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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /Fév /2008 17:55











Edit : à lire, en complément, le livre " les deux orphelins, l'affaire Finaly 1945 1953" éditions Fayard, par Germain Latour .






Documentaire qui s'annonce passionnant ce soir à 23h00 sur France 3 :
"L'affaire Finaly".




Un film écrit par Alain Moreau et Noël Mamère. Réalisé par David Korn-Brzoza.




L’incroyable histoire de deux orphelins juifs, Gérald et Robert Finaly, dont le sort dans les années d’immédiate après-guerre va opposer juifs et catholiques, compromettre l’Eglise de France, inquiéter le Vatican et impliquer Franco, le dictateur espagnol. Un effarant fait-divers qui, en quelques années, va se transformer en affaire d’Etat… 




Interrogé par Nice matin, Noël Mamère dit s'être retrouvé  par hasard sur les traces des deux petits Finaly. Il était en train de monter un autre sujet, quand il est tombé sur un article d'Amalric dans Libération. "Il disait que des archives du Vatican avaient été découvertes, et qu'elles montraient que Pie XII était intervenu pour que l'Eglise ne soit pas mise à mal dans cette affaire. Cela m'a rafraichi la mémoire sur cette formidable histoire. J'ai eu envie de la raconter"




Le récit de l'histoire, par Noelle Corbefin (long certes, mais complet !) :



Février 1944 : Fritz Finaly et son épouse Annie, un couple de juifs autrichiens réfugié dans la banlieue de Grenoble, sont arrêtés par la Gestapo et envoyés à Auschwitz. Quelques jours auparavant, ils avaient réussi à confier leurs deux petits garçons, Gérald et Robert, à une amie proche, qui les fera recueillir par Antoinette Brun, directrice de la crèche municipale de Grenoble. Célibataire et proche de la Résistance, Mlle Brun cache déjà plusieurs enfants juifs dans une propriété près de Grenoble. C’est là qu’elle met les deux enfants à l’abri. 



Les époux Finaly ne reviendront jamais des camps d’extermination. Cependant, dès 1945, la sœur aînée de Fritz Finaly, qui vit en Nouvelle-Zélande, écrit à Mlle Brun en lui faisant part de son souhait de recueillir au plus vite les deux enfants. Dans sa réponse, Antoinette Brun indique qu’elle les a élevés et protégés comme ses propres enfants, allant même jusqu'à affirmer les avoir éduqués dans le respect de la religion de leurs parents. Cette assertion se révèlera être un mensonge éhonté, car, après s’être fait abusivement nommer tutrice, Mlle Brun a fait baptiser les deux frères. Trois années durant, les Fischer multiplient en vain les démarches pour récupérer leurs neveux, avant de s’assurer le concours d’un mandataire sur place. Ce sera Moïse Keller, un ancien résistant qui vit à Grenoble. Lors de sa première rencontre avec Antoinette Brun, celle-ci se montre agressive et d’un antisémitisme violent. Elle lui jette à la figure qu’elle ne rendra jamais les enfants, puisque, baptisés, ils appartiennent désormais à l'Eglise catholique ! 



Mandaté par la famille, Moïse Keller dépose plainte devant le procureur de Grenoble en janvier 1949. Cela fait déjà quatre ans que les enfants sont réclamés par les leurs. Il faudra trois années supplémentaires et quatre décisions judiciaires contradictoires pour qu’un tribunal se saisisse du dossier. Lorsque, en mai 1952, Robert et Gérald sont enfin interrogés par un magistrat, ils révèlent ne voir « maman Brun » que deux ou trois fois par an : en réalité, elle n’a fait que les placer d’école en internat ! 



Sept ans après la première démarche de leur tante, la justice ordonne à Mlle Brun de remettre les enfants à Moïse Keller. Mais Antoinette refuse et se pourvoit en cassation. C’est un tournant. Désormais, ce conflit qui l’oppose à la famille de sang, Antoinette Brun va le transformer en affrontement religieux. Son arme et son prétexte : le baptême des enfants.
Elle se confie à une religieuse amie, Mère Antonine, supérieure de la congrégation Notre-Dame-de-Sion de Grenoble. Pour les deux femmes, les deux garçons appartiennent désormais et pour toujours à l’Eglise...



A l’initiative de Mère Antonine, Gérald et Robert ont été expédiés en Alsace, dans une colonie de vacances. Les sachant en lieu sûr, elle demande audience au cardinal Gerlier, l’archevêque de Lyon, qui, malgré ses réticences et appuyé par le Vatican, prend le parti de la religieuse. Forte de ce soutien, Mère Antonine envoie aussitôt les enfants dans une folle cavale clandestine de collège en collège, d’Alsace à Paris, de Paris à Marseille…Les deux frères se sont volatilisés ! La police est impuissante ! 



Pour atteindre l’opinion publique, Moïse Keller fait appel au plus brillant avocat du moment, maître Maurice Garçon. C’est la bonne idée ! Fin juriste, académicien et catholique affiché, nul ne peut mieux que lui transformer un procès en affaire et une affaire en cause !
8 janvier 1953 ! Notables, curieux, journalistes locaux et envoyés spéciaux de la presse nationale et internationale se bousculent au palais de justice de Grenoble pour entendre plaider l’avocat. Le fait-divers est devenu une affaire ! Moins de trois semaines après l’audience, l’arrêt est rendu. La Cour requalifie la plainte en « crime de rapt » et renvoie Antoinette Brun en cour d’assises. Les magistrats demandent son incarcération immédiate. Elle est écrouée à la prison Saint-Joseph de Grenoble. Quand on lui demande où sont les enfants, elle répond encore : « Je préfère pourrir en prison que de révéler où ils sont ! »



L'endroit où sont les enfants, seule Mère Antonine le connaît, désormais seule aux commandes ! Quelques jours plus tôt, elle leur a fait quitter secrètement le collège marseillais… Commence alors une fuite éperdue vers le Pays basque, où ils seront cachés par des prêtres indépendantistes, et l’Espagne où Franco, dans un énorme bluff, tentera de les échanger contre des républicains réfugiés en France !
Il faudra attendre le 26 juin 1953 pour que Gérald et Robert repassent enfin librement la frontière, dans une voiture affrétée par le gouvernement français : le cauchemar de la famille Finaly est enfin terminé !




Selon le Monde,  écrit de manière vivante, ce film alterne finement des archives inédites et le témoignage des derniers protagonistes vivants, dont les deux frères Finaly.




Photo Robert et Gérald Finaly, copyright Program 33




Par Pascal 09/02 18h00 - Publié dans : France 3
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