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Lundi 15 décembre 2008











A suivre ce lundi et le 22/12 sur France 3, la série documentaire "La meilleure façon de cuisiner".




Ils ont entre 14 et 17 ans et, de la gastronomie française, ils ne connaissent rien ou pas grand-chose, certains ne sont même jamais entrés dans un restaurant. Ces adolescents ont pourtant fait le choix d’intégrer un lycée hôtelier pour préparer un BEP, le diplôme de base dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration.




Des entretiens de motivation jusqu’au stage de fin d’année, Gaël Leiblang, journaliste à l’agence de presse Capa et réalisateur de plusieurs documentaires pour France 3 — dont La meilleure façon de marcher —, a installé sa caméra pendant un an au sein du lycée professionnel René-Auffray, situé à Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, pour suivre ces élèves en première année de BEP.




50 % de filles, 50 % de garçons, mais 100 % banlieusards. Tous les élèves du lycée viennent du « 92 ». Pas du côté de Neuilly-sur-Seine, mais plutôt des quartiers de Gennevilliers, Asnières, Nanterre ou Clichy. Oublier les habitudes de la cité, apprendre la discipline et la hiérarchie, cette première année de formation est la plus riche en découvertes : reconnaître un fromage, goûter de nouveaux aliments, dresser une assiette, servir un plat, mettre un tablier… Pour tous, c’est le choc des cultures ! Mais l’enjeu est clair : passer en deuxième année de BEP. Tous ne réussiront pas…










Selon Gaël Leiblang, ce film est né de la convergence de plusieurs intentions et du hasard, puisqu'il a découvert le lycée hôtelier professionnel René-Auffray (Hauts-de-Seine) au cours d’un tournage, il y a deux ans, sur le concours du meilleur ouvrier de France (le MOF). "Nous suivions les épreuves théoriques des demi-finales à la Sorbonne, puis, le lendemain, les épreuves pratiques dans les locaux du lycée. Les candidats en lice se faisaient aider par des commis, élèves de l’établissement. La très grande majorité d’entre eux était issue de l’immigration : Egyptiens, Tunisiens, Turcs, Maliens, Chinois, Portugais, Mauritaniens, Serbes… Or, j’ai été surpris de voir que cette France de la diversité n’était pas représentée parmi les professionnels aguerris qui concouraient au prestigieux titre de MOF. Je me suis alors interrogé sur l’avenir professionnel de ces jeunes élèves débutant dans la restauration et l’hôtellerie. Que deviennent-ils après leur formation ? Finissent-ils tous dans des fast-food ?"




Parallèlement, il avait très envie de faire un film positif sur la banlieue et sa jeunesse. Ayant grandi à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), il voulait filmer cet univers qui lui tient à cœur, mais il n’avait pas encore trouvé l’angle original pour l’aborder. "Il fallait trouver l’endroit idéal pour tordre le cou aux caricatures actuelles : le jeune de banlieue ne vit pas dans un hall d’immeuble ni dans un centre pour délinquants, et encore moins dans une voiture de la BAC (brigade anti-criminalité)".




Les ados :

"J’ai eu un coup de cœur pour la moitié de la classe. Mais il y a la réalité du tournage. Avec Tarik, Farah et Florent, cela a été une affaire d’intuition, de feeling. Si j’avais été en classe avec eux, ils auraient été mes copains. Je les ai suivis avec leurs camarades en cours, mais aussi côté vestiaire. On les retrouve chez eux, avec leurs parents et leurs proches. Les familles offrent un contrechamp indispensable au film. Nos apprentis se mettent-ils en cuisine ? Donnent-ils des conseils à leurs parents ? Des moments de vie parfois très intenses comme lorsque Tarik rapporte sa première tarte aux pommes chez sa sœur".




Les profs :

"Comme dans La meilleure façon de marcher, j’ai pris le parti de montrer les profs comme des référents éducatifs et pédagogiques. Je ne les filme pas chez eux comme les élèves. M. Aubrée s’est révélé un excellent fil rouge et un professeur de salle hors norme. Un mélange du démonstratif Mr Keating (Robin Williams) dans Le Cercle des poètes disparus, de Peter Weir, et de l’instituteur pédagogue d’Être et avoir, filmé par Nicolas Philibert. Une preuve qu’il existe aussi en banlieue des profs formidables. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour M. Aubrée, son potentiel, son humanité, sa pédagogie. C’est tout naturellement que j’ai demandé à suivre sa classe. Puis Yves Lahaye, le professeur de cuisine, m’a été présenté. Plus jeune dans le métier (il est professeur depuis quatre ans, après quinze années dans le monde professionnel), il est un enseignant de cœur, aussi exigeant qu’humain. MM. Lahaye et Aubrée ont formé un duo très complémentaire, notamment dans la confrontation de leurs visions du métier, de leurs doutes et de leurs interrogations".




Photos :
1 - Sarah et son professeur de salle, copyright Julien Knaub / France 3.
2 - Mr Aubrée et Yves Lahaye, entourés de leurs élèves, copyright Julien Knaub / France 3.




Par François 15/12 7h15 - Publié dans : France 3
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