Jeudi 2 octobre 2008
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En France, l’an dernier, 166 femmes sont mortes après avoir été battues, écrit le Parisien ce matin.
Face à l’explosion des appels de détresse, une nouvelle campagne choc de sensibilisation, révélée par ce journal, est lancée ce matin. Son slogan : Réagissez !
"Trois dessins décalés et grinçants qui paraîtront pendant deux mois dans la presse, assortis d’un message bousculant s’adressant aux femmes victimes d’un côté, aux hommes auteurs de l’autre,
mais aussi à la multitude de témoins muets et embarrassés."
Le Parisien écrit que l’injonction « Réagissez ! », commune aux trois messages, renvoie au 39.19, le numéro d’écoute lancé en mars 2007, et à un nouveau portail Internet dédié à toutes
les violences faites aux femmes.
L'animatrice Valérie Damidot (D&Co) livre son témoignage, à lire en intégralité sur ce
lien .
Extraits :
" Il y une vingtaine d’années, j’ai été battue par mon compagnon. Il m’a fallu deux ans pour le
quitter. Et pourtant, j’avais autant de caractère qu’aujourd’hui (...). Les femmes battues ne sont pas des femmes faibles. Souvent, elles sauvent les apparences pour cacher aux autres le drame
qu’elles vivent ".
"Lorsque tu es dans cette situation, tu mets beaucoup de temps à accepter que la victime, c’est bien toi et pas l’autre, se souvient la jeune femme. Au début, tu te dis que c’est de ta faute, que
tu as mérité la beigne qu’il t’a donnée. A chaque fois qu’il me battait, c’était par jalousie. Il trouvait que j’avais trop parlé à Untel... C’est bien connu, j’ai tous les hommes à mes pieds !
"
"La première fois qu’il t’en fout une, tu te révoltes, raconte Valérie. Tu te barres, tu te réfugies chez une copine. Puis il vient te chercher en pleurant, en te suppliant de lui pardonner. Alors
tu pardonnes. Et évidemment, ça recommence. Tu te mets à stresser, à te dire que tu as bien dû faire quelque chose pour le mettre dans cet état. Tu deviens la coupable… Tu n’oses plus en parler à
personne. Parce qu’en public cet homme qui te bat, c’est un homme charmant. En privé, il devient de plus en plus violent, de plus en plus fréquemment. Puis un jour, c’est la gifle de trop. Tu te
rends alors compte que ta vie est en danger et tu pars".
Par François 02/10 7h55
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Publié dans : Interviews Presse
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