Mercredi 30 juillet 2008
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Place 23 : GOSSIP GIRL SAISON
1.
Diffusion sur la CW le mercredi soir à 21h (Moyenne saison 1
: 2,57 millions de téléspectateurs) et sur TF1 à la rentrée en France. Renouvelé pour une saison 2.
Ecrit par: Josh Schwartz et Stephanie Savage.
Avec : Blake Lively, Leighton Meester, Penn Badgley, Chace Crawfort, Taylor Momsen, Ed, Westwick, Kelly Rutherford, Matthew Settle et Kristen Bell.
On a tous une amie fan des Frères Scott. Vous savez, cette amie, plus grande fan de Beverly Hills en son temps mais qui malgré son âge grandissant, ne peut s’empêcher de craquer pour chaque nouveau
teen drama. Mais le pire reste la justification infantile qu’elle donne quand on lui demande pourquoi elle est fan de cette série : ‘Chad Michael Murray, il est trop beau !’. C’est vous
dire l’importance que j’ai donné à son opinion quand cette dernière m’a conseillé de regarder Gossip Girl. ‘Si, si, tu verras, t’adoreras, la blonde est trop belle’ me glissa-t-elle
toutefois dans une tentative désespérée de me convaincre de regarder. Et là, mes amis, je dois avouer ma faute. J’ai cédé. Oui, il a suffi d’une soirée pluvieuse, Joséphine à la télévision, une
petite déprime et me voilà. J’ai craqué.
Au premier abord, je dois bien reconnaitre qu’elle ne m’avait pas menti. Blake Lively est effectivement magnifique en Serena, blonde sulfureuse et réputée pour ses excès en tous genres, qui fait
son retour dans l’Upper East Side après s’être exilée pendant 1 an pour d’obscures raisons. Une absence qui lui vaut évidemment d’être la risée de tout le monde. Y compris de sa meilleure amie
Blair, interprétée par Leighton Meester (pour ma part, je préfère les brunes), la diablesse du campus, garce et manipulatrice. Blair sortant avec Nate, le beau gosse de la fac, doux et naïf. Enfin,
le meilleur ami de Nate se prénomme Chuck Bass, un sale gosse de riche, puant, fourbe et calculateur.
Mais que serait cette joyeuse bande dorée sans la fameuse famille pauvre de basse société qui vient s’installer dans le quartier : les Humphrey. Enfin, pauvre, je m’entend. Une famille pauvre en
langage ‘Gossip Girl’ signifie tout de même posséder un coquet loft à Manhattan et envoyer ses gosses dans une école de riches. Mais passons. L’un des enjeux de Gossip Girl va donc être
l’intégration de cette famille dans l’Upper East Side. Intégration, là encore je m’entend. Teen drama oblige, ça passe forcément par des histoires de cul (bel et bien d’intégration si vous voyez ce
que je veux dire) puisque Dan, le fils Humphrey, va sortir avec Serena, la blonde sulfureuse. On en frémit d’avance.
C’est bien tout le problème de Gossip Girl, on attend que ça explose en permanence mais la série reste toujours gentillette, bien loin de son image sulfureuse. Mais où sont les schizophrènes ? Les
retours d’entre les morts ? Les cakes empoisonnés à la mort au rat ? Ah non, là je dérive … Il suffit de prendre en exemple la première intrigue de la saison, concernant le retour de Serena.
Ex-reine de la night dépravée, elle nous revient gentille et posée, limite gnan-gnan. D’entrée, on a bien les boules, et on se demande pourquoi Josh Schwartz n’a pas commencé sa série 2 ans avant !
C’est un peu comme si Friends avait démarré 10 ans après sa fin avec plein de flashback disant : ‘A l’époque, quand on vivait tous ensemble, qu’est qu’on rigolait ! Maintenant, avec tous nos
gosses, on se fait bien chier !’.

Mais revenons à nos moutons avec le retour de la dite Serena. Il se trouve qu’ayant disparu mystérieusement, et précédé d’une réputation peu glorieuse, elle devient la risée de son lycée, et
surtout de son ex meilleure-amie, l’impitoyable Blair Wardlof. On s’attend donc à une guerre ouverte sans merci entre les deux meilleures ennemies. Mais après 3, 4 épisodes, elles se réconcilient
et redeviennent inséparables avec des dialogues aussi profonds que ‘Oh oui, tu es ma meilleure amie pour toujours ! Et dire qu’on a failli se perdre ! Allez on se pardonne tout’. Avec une
telle intensivité dramatique, étonnant que Gossip Girl n’ait pas été nominé aux Emmy ... Que voulez-vous, c’est à n’y rien comprendre ! L’histoire entre Dan et Serena retombe également comme un
soufflé et ils deviennent un couple plan-plan et ennuyeux, franchement cucul, bien loin de la confrontation des classes annoncée, avec Serena qui ne cesse de pouffer de rire pour bien montrer
qu’elle est cool et gentille. Tout ça pour ça …
Bref, pendant une bonne moitié de saison, Gossip Girl patauge, ne trouve pas son rythme, c’est trop gentillet puis surtout c’est du déjà-vu et revu, à l’image de l’infidélité avec le copain de sa
meilleure amie. Et pourquoi pas l’ex meilleure amie qui revient pour semer la zizanie tant qu’on y est ? Ah, c’est fait aussi ? Tiens donc … En effet, la série n’invente strictement rien, que ce
soit en termes de scénario ou de narration, ce n’est rien que vous n’ayez pas déjà-vu. Grossomodo, Gossip Girl est un Beverly Hills huppé, plus jeune, un brin plus manipulateur, mais cela s’arrête
là. La vraie différence entre les deux séries, qui illustre parfaitement l’un des principaux défauts de Gossip Girl, est le fait que la série n’a pas assez de personnages.
Ainsi, dans des soap comme Melrose Place ou Beverly Hills, il y avait beaucoup de personnages indépendants, ce qui permettait de jouer sur plusieurs intrigues. Si l’on n’aimait pas une histoire en
particulier, il y avait toujours une histoire parallèle qui nous tenait en haleine. Tandis que si dans Gossip Girl, vous n’aimez pas l’intrigue principale, vous êtes mal barré dans la mesure où il
n’y a que celle-là. Si bien que la série manque rapidement de rythme, certains épisodes sont donc trop plats, trop light, à l’inverse du buzz généré par la série. Ce décalage entre l’image de la
série et sa réalité est d’ailleurs certainement l’une des raisons pouvant expliquer sa basse audience.
C’est presque comme si certains rebondissements étaient écrits seulement pour faire parler de la série. Ainsi, le coming out annoncé de l’un de ses personnages avait été largement promu par la
production avant la diffusion de l’épisode sous l’interrogation suivante : ‘Qui va faire son coming out ?’. En arriver là pour faire remonter l’audience, c’est tout de même navrant, on
croirait lire Closer ! Et ce, d’autant que le rebondissement en question est écrit à la truelle, insipide et maladroit. On n’avait jamais vu cela dans Newport Beach, encore moins dans Chuck.
Imposerait-on des intrigues à Josh Schwartz ?
Qui plus est, la voix off de Kristen Bell en Gossip Girl est particulièrement
agaçante tant elle vient casser le rythme de la série. Elle ne fait que répéter ce qu’on voit à l’antenne avec des phrases du genre ‘Ouh la la, Serena prend un verre de vodka !’. Ben merci
connasse, on l’avait bien vu ! Puis ce système d’espionne qui sait tout sur tout est poussé à outrance et devient ridicule ! Elle se débrouille parfois pour avoir des photos chocs de personnes qui
sont chez elles, seules, les fenêtres fermées ! En fait, Kristen Bell joue également une Heroes dans Gossip Girl avec ses pouvoirs magiques, elle peut prendre des photos à distance. Cela devient
parfois même pathétique comme dans le pilote quand Serena rentre dans une soirée où elle n’était pas invitée et là, instantanément, l’ensemble des participants à la soirée reçoit un texto et
tout le monde sort son portable en même temps en gloussant grossièrement. Non mais franchement !
Mais la matière première de Gossip Girl reste incontestablement ses personnages qui mènent les intrigues, et non le contraire. Et là, il y a du bon … et du moins bon. Commençons par le moins bon.
D’une part, le couple mielleux Dan / Serena reste certainement le principal défaut du show du fait qu’il confine la série dans son côté soft et gentillet et brise souvent la mécanique des épisodes.
Je passerais également rapidement sur l’horripilante Jenny, la fille Humphrey. Vous savez, la fille clichée qui essaye de s’intégrer en s’habillant et en parlant comme ses copines, et qui nous fait
une crise de larmes car elle ne peut s’habiller en Gucci. Oui, le pouvoir d’achat touche aussi Gossip Girl. Des claques je vous dis, des claques ! Malgré tout, je dois reconnaitre que sa guerre
ouverte avec Blair pour être la plus populaire est jouissive tant elles se font les pires crasses pour accéder au pouvoir.
Coté points positifs, je retiendrais deux couples qui apportent une vraie dimension à la série. Premièrement, le couple diabolique de la série Chuck / Blair, les Thénardier du show, un véritable
duo manipulateur et perfide comme on les aime à l’image d’Amanda et Peter dans Melrose Place. Si leur aura n’égale pas celle de leurs confrères de la série de Spelling, ils constituent tout de même
la caution soap de la série.
Enfin, Josh Schwartz avait déjà prouvé avec Newport Beach qu’il avait un penchant pour les histoires entre adultes. La storyline entre Lily et Refus, parents respectifs de Dan et Serena, est ce
fait très attendrissante, shipper mais attachante. Mais cela reste une exception dans la série. On a finalement l’impression qu’on a mis Gossip Girl dans les mains de Josh Schwartz sans que
celui-ci ne sache qu’en faire, qu’il ne peut imposer sa patte, totalement inexistante. Un comble ! La série souffre ainsi d’un problème d’identité en hésitant entre plusieurs styles. On reste trop
à la surface, avec des storylines trop conventionnelles. Le problème de la série est de n’être ‘pas assez’. Pas assez trash pour certains, pas assez romantique pour d’autres, pas assez drôle pour
les derniers. Dans tous les cas, on n’y trouve pas son compte. L’aventure Gossip Girl s’arrêtera donc là pour moi. A moins que .. Un soir de pluie, Joséphine .. Enfin, vous savez !
Meilleur épisode : 1.17 – ‘Women on the verge’
Pire épisode : 1.11 – ‘Roman Holiday’
Les points forts : Certains personnages sont hauts en couleur, fourbes et manipulateurs comme on les aime. Cela donne de juteux jeux de massacre sur un plateau d’argent, bien
qu’ils soient trop parfois ‘gamins’. Les intrigues chocs sont assez bien retranscrites à l’écran même si on a plus l’impression d’une recherche de buzz continuel pour faire monter l’audience de la
série.
Les points faibles : Un doux ennui doublé d’une sensation de travail non abouti, pas creusé persiste tout de même à chaque épisode. La série veut se faire passer pour celle qu’elle
n’est pas en cultivant une image trash alors que les épisodes sont souvent gentillets, plan-plan et surtout déjà vu et revu. Gossip Girl se contente de recycler et le comble est qu’elle recycle
mal.
Conclusion : Le soap est un genre tellement éculé et déjà abordé sous toutes ses formes que pour en réussir un nouveau il faut se démarquer, à l’image de Melrose Place en son temps
ou Desperate Housewives plus récemment. Le problème de Gossip Girl est de rester dans le strict cadre du genre, sans jamais en sortir, ni même en l’exploitant en entier. La moindre scène de la
série a déjà été vue et revue dans des dizaines de séries. On finit donc par s’ennuyer ferme, en dépit d’un léger sursaut en fin de saison. A l’image d’une autre série, Dirty Sexy Money, on a
toujours envie que la série aille plus loin, sorte des sentiers battus mais elle n’y parvient pas. Allez, courage Josh !
Rappel :
Place 30 : Nip Tuck saison 5. http://www.leblogtvnews.com/article-21392122.html
Place 29 : Dirt saison 2. http://www.leblogtvnews.com/article-21418804.html
Place 28 : Samantha Who ? http://www.leblogtvnews.com/article-21447786.html
Place 27 : Heroes saison 2 . http://www.leblogtvnews.com/article-21473042.html
Place 26 : Simpsons, saison 19 . http://www.leblogtvnews.com/article-21529250.html
Place 25 : Prison break saison 3. http://www.leblogtvnews.com/article-21552747.html
Place 24 : Weeds saison 3. http://www.leblogtvnews.com/article-21585545.html
AVEC LA PARTICIPATION DE :
Cole (Sérieslive)
Tao (Critikseries.com)
www.critikseries.com/
Par COLE 30/07
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Publié dans : COLE 2008.
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