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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 18:07








Séries ...  Ton Univers Impitoyable !
Episode 2.03 - 'Fall Season'



 
Je revenais, lors de ma précédente chronique, sur les grèves qui paralysent toujours notre chère télévision américaine. A l’heure où quelques inédits résistants côtoient téléréalités, jeux et autres rediffusions, il est grand temps de dresser un premier bilan de cette saison apocalyptique, garantie sans spoilers je vous rassure.


 
Et je voudrais commencer par rendre un premier hommage. Oui, un premier hommage à ces scénaristes qui, dans leur dévouement et leur volonté sans faille, ont souhaité démarrer leur grève dès l’été dernier. Je ne fais evidemment pas allusion à Todd Slavkin et Gary Scott Thompson, scénaristes respectifs de Smallville et Las Vegas et plus fidèles défenseurs de la cause des scénaristes, puisqu’ils sont désormais en grève depuis plus de 5 ans à ce jour. Oui, ceci explique cela. Non, je parle bien de grands noms de la télévision américaine qui, par solidarité evidemment, ont décidé cette année d’infliger le pire à leurs shows respectifs afin d’exprimer leur colère. Et je peux vous garantir que le pari est réussi ! 


 
Tout d’abord, je passerais sur notre ami Tim Kring, scénariste d’Heroes, qui a lui-même reconnu que la deuxième saison de sa série était parfaitement ratée. Alors ça, c’est pas très gentil pour nous les chroniqueurs de nous piquer notre boulot ! On écrit nous des scénarios d’Heroes ? Vous me direz, pas besoin d’avoir fait l’ENA mais tout de même … Bon, il y a ensuite notre cher David E. Kelley pour Boston Justice, qui, par contrat, est obligé de rater une saison sur trois de ses propres séries et de virer la moitié du casting sans raison (une Kelleyrisation dans le jargon télévisuel). Le contrat était déjà parfaitement rempli pour Ally McBeal et il avait même fait un petit excès de zèle pour Boston Public en loupant carrément la moitié de la série. Le cahier des charges de cette quatrième saison de Boston Justice est donc respecté : 4 acteurs sur les 8 réguliers ont été congédiés, on ne se reconnaît plus dans le nouveau casting, les intrigues pataugent et Denny Crane n’est même plus drôle ! Gageons sur un retour aux sources pour la prochaine saison…


 
Continuons notre tour d’horizon avec Paul Scheuring, scénariste de Prison Break. Mais là, je ne peux pas être méchant. Non, ma déontologie m’interdit de me moquer des plus faibles. Et quand on voit le niveau dramatiquement mauvais de cette saison 3 qui n’a consisté qu’a faire de la recup’ de grosses ficelles de la saison 1, épurées et irréalistes tellement elles ont été utilisées jusqu'à moelle,  tout en les transposant dans un pseudo univers carcéral plus sombre, véritable sous-Oz pour la ménagère sans l’ombre d’une once d’originalité, on se dit qu’effectivement, se moquer de Prison Break, c’est pas déontologique ! 


 
Mais ne soyons pas mauvaise langue pour autant, tout n’est pas à jeter dans cette saison. Desperate Housewives nous a par exemple livré son meilleur cru, après une saison 3 calamiteuse, grâce à un casting merveilleux, des personnages drôles et tordus et des intrigues fraiches, émouvantes, rocambolesques, déjantées mais surtout irrésistiblement second degré comme elle savait si bien nous offrir à ses débuts. On y croyait plus mais Marc Cherry est parvenu à nous rendre le délicieux guilty pleasure qui nous avait tant manqué.


 
Mention Spéciale également pour 30 Rock, l’une des sitcoms du moment, brillante et atypique, grâce à l’interprétation extraordinaire de l’inénarrable Tina Fey et du majestueux Alec Baldwin et à la présence délirante de guest star comme Jerry Seinfeld, Eddie Falco ou Al Gore himself. Je pourrais également mentionner Damages avec Glenn Close, le thriller juridico-télévisé le plus exaltant qu’il m’ait été donné l’occasion de voir grâce à son casting époustouflant et son intrigue impeccable. Ces deux dernières séries seront à découvrir très prochainement sur Canal +. Je ne pouvais également oublier Ugly Betty pour ses intrigues totalement déjantées et bien evidemment Friday Night Lights, dont la saison 1 est certainement l’œuvre télévisuelle la plus aboutie, la plus émouvante, la plus prenante qui m’ait été donné l’occasion de voir ces dernières années. Si vous avez l’occasion de découvrir une nouvelle série pendant la grève, ne passez pas à côté de ce chef d’œuvre au ton juste, incroyablement réaliste et bouleversant. En un mot : unique. Mais puisqu’il est beaucoup moins drôle de dire du bien que de critiquer, je vous propose de passer maintenant aux nouveautés de cette année.
 



Et là evidemment, c’est tout de suite moins glorieux. Oui, car comme vous le savez, chaque année, les grands networks US nous sortent la grosse tendance de la saison, qui, chaque année on vous le jure, va être le carton assuré. Et chaque année, c’est un bide sans nom. Et vous vous demandez sans doute pourquoi. Et bien, Mesdames et Monsieur, j’ai la réponse. Et cette réponse porte un nom : Eddie Cibrian




Eddie-Cibrian.jpg



Oui, cet être maléfique, bien décidé à pourrir chaque année la rentrée télévisuelle, a encore sévi cette année. Mais il n’est pas à son coup d’essai, loin de là. Rappelez-vous, il y a 2 ans déjà, on nous promettait le grand revival Sci-Fi avec des séries comme Invasion, Surface ou Threshold. Mais c’était sans compter sur notre chat noir préféré, au casting d’Invasion. Résultat : le genre fait un flop. Saison suivante : c’est l’émergence du thriller avec Day Break, Vanished ou encore Kidnapped. Une tendance qui n’a pas échappée à Eddie puisqu’il lui portera le coup de grâce en rejoignant le casting de Vanished. Vous vous en doutez, le genre ne lui survivra pas. Cela en est trop pour les networks qui ont décidé, cette année, de diversifier les risques en lançant plusieurs tendances. Et l’une d’entre elles consiste à suivre le milieu de familles aisées avec des séries comme Dirty Sexy Money, Football Wives, Gossip Girl ou encore Big Shots.


 
Vous l’avez tout de suite remarqué : un intrus s’est glissé dans ma liste précédente, il s’agit evidemment de Football Wives, le fameux remake éponyme du soap anglais. Un remake qui avait été refusé par ABC après avoir été jugé trop trash pour le network. Et ça, Eddie il a pas aimé. Mais alors, pas du tout. Ainsi, après avoir pris conseil auprés de son grand ami Chuck Norris (avec qui il avait tourné ‘La colère du Tueur’ en 1998, oui un producteur avait eu l’idée de génie de réunir Chuck Norris et Eddie Cibrian dans un même film) une décision s’imposa à Eddie : il devait se venger d’ABC. Et celui que le tout-Hollywood surnomme désormais ‘Annulator’ n’y est pas allé de mains mortes ! Il décida tout d’abord de se venger de la tendance qui l’avait conduit à cette haine en apparaissant dans un épisode de la série Dirty Sexy Money, la nouvelle série de Greg Berlanti avec Peter Krause et Donald Sutherland. Une série sympathique, bon enfant, soigneusement écrite, mais loin du soap déjanté version ‘Dynasty des années 2000’ promis par le pitch. Mais qu’importe ! Une simple apparition et la série s’est effondrée dans les profondeurs abyssales de l’audimat.


 
Mais Annulator décida de ne pas s’arrêter là, son succès ne serait complet qu’après avoir crucifié sur le pavillon des audiences la nouveauté la plus regardée d’ABC : j’ai nommé ‘Samantha Who’. Une sitcom très girly, divertissante et remplie de bonnes intentions mais trop mièvre et bourrée de lieux communs, portée à bout de bras par la pauvre Christina Applegate qui use et abuse de mimiques en tous genres pour conserver le public. Mais autant dire que l’apparition d’Eddie lui a coupé la chique puisque la série ait passé de 15 à 6 millions de téléspectateurs en 3 semaines. Une situation toutefois inacceptable pour les scénaristes dont on murmure dans les couloirs d’Hollywood qu’ils auraient portés dans leurs revendications actuelles le fait de ne plus leur imposer le calamiteux Eddie Cibrian… Toujours est-il que si vous voulez que votre série soit un échec assuré, je vous conseille tout particulièrement le cocktail explosif Eddie Cibrian – Kristen Bell. Et oui, c’est qu’elle monte la petite Kristin. 3 ans d’audience risibles pour Veronica Mars, l’échec de Gossip Girl et la chute d’Heroes après son apparition. Le petit scarabée est certes encore loin de son maitre mais on lui voue toute notre confiance pour la suite ...


 
Revenons maintenant, plus sérieusement, au bon déroulement de notre rentrée avec une autre tendance, qui, espérons-le ne sera pas altérée par la présence d’Eddie Cibrian : celle des geek. C’est la deuxième grosse tendance de l’année et il faut avouer que celle-ci est bien plus réussie et fonctionne d’ailleurs bien mieux que celle des riches. Commençons par le meilleur exemple à mon gout, du coté de chez NBC, il s’agit de Chuck avec Zachari Levi et écrite par Josh Schwartz, le papa de Newport Beach.  Je vous en avais déjà parlé cet été, la série met en scène un geek anti-héros devenant espion de la CIA malgré lui après avoir mis en contact avec des informations top confidentielles. Il faut bien avouer que la série est totalement surréaliste et pas crédible pour un sou mais qu’importe ! Josh Schwartz parvient de manière légère et surtout très drôle à briser les codes de la série d’espionnage en mettant en scène ce pauvre Chuck dans des situations les plus folles les unes que les autres. Les personnages sont terriblement attachants, le mélange comédie/action est parfaitement dosé, bref, voilà enfin une série drôle, sexy, rafraichissante, divertissante, parfois émouvante mais surtout pas prise de tête et pleine de références tournées en dérision. Mon vrai coup de cœur de cette année et surtout un vrai plaisir à retrouver chaque semaine ! 


 
Je passerais rapidement sur la sitcom de CBS « The Big Bang Theory », une vrai sitcom de geek pour les geek, avec des personnages ringards stéréotypés à mort, du genre Beavis & Butt-Head, interprétée par un casting catastrophique et des blagues réchauffées mais arrangées, une fois de plus, à la sauce geek avec le genre d’allusions à Star Wars insupportables. Un cran au dessus, sans atteindre le nirvana, on retrouve Reaper sur la CW, une série avec un pitch ‘charmed-esque’ sur le modèle ‘démon de la semaine’ mais jouant la carte de la comédie et de l’auto-dérision. Une série donc sympathique, mais sans plus, portée à bout de bras par le génialissime et charismatique Ray Wise dans le rôle du diable. Je ne pouvais evidemment pas finir cette tendance sans parler de Pushing Daisies, la série-nerd de ABC. Si le show a confirmé mes craintes en proposant beaucoup d’intrigues unitaires, pas franchement innovantes et souvent très basiques, il faut reconnaître que l’univers Burtonnien, enchanteur et magique, fait de cette série un bijou d’originalité. Et cette période de disette, c’est suffisamment rare pour être souligné !


 
A ce point, vous êtes certainement en train de vous dire que cette chronique est déjà beaucoup trop longue, rassurez-vous, je vais l’écourter puisque je reviendrais lors de ma prochaine chronique sur les nouvelles séries que nous proposeront les network US à la mi-saison. Sauront-elles remplacer nos séries favorites privées d’inédits ? Rien n’est moins sur … Mais avant de vous quitter, laissez-moi tout de même rendre un ultime hommage à une série si originale, si déconnectée de notre temps et à la fois si avant-gardiste, qui est partit rejoindre le paradis des séries au bout de deux épisodes seulement. Je veux evidemment parler de Viva Laughlin, le thriller-musical de CBS, adaptation de la série anglaise Blackpool. Et rien que pour la scène où Hugh Jackman arrive dans son casino, en chantant ‘Viva Las Vegas’, en dansant sur les tables, cette série restera à jamais culte !



 


COLE.



 
Par COLE 21/01 - Publié dans : COLE 2008.
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