Numéro inédit de l'excellent magazine de Frédéric Lopez, "Rendez-vous en terre inconnue", ce lundi soir à 20h50 sur
France 2.
Après Charlotte de Turkheim et Bruno Solo, c'est Adriana Karembeu qui a eu le privilège de participer à l'expérience.
À 4000 mètres d'altitude, au Nord de l'Éthiopie, les Amharas sont à un tournant de leur histoire.
Dans un pays où l'école n'est pas obligatoire, certains découvrent que l'éducation peut sauver des vies. Pour cela, ils n'hésitent pas à lutter contre leurs propres traditions. Cette fois, c'est
Adriana Karembeu qui a accepté de suivre Frédéric Lopez en terre inconnue. Bandeau sur les yeux, elle s'envole pour une Afrique différente et secrète : les hauts plateaux d'Abyssinie. C'est là,
au Nord de l'Éthiopie, qu'Adriana Karembeu a rendez-vous avec les Amharas, les montagnards de l'Afrique.
"J’avais vu Muriel Robin, Charlotte de Turckheim, Patrick Timsit, et plus je regardais ces Rendez-vous en terre inconnue, plus
mon envie de vivre un jour cette aventure incroyable grandissait. Évidemment, quand mon tour est arrivé, j’étais folle de joie. J’étais vraiment impatiente de découvrir ce qui m’attendait. En tant
que mannequin, j’ai eu la chance de voyager énormément et de découvrir de nombreuses destinations, alors comment allaient-ils réussir à me surprendre ? Je ne redoutais rien, sauf le froid. Et, de
ce côté là je n’ai pas été déçue (rires) ! Dès la première journée, j’ai compris que j’allais être obligée de m’habituer aux énormes variations de température (ndrl, 30 degrés en journée et – 5 le
soir) : quelques secondes suffisaient à être congelé et malgré les vêtements prévus par la production, impossible de me réchauffer…"
Au sujet des contacts établis avec la famille qui l'accueillait, "Sissay a tout de suite été très à l’aise avec nous, alors que son épouse, Mengist, est restée très en retrait. Au départ,
j’étais persuadée que nous la dérangions et je n’arrêtais pas de le dire à Frédéric ! Puis, au fil des jours, elle est devenue plus souriante, plus proche de nous et j’ai alors compris que notre
présence l’avait certainement intimidée. Sa réaction est parfaitement compréhensible : elle n’a pas l’habitude de voir de nouveaux visages, et soudain, au beau milieu de la nuit, dans l’obscurité,
des étrangers arrivent dans sa maison et s’installent pendant quinze jours. La situation est pour le moins étrange, il faut l’admettre !"
"Comme tous les autres membres du peuple des Amharas, Sissay a été élevé dans le respect des traditions, il a
longtemps considéré le mariage arrangé et l’excision comme des principes irrévocables de son éducation. Puis, un jour, il apprend à lire, à écrire, il découvre les droits de l’homme, de la femme et
soudain, il remet en question sa vie, ses choix. Cet homme qui avait marié sa première fille, Moulou, à l’âge de 10 ans décide alors d’offrir un avenir meilleur à ses autres enfants en leur donnant
accès au savoir. C'est un pionnier ! Il a trouvé le courage de s’opposer à certains aspects de sa culture et, pour cette raison, il force le respect et l’admiration. Je garde le souvenir d’un homme
extraordinaire".
"On marchait dix heures par jour sur des pentes abruptes pour aller chercher de l’eau ou du bois et, à chaque pas, j’avais l’impression de manquer de souffle, d’être sur le point de m’écrouler. En
quinze jours, j’ai perdu six kilos ! Quand on voit Sissay et sa famille se déplacer avec autant d’aisance, on ne peut pas imaginer la difficulté de vivre quotidiennement à 4 000 mètres d’altitude.
Mais pour nous qui ne sommes pas habitués à ces conditions extrêmes, c’est une épreuve de chaque instant, un défi de tous les jours. Physiquement, c’est l’expérience la plus difficile que j’ai
vécue, et pourtant, je fais du sport, je participe à des rallyes dans le désert…"

Le moment le plus émouvant de son séjour reste pour Adriana sa rencontre avec Moulou. Un souvenir particulièrement intense. "Quand elle a appris que nous étions là, elle a fait une journée de marche avec son bébé dans le seul but de nous rencontrer et de nous confier son histoire.
Contrairement à Yekabanesh, sa cadette, elle n’a pas eu la possibilité de suivre d’études, elle a été "sacrifiée" au nom des traditions et contrainte de se marier alors qu’elle n’était encore
qu’une enfant. Je me souviens encore de son regard, plein de tristesse, au moment où elle évoque cette étape douloureuse de sa vie. J’étais bouleversée !"
Son pire souvenir ? "Ça peut paraître ridicule, mais j’ai été traumatisée par le fait de devoir étaler
de la bouse de vache fraîche au sol à mains nues. Pour Mengist, il s’agissait d’un geste naturel, essentiel même, puisque qu’ils l’utilisent – une fois séchée – comme combustible, alors que pour
moi c’était un acte rebutant. En visionnant les images, j’ai culpabilisé d’avoir eu cette réaction, mais sur le moment, le dégoût était tel que je n’ai pas pu me contrôler."
Propos recueillis par Sandra Lonchamp / Photos copyright DR.
Par Pascal 07/07
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Publié dans : France 2
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