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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /Sep /2008 11:54










Place 2 - DEXTER SAISON 1.




Places 30 à 2 : http://www.leblogtvnews.com/categorie-10250632.html




Diffusion
sur ShowTime le dimanche soir à 21h et sur Canal +/Jimmy (bientôt TF1 ?) en France Renouvelé pour une 3éme saison.

 




Produit et écrit par :
James Manos Jr.

 




Avec :
Michael C. Hall, Julie Benz, Jennifer Carpenter, Eric King, Lauren Velez, David Zayas et C.S Lee.

 




A la veille du numéro 1 de ce classement d’été, c’est l’incroyable Dexter que nous retrouvons en 2ème position. Mais qui peut bien avoir damé le pion à cette série si brillante ? Cela, évidemment, vous le saurez demain … En attendant, j’espère que vous ne me reprocherez pas, chers lecteurs, de ne pas avoir classer Samantha Who derrière ce petit bijou du câble américain. Je vous propose de revenir sur cette série que beaucoup d’entre vous attendaient dans ce classement et vous noterez qu’il s’agit là de la première saison, ayant découvert la série il y a peu de temps.

 




L’étonnant Michael C. Hall interprète donc Dexter, Dr. Jekyll et Mr. Hyde de la côte Est, puisqu’il est brillant médecin légiste le jour et serial killer la nuit
(ainsi que pendant ses RTT, il est important de le noter). Un pitch pour le moins atypique pour une série dite dérangeante. Et je dois vous confesser que c’est justement pour ce côté politiquement incorrect que j’ai jeté un coup d’œil à la série. Il est vrai que l’univers de Dexter est si particulier, glauque, oppressant et moite à la fois, qu’un temps d’adaptation est nécessaire pour adhérer pleinement à l’univers caustique de la série. Mais en dépit de son non conventionnalisme avéré, je ne trouve pas que la série soit si dérangeante que cela. Elle l’aurait effectivement été si Dexter avait été un tueur sanguinaire sans foi ni loi. Ce qui n’est pas le cas.

 




Et oui, Dexter n’est pas un simple serial killer mais un véritable vengeur masqué, Zorro hardcore, qui décime ses victimes selon les péchés qu’elles ont commis sans le moindre remord. Première qualité de la série : la cohérence. Et croyez-moi, ce n’était pas gagné d’avance. C’est bien simple, je n’avais jamais vu une série avec une psychologie des personnages aussi complexe, aussi creusée, aussi aboutie. Plus qu’une simple évolution, nous sommes conviés à un véritable voyage intérieur de cet étonnant serial killer, ses doutes, ses forces et ses faiblesses. A la fois torturé et redoutable, sur et douteux, simple et complexe, honnête et manipulateur, sa double personnalité, ou du moins sa façade et sa vrai personnalités se choquent et s’entremêlent mais tout en restant à chaque instant fidèle au protagoniste.




Ainsi, dans un épisode, Dexter s’attaque à un ado dont il comprend après que ses actes étaient justifiés. Quitte à prendre des risques, il n’hésite pas une seconde à le relâcher. De cette manière, on apprend à apprécier Dexter. Il tue mais a-t-il foncièrement tord ? Il personnifie finalement la petite façade noire que nous avons tous plus ou moins au fond de nous-mêmes. Qui aurait-cru que l’on pourrait s’identifier à lui ? Son personnage est jubilatoire tant, malgré le fait qu’on sache que son action est mauvaise, on meurt d’envie qu’il passe à l’action. Ainsi, quand il nous délecte d’une réplique du genre ‘On dirait que quelqu’un a fait chose de très méchant …’, c’est un plaisir que de savoir que le méchant va prendre une bonne leçon ! Dexter, le père Ingalls des serial killer ? Oui j’ai osé la comparaison …

 




Enfin, la véritable force de Dexter, et je salue encore les scénaristes pour leur travail d’orfèvre, est d’avoir crée un personnage non figé, qui se remet constamment en question, qui doute et essaye de surmonter ses faiblesses. Ainsi, Dexter n’est pas humain, n’a pas de sentiments ni de tristesse mais il en a conscience et aimerait en éprouver. De plus, la voix off de Dexter est une vrai bonne idée tant elle permet de mieux cerner l’évolution et les doutes du personnage … Et surtout quand elle est ponctuée de petites répliques acides qui pimentent le tueur à l’aspect introverti.





 






Le jeu du chat et de la souris qu’il mène avec le tueur de glace est lui-aussi brillant et judicieux, ponctué d’une touche d’humour et de thriller. Malgré tout, cette fameuse intrigue de l’ ‘ice truc killer’ reste en demi-teinte. Elle est certes un polar de très bonne facture avec son lot de rebondissements mais elle suit le cahier des charges du thriller traditionnel, ni plus, ni moins. Le début de la saison est d’ailleurs un peu mou, dû à mon avis à des épisodes trop longs, là où un format de 42 minutes aurait donné plus de panache à la série. Mais là où l’enquête devient géniale, c’est à partir du moment où l’on sait que le serial killer est le frère de Dexter. L’enquête bascule ainsi du polar conventionnel au thriller psychologique, domaine où Dexter rayonne, avec un jeu de séduction macabre et philosophique entre les deux protagonistes. Car oui, ne vous attendez pas à voir en Dexter une série criminelle bourrée d’action. La série reste avant tout une série intimiste qui, loin de sa réputation sulfureuse, se concentre avant tout sur la personnalité et les démons d’un seul homme.

 




De ce fait, on regrettera légèrement la conclusion de l’intrigue du tueur de glace. Alors que le dénouement avait été habilement amené vers la fin de saison (avec notamment une arrestation hilarante d’un faux suspect crasseux et stupide et un Dexter dégouté tant il l’imaginait avec plus de classe et d’intelligence !), l’action bascule d’une seconde à l’autre. A trop vouloir faire trainer l’enquête dans les premiers épisodes, on a eu le sentiment d’un final twist brûlant les étapes. Ainsi, même si la conclusion de cette éprouvante enquête est menée tambour battant de façon très efficace, on regrettera que la série bascule vers le policier presque pur avec une touche de folie à la psychose certes, mais un soupçon d’originalité supplémentaire aurait été le bienvenu.

 




La force de Dexter est également sa narration. Je vous parlais de la voix-off qui est évidemment l’âme de la série mais ça ne s’arrête pas là. La série s’est retrouvée confrontée au même problème que tous les autres shows avec un format identique : faire durer l’intrigue fil rouge pour qu’elle aboutisse lors du dernier épisode de la saison. Pour cela, qu’une solution : les stand alone. Mais le fait que la série lie ses intrigues unitaires à la personnalité de Dexter, notamment au travers des flashback sur son adolescence, fait que l’on a pas l’impression de suivre une série dissolue mais que bien au contraire, chaque histoire a son importance sur l’évolution de Dexter.  Qui plus est, ces petits crimes sont très bien foutus et parfaitement calibrés tant ils s’inscrivent dans la dure réalité de Miami. Il est ainsi beaucoup question d’immigration et de trafic de drogues dans la série, chose qui n’était pas évidente à l’origine tant la série est une pure fiction. Ces intrigues terre-à-terre très locales, sans excès ni excentricités, donnent à la série un côté réaliste et ne sont pas sans rappelé, à un autre échelon et dans un univers radicalement différent, la série The Wire sur HBO. Alors oui, les locaux de la police sont défraichis, les flics font des bourdes, les analyses ADN sont sommaires et prennent du temps. Mais qui croyez-vous le plus ? Dexter ou la mère Willows ?





Mais Dexter, ce n’est pas seulement son personnage. C’est aussi une ambiance. La spécificité du show est de créer une véritable atmosphère antinomique avec des couleurs lumineuses et moites qui viennent trancher avec la personnalité sombre du protagoniste. Le côté marécageux, limite poisseux, de la ville de Miami est superbement retranscrit si bien que l’on ressent parfois la chaleur écrasante qui confine volontairement la série. De plus, elle permet de donner à Dexter un côté vivant, plus ensoleillé qui la rend plus accessible. Une ambiance trop noire avec un personnage déjà très dark aurait été plus que lourde.

 




Enfin, vous l’aurez noté, je n’ai pour l’instant parler que du personnage de Dexter. Il n’est pourtant pas seul dans la série, parlons donc du casting. Et là, je dois dire que je suis assez déçu. Ne sortez pas tout de suite vos fusils d’assaut, je ne parle bien évidemment pas du magistral Michael C. Hall dont j’ai vanté les mérites tout le long de cette chronique. Si bien, justement, que face à une telle personnalité, les autres font pale figure. S’ils ne sont pas foncièrement mauvais, on dénotera tout de même un manque de charisme et de personnalité. A commencer par Julie Benz qui campe la petite amie de Dexter et qui est d’une transparence sidérante. Alors oui, vous allez me dire, c’est son personnage, c’est une femme effacée et meurtrit par la vie. Et certes, ses scènes avec Dexter sont très réussies tant ce sont deux êtres complètement déchirés qui réapprennent le mot ‘aimer’ de façon très maladroite. Il y a des scènes très touchantes comme quand Dexter essaye de cligner des yeux pour faire des larmes en regardant un drame avec elle. Mais dans le même style, Julia Roberts dans Erin Brokovich, envoie beaucoup plus. Je ne peux m’empecher de penser qu’on aurait pu choisir quelqu’un de plus punchy.





 







Continuons ce tour de table avec la pauvre Jennifer Carpenter, sœur de Dexter, qui a le profil d’une figurante d’un film de
Paul Verhoeven. Là, excusez-moi du peu, mais je la trouve carrément amatrice et vulgaire par-dessus le marché. Si son potentiel se réveille un peu en fin de saison, elle apporte une touche série B à la série qui lui nuit fortement. Enfin, dernier point noir, l’horripilant Erik King mais la j’avoue, c’est purement physique. Une simple vision de sa bouche satanique en cul de poule me fait faire des cauchemars. En dehors de ces trois acteurs litigieux, quelques bons points. D’une part, le duo Angel / Masuka, drôle et attachant, fonctionne à la perfection. Des flics qui apportent une vraie touche d’authenticité et d’humour à la série. Le vrai genre de personnage secondaire dont on n’imagine pas la série dépourvue ! Et d’autre part, l’excellente lieutenant LaGuerta, doté pour le coup d’un charisme ravageur.

 




Reste désormais à espérer que Dexter ne se venge de celle qui occupe la première place de ce classement. A moins que ce soit elle qui n’en fasse qu’une bouchée … Mais qui cela peut-il bien être ?

 




Meilleur épisode : 1.06  – ‘Return to Sender’

 

Pire épisode : 1.01 – ‘Dexter’

 




Les points forts :
Le premier point fort reste evidemment Michael C. Hall. Serial Killer inhumain de souche, légiste reservé de façade, il habite son personnage de façon presque inquiétante tant il retranscrit à la perfection sa psychologie, ses doutes, ses failles et ses faiblesses. Le fond, tout comme la forme, sont particulièrement soignés avec une enquête policière efficace et une atmosphère marécageuse singulière.

 




Les points faibles :
Au risque de faire la fine bouche et en dépit de son rythme parfaitement calibrée et de twist finaux réussis, on regrette une touche d’originalité supplémentaire dans le fil rouge, notamment dans sa conclusion. De plus, une partie du casting secondaire, tantôt amateur, tantôt transparent, fait pale figure face à la prestation magistrale de Michael C. Hall.

 




Conclusion :
Sans surfer sur la vague sulfureuse qui l’a précédée, Dexter est parvenu à instaurer un thriller psychologique et intimiste brillant, qui, à défaut d’histoires sanguinolantes, nous entraine dans le fort intérieur d’un personnage fascinant et torturé. L’évolution du personnage est palpable, minitieuse et reste cohérente tout le long de la saison. Passionant et jubilatoire.






 






Photos © Showtime Networks Inc


 

 

 

Par COLE 03/09 - Publié dans : COLE 2008.
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