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Publié par Romain 02/10 10h00




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A voir ce mardi à 20h40 sur France 5, le documentaire inédit "L'école du soupçon".
 Un film qui selon le Monde se distingue à la fois par la rigueur de son propos et par les questions complexes et délicates qu'il soulève. Depuis plusieurs années, des dizaines d'enseignants ont été accusés de pédophilie. A tort pour les trois quarts d'entre eux, blanchis par la justice, "après de longues procédures, éprouvantes et parfois dévastatrices".



Dossier de presse :


Face aux affaires de pédophilie, et tout en voulant protéger les enfants, certains experts tirent régulièrement la sonnette d'alarme pour inciter les politiques, les médias et l'opinion publique à se garder de jugements hâtifs. Ce film se penche sur les dérives de la lutte contre la pédophilie et à leurs conséquences, notamment sur l'évolution de l'école. 


Mes élèves peuvent s'entre-tuer dans le vestiaire, je n'y entrerai pas, explique Bruno, professeur d'éducation physique. Je préfère être accusé de non-assistance à personne en danger que d'agression sexuelle sur mineur. Dans un cas, je pourrai me défendre, dans l'autre non."

Cet enseignant, victime d'un règlement de comptes de la part d'élèves et accusé à tort d'agressions sexuelles, exprime le sentiment de la plupart de ses confrères face aux accusations de pédophilie de plus en plus fréquentes.

"Ce fut une très mauvaise parenthèse dans ma vie", confie de son côté Vincent, instituteur de maternelle, accusé par une fillette, puis disculpé après deux ans de mise en examen. Depuis l'arrestation en 1996 du tristement célèbre Marc Dutroux, et l'adoption en 1997 de la circulaire Royal, qui impose le signalement au procureur du moindre "fait" suspect, les accusations de pédophilie en milieu scolaire se sont multipliées.

Si des coupables ont été démasqués, des centaines d'innocents ont vu leur vie brisée. Alors que ces agressions ont fait l'objet d'un déni en France pendant des années, l'affaire d'Outreau a montré, à l'inverse, comment la machine judiciaire pouvait s'emballer. 

La journaliste Marie-Monique Robin aborde les différents aspects des dérives de la lutte contre la pédophilie : la complexité des interrogatoires d'enfants, les recherches effectuées sur la parole de l'enfant, la situation dans d'autres pays (Québec, Belgique), les films de prévention et les fausses accusations qu'ils peuvent engendrer.

Pour le collectif Jamac, qui regroupe des enseignants accusés de pédophilie, il est nécessaire de "ne pas bafouer la présomption d'innocence, de prendre le temps de confronter la parole de l'enfant à l'expertise d'un spécialiste".

Aujourd'hui, les instituteurs en sont venus à éviter tout contact avec leurs élèves qui pourrait générer des sous-entendus, tout en essayant d’exercer leur métier le mieux possible.

Ainsi, sur l'île de la Réunion, Charles, professeur d'éducation physique accusé puis blanchi, dit avoir peur d'exercer son métier : "J'évite les sports de contact comme la lutte et le judo, mais ça remet en cause ma pédagogie."

En filigrane, c'est la question de l'avenir de l'enseignement que pose cette enquête. L'école de demain sera-t-elle celle du perpétuel soupçon, de la paranoïa ou de la confiance retrouvée ? 
( Stéphanie Thonnet, France 5 )



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Pat. 02/10/2007 10:08

En même temps que "notable, donc coupable", "enseignant, donc coupable"...