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Publié par Pascal 11/11












A découvrir ce mardi novembre à 20h50 sur France 2 : "14-18, le bruit et la fureur". Documentaire inédit mêlant images d'archives, films de propagande, et fictions. Réalisé par Jean-François Delassus. Ce programme pourrait trouver un large public si on se fie au succès du documentaire "Verdu, aux portes de l'enfer" diffusé mercredi dernier : plus d'1.7 million de téléspectateurs sur Arte.




Tout est loin d’avoir été dit sur la “der des ders”, sur l’histoire de cette immense tromperie, de ce gâchis infini. A travers le récit d’un soldat qui a traversé toute la guerre et qui parle aussi au nom de ses camarades, 14-18 le bruit et la fureur est un documentaire
réalisé à partir d’images d’archives, pour la première fois, restaurées, colorisées et sonorisées.




A rebours de la victimisation du soldat qui a longtemps prévalu, le propos de ce film est nouveau : la Grande Guerre a été entretenue par un consentement général. Ce sont des sociétés entières qui se sont jetées dans ce qu’elles pensaient être un combat de la civilisation contre la barbarie. Elles se sont ainsi engagées dans le premier massacre de masse moderne, sans avoir la moindre idée de ce qui les attendait.




En suivant les analyses d’Annette Becker, l’un des chefs de file de ce nouveau courant historiographique, ce film donne une vision neuve de ce conflit dont l’ampleur, la violence, le caractère total ont à la fois préfiguré et engendré les tragédies du XXe siècle.










Montage Olivier Martin. Narration Alexandre Astier. Avec la collaboration de Isabelle Rabineau. Consultants historiques Joëlle Beurier, Jean-Pierre Verney et Laurent Veray. Restauration et colorisation des archives Digital Graphics.




Annette Becker, historienne spécialiste de la Première Guerre mondiale, juge que la réussite principale de ce film réside dans sa capacité à expliquer la contradiction incroyable de cette guerre : "comment des hommes ont-ils pu souffrir autant et, pourtant, continuer pendant quatre ans à participer massivement à la guerre ? Une situation vécue et acceptée par tous les belligérants, sur toutes les lignes de front, des combattants aux civils sur le front domestique."(...)"Au sortir de la guerre, c’est le pacifisme et l’idée que l’on n’aurait pas dû la faire, tant elle avait été horrible, qui l’ont emporté. Comme une volonté d’occulter l’impensable, l’idée même d’avoir pu supporter cela aussi longtemps. Mais il faut se rappeler qu’au départ et pratiquement pendant toute la durée du conflit, nombre de belligérants, volontaires pour certains, consentants pour beaucoup, étaient résolus à faire cette guerre."








Concernant les documents de ce film, le réalisateur Jean-François Delassus rappelle qu' il n’existe aucune image authentique de combats durant 14-18 (il en a été presque de même en 39-45). Une caméra de l’époque ne pouvait pas suivre un soldat pendant l’assaut. Les images de combat, dont certaines sont vraiment proches de la réalité, ont été reconstituées pendant ou après le conflit.




"Nous utilisons ainsi des images d’un film allemand relatant la bataille de la Somme, qui a été entièrement mis en scène en Allemagne. Nous utilisons un film anglais qui a été le premier grand reportage de guerre. Mais vous trouverez là-aussi un minimum de mise en scène : soyez certain qu’il a été demandé à plusieurs reprises aux soldats de sortir des tranchées pour réaliser un champ contrechamp et que cela n’a pas été tourné le jour de l’attaque. Par contre, les images du retour du combat de blessés ou de soldats harassés sont authentiques. Enfin, j’ai gardé pour le générique de fin, un plan unique d’une minute vingt où l’on voit passer des cavaliers dont l’un d’eux est victime d’un obus et dont je suis certain qu’il n’a pas été mis en scène. Une perle dans des milliers de kilomètres d’archives. Ce plan est exceptionnel par sa longueur : les archives n’offrent que très peu de plans dépassant les quelques secondes. Je me suis évertué à conserver les plus longs pour qu’on puisse vivre des scènes et imaginer l’émotion vécue à l’époque".




"14-18 le bruit et la fureur a été réalisé à 90 % à l’aide d’archives. Mais pour exprimer ces moments très forts de violence absolue et intime, et dont Annette Becker analyse le processus, il nous a semblé nécessaire d’y inclure aussi des extraits de films de fiction sur la Grande Guerre (à chaque fois précisé). Quant aux images de propagande et aux images d’actualité, j’ai choisi de les montrer comme elles l’ont été pendant la guerre : elles apparaissent projetées dans des salles de cinéma ou identifiées par des cartons de l’époque. Le cinéma d’actualité était bien plus répandu qu’on ne le pense aujourd’hui. Les familles de soldats s’y pressaient pour suivre les nouvelles du front. Et il existait aussi à l’arrière front un cinéma aux armées, avec des projections régulières
".





A propos de la couleur : "Nous avons pris le parti de coloriser ce que notre narrateur avait lui-même vécu en couleur et de conserver ce qui lui a été étranger ou lointain en noir et blanc (par exemple ce qui se passe en Allemagne ou en Russie). Les images de propagande et d’actualités demeurent en noir et blanc. Avant même de nous atteler à la colorisation, il a fallu restaurer toutes les archives du film (chacun des trente spécialistes y ont travaillé à plein temps pendant plusieurs mois à raison de quatre secondes d’images par jour). La restauration/colorisation a été réalisée en Belgique par Digital Graphic qui a développé une nouvelle technique : elle a permis de coloriser assez finement en un temps record 65 minutes de plans de tous formats, jusqu’aux plans les plus dégradés. "




Photos copyright DR./
Propos recueillis par Clotilde Ruel




Commenter cet article

LE PAPE 27/11/2008 12:42

Je suis enseignante et voudrais montrer à mes élèves ce magnifique documentaire "Le bruit et la fureur" que je n'ai pas pu enregistrer. Où puis-je me le procurer? Ou existe t-il un site où je pourrais avoir accès au documentaire?

damien 24/11/2008 22:22

Superbe documentataire.Meme si les archives et les scènes de combats ont été pour beaucoup fimées après les événements ,il y a une scène qui parait authentique puisqu'elle se passe à l'arrière autour d'une distribution de "popote" à un groupe de soldats.Et voilà que parmis ces soldats je pense reconnaitre un grand oncle pour lequel je travaille son parcours militaire durant ce conflit.Malheureusement je n'ai pu voir sur les uniformes un N° de régiment (il appartenait au 150ème).La scène où je peux voir ce personnage est assez longue et en faisant arrêt sur image de grandes similitudes apparaissent.Les uniformes correspondent à la période de son vivant (il a été tué en Argonne en mai 1915) ainsi que le décore forestier (il était au bois de la gruerie).
Donc ma question est:Par quel moyen et par qui pourrais je avoir les informations de ce petit bout de documentaire (lieu et date) pour confimer ou non mes doutes.
je vous en remercie d'avance
cordialement
damien
 

lucy 15/11/2008 11:23

Peut-être savez-vous s'il est prévu un DVD de cet excellent documentaire ? Merci de votre réponse !

pas terrible 12/11/2008 15:37

excellent reportagemerci à ses auteurs 

Roger Gicquel 12/11/2008 10:54

Bravo à Jean François pour "Le bruit et la fureur" et à Madame Becker pour l'esprit de ce film et sa réalisation technique.Merci aussi pour toutes les précisions sur la provenance et l'utilisation des images qui montrent une volonté de transparence. Un film pédagogique qui rend la relation de ces évènements crédibles.Bonjour à Jean-François compagnon jadis d'une émission sur Denain et "les hommes du fer".

postik 11/11/2008 11:07

Vous ne signalez nulle part que c'est Alexandre Astier qui donne sa voix au récit.

Pascal - Equipe tvnews 11/11/2008 11:10


Nous n'avions pas l'info, je complète.


Fifi 11/11/2008 08:54

Prévu de regarder ça, mais je crains que les experts cartonnent encore sur tf1.

Eske 22/10/2008 15:03

Vu ce matin en projection presse.Il faut savoir que les images d'archives utilisées ne sont pas de vrais images de guerre. En effet, il n'y avait pas de caméras sur le front en 14-18. Les caméras venaient quelques jours après la bataille et retournaient des simulations (film de propagande).En plus d'avoir été recolorisées (de manière très réussie il faut le souligner), elles ont aussi été sonorisées. Et là, ça fait parfois "Panique au Village" (la série d'animation), ça sonne plutôt faux. Par contre, la voix off est évidemment splendide.

Thierry, Caen 21/10/2008 17:51

Des documents très rare à priori. A voir donc.

TLC 21/10/2008 17:21

Très interessant, merci la 2 !