus violente qu’hier ? Le maintien de l’ordre légitime-t-il certaines violences ? La protection des biens est-elle en concurrence avec celle des libertés fondamentales ? L’enjeu est de taille : comment concilier exigences politiques et gestion des nouvelles formes de contestation, tout en garantissant la possibilité de s’exprimer, socle de notre société démocratique ? Comment ne pas se laisser enfermer dans une logique de camp contre camp ? Alors que le climat social promet de nouvelles secousses à l’issue d’une crise sanitaire devenue économique et sociale, ce documentaire nous dévoile les dessous d’un art, celui qui consiste à protéger et contrôler les foules en colère.

Parmi les intervenants :

  • Olivier – Brigadier, CRS (Unité SGP Police). Conducteur d’un engin lanceur d’eau, il est en poste sur les Champs-Élysées le samedi où l’Arc de triomphe est pris d’assaut, lors du mouvement des Gilets Jaunes. Il raconte l’évolution des formes de manifestations et comment, ce jour-là, le maintien de l’ordre a sauvé les institutions.
  • Michaël – Brigadier-chef CRS, formateur à l’utilisation du LBD 40. Cette arme classée « non létale » initialement utilisée pour les violences urbaines fait désormais partie de l’équipement dédié au maintien de l’ordre. Quel est le cadre légal de son utilisation ?
  • Laurent Nuñez – Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner de 2018-2020. Il est au coeur des décisions stratégiques liées au maintien de l’ordre et de la décision de remettre en question les fondamentaux.
  • Michel Delpuech – Ancien préfet de Paris. Limogé en mars 2019 après l’incendie du Fouquet's, il est l’artisan des fameux DAR, les Détachements d’Action Rapide.
  • Préfet Didier Lallement – Nommé préfet de Paris le 21 mars 2019 par Christophe Castaner. Il incarne la ligne dure du nouveau « maintien de l’ordre ». Il met en place les BRAV-M, M pour moto, ces unités mobiles contestées. C’est la première fois qu’il s’exprime dans le cadre d’un documentaire.
  • Général Bertrand Cavallier – Retraité, ce gendarme, ancien directeur du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) pointe la responsabilité des politiques dans les choix stratégiques et dans le déni des violences policières. Il interroge l’État de droit.
  • Jean-Louis Yonnet – Commandant CRS à la retraite, il rappelle qu’il est rentré chez les CRS en passant le concours d’« officier de paix ». Un sacerdoce pour garantir les libertés fondamentales. Sa référence, l’article 12 de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen : une force publique « instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ». Il dénonce aussi bien la militarisation progressive des forces de l’ordre que le silence coupable des syndicats. 

Crédit photo © CPB Films

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