Canal+ propose ce lundi 3 mars, en première partie de soirée, le documentaire "Je travaille mais je suis pauvre".
Un focus sur une réalité sociale de plus en plus installée : les nouveaux visages de la pauvreté en France.
Un film de Pascal Catuagno.
Jamais notre société n'a été aussi riche et jamais les travailleurs pauvres n'ont été aussi nombreux. Il y a quelques années encore, ils appartenaient à la classe dite "moyenne". Mais une
société de consommation plus agressive que jamais a fait chuter les plus fragiles.
Pourquoi et comment on en est arrivé là ? Le documentaire se présente comme une véritable radiographie de ce phénomène sociétal, de ces smicards et sous-smicards qui composent ce nouveau
prolétariat. A travers le parcours de plusieurs de ces personnes, qui n'auraient jamais imaginé appartenir à la France d'en bas, le film décrypte ce que des sociologues appellent le "descenseur
social" et dresse, avec l'aide de spécialistes, sociologues et responsables associatifs, le profil de ces travailleurs pauvres.
Selon le Figaro, les chiffres avancés par Pascal Catuogno sont accablants :
2,5 millions de personnes vivent en France avec moins de 800 euros par mois et plus de 600 000 personnes âgées avec moins de 610 euros. "Victimes du temps partiel, du surendettement, de la
hausse du coût de la vie. « Ce ne fut pas évident de trouver des personnes qui acceptent de parler à visage découvert, explique Pascal Catuogno. Elles étaient mal à l’aise face à leur misère.
Celles qui ont témoigné l’ont aussi fait pour s’ôter un poids, sortir ce qu’elles avaient sur le coeur. »
Tout au long du documentaire, sociologues, économistes, chercheurs au CNRS se succèdent pour apporter des pistes d’explication. Mais le constat est amer, et malgré quelques éclaircies dans le ciel
de Corinne et des autres, on comprend qu’il suffit de pas grand chose pour grossir les rangs des travailleurs pauvres. Comme l’explique Jacques Cotta, auteur de 7 millions de travailleurs pauvres
(Fayard), « tout le monde peut tomber dans cette pauvreté du travail. Il suffit d’un accident de vie, n’importe quoi, on est fragilisé et tout s’enchaîne »."