Dimanche 5 octobre 2008
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Un documentaire
diffusé ce soir, tard sur France 3 (23h10), ausculte un problème de santé publique : la maltraitance de nos anciens. Un sujet signé Hervé Brèque qui révèle comment les
personnes les plus âgées de notre société sont parfois insultées, brimées, délaissées chez eux ou dans des institutions, et décortique les mécanismes qui permettent à ces situations de s’installer.
Il a fallu plus d’un an d’enquête et de nombreux recours à la caméra cachée pour réussir à filmer la façon dont sont traités nos parents ou nos grands-parents.
En France, en 2008, trois millions de personnes sont âgées de plus de 80 ans. Constat alarmant : plus de 600 000 d’entre elles seraient victimes de traitements dégradants. Afin d’illustrer ce sujet
encore tabou, le réalisateur Hervé Brèque a choisi de se pencher sur la maltraitance institutionnelle. Tourné en grande partie en caméra cachée, ce documentaire lève le voile sur des cas de
violence déguisée. Car il ne s’agit pas seulement de coups portés. Dans une grande majorité de cas, cette triste réalité se caractérise par des négligences, actives ou passives…
Ce documentaire apporte également une touche d’espoir en établissant que la maltraitance n’est pas une fatalité. Des pionniers prouvent actuellement qu’on peut s’occuper dignement des personnes
âgées, avec des méthodes simples, basées sur le respect, la tendresse et un personnel spécifiquement formé aux particularités du grand âge.
Hervé Brèque revient sur le tournage :
Certains faits méritent d’être connus. Il s’agit de montrer ce qui se passe quand les portes sont fermées, lorsque les familles, l’heure venue, quittent la maison de retraite, laissant derrière
elles leur vieux parent.
Filmer cette réalité n’a pas été chose aisée. Il s’agit d’un milieu trés fermé qui ne s’ouvre pas volontiers aux équipes de télévision.
Grâce aux soignants, nous avons pu retrouver la piste de maisons de retraite où se déroulent des faits de maltraitance. Mais, en raison d’une situation souvent précaire, la plupart ont refusé de
témoigner devant la caméra. Trouver des familles acceptant de parler s’est révélé tout aussi difficile : entre celles qui voulaient oublier et celles qui craignaient des représailles sur leur
parent toujours en établissement, il y avait peu d’espace ! Sans compter la dernière arme utilisée par les institutions comme principal moyen de défense : la culpabilisation des familles qui, « si
elles ne sont pas contentes, n’ont qu’à s’occuper elles-même de leurs vieux ». Résultat : les familles ont honte et se taisent. Or, s’occuper de personnes âgées, atteintes parfois de pathologies
lourdes et difficiles comme la maladie d’Alzheimer, nécessite de réelles compétences professionnelles.
Des professionnels, aujourd’hui, on en manque. Dans toutes les maisons de retraite, il n’y a pas d’infirmières en nombre suffisant. En guise d’embauche, les établissements recrutent des personnels
non qualifiés, qui, faute de diplôme ou en situation précaire, acceptent des salaires de misère. Or, le grand âge nécessite un savoir-faire particulier. Je pense que la maltraitance est très
clairement un problème de formation plus que de moyens. On peut être parfaitement pris en charge dans un établissement à 50 € par jour et être maltraité dans un établissement qui facture le double
!
Mon but n’est en aucun cas de démoraliser les familles dont un parent aurait besoin d’être placé en institution. Il s’agit plutôt de les alerter, afin d’être vigilants aux signes qu’il faut repérer
: des bleus sur les membres, ce n’est pas toujours normal, car toutes les personnes âgées ne « marquent » pas !
Mais, au final, je suis plutôt optimiste. On sent aujourd’hui un courant qui se repère facilement sur Internet, notamment via les forums de discussions. Beaucoup de soignants sont demandeurs de
conseils et de solutions. Sur le terrain, des formateurs comme Yves Gineste, que l’on découvre dans le reportage, sont là pour dispenser de nouvelles techniques, plus respectueuses des personnes
âgées. De petits gestes empreints d’humanité qui changent la vie des personnels et des résidents. (...) Selon les spécialistes, la France aurait vingt ans de retard dans la prise en charge du
quatrième âge ; cependant, au rythme des plans de formation des entreprises, tout ceci devrait peu à peu se combler.
Certes, il y a encore du pain sur la planche, mais les lieux de soins sont en train de devenir des lieux de vie."
Photo crédit Actual Prod /DR.
Par Equipe tvnews
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Publié dans : France 3
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