Samedi 3 mai 2008
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France 3 propose ce soir à 22h55 un documentaire de Francis Gillery, "La double mort de Pierre
Bérégovoy".
Pierre Bérégovoy s’est-il réellement donné la mort le 1er mai 1993 ? Plusieurs faits troublants et témoignages contradictoires ébranlent sérieusement la thèse officielle du suicide.
L’originalité de ce film réside également , selon France 3, dans le portrait tracé de Pierre Bérégovoy : un homme aux ambitions présidentielles intactes mais un homme gênant politiquement.
Présentation du doc. :
"Les faits — Samedi 1er mai 1993, 19h09… la nouvelle tombe sur les téléscripteurs des salles de rédaction. Cette
nouvelle va stupéfier et bouleverser le pays tout entier : « Pierre Bérégovoy a tenté de se suicider d’une balle dans la tête. » Pierre Bérégovoy avait quitté son poste de Premier ministre un mois
auparavant, suite à la victoire écrasante de la droite aux législatives.
Si la thèse de suicide n’est alors mise en doute par personne, il subsiste pourtant de nombreuses zones d’ombre. Malgré les demandes incessantes de Gilberte Bérégovoy, décédée en 2001, le rapport
d’autopsie n’a jamais été communiqué à la famille et aucune expertise balistique n’a été effectuée. Francis Gillery, le réalisateur, n’a d’ailleurs pas été autorisé à consulter le dossier
d’instruction ni à rencontrer la directrice de l’Institut médico-légal de Paris.
Le film met en lumière non-dits et incohérences et reconstitue la dernière journée du drame. Beaucoup d’éléments posent problème : la position du corps, l’arme soi-disant utilisée — un 357 Magnum
—, la nature, la trajectoire et le point d’impact de la balle, l’emploi du temps des dernières heures de Pierre Bérégovoy, ou encore les témoignages fantaisistes du chauffeur et du garde du corps
sur lesquelles reposent la version du suicide.
En outre, de nombreux témoins attestent que Pierre Bérégovoy n’était pas, comme l’ont décrit unanimement les médias, un homme « dépressif et brisé par l’exercice du pouvoir », mais un politique
prêt à se lancer dans d’autres batailles, notamment la présidentielle de 1995."
Francis Gillery s’est intéressé de très près à cette affaire dès 2001, lorsqu’il rencontre, dans le cadre d’une autre enquête, le commissaire Hubert Marty Vrayance, des Renseignements
Généraux, alors chargé de rassembler des éléments sur les circonstances de la mort de Pierre Bérégovoy. Celui-ci est aujourd’hui l’un des intervenants majeurs du film.
Francis Gillery a également recueilli en exclusivité les propos de Pascal Mornac, témoin direct des événements, qui était présent sur les lieux au moment du drame. Ce témoin n’avait encore jamais
parlé.
"Pourquoi Pierre Bérégovoy aurait-il été assassiné ? Le film revient sur les affaires qui ont agité le deuxième septennat de François Mitterrand et évoque l’affaire des Frégates de Taïwan.
Pierre Bérégovoy était alors ministre des Finances. Par petites touches se dessine, en filigrane, un portrait de Pierre Bérégovoy sur la fin de sa vie, sensiblement différent de celui véhiculé par
la thèse officielle. Un Pierre Bérégovoy inquiet et sous pression, mais pas dépressif…"