Mardi 17 février 2009
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France 2 propose une nouvelle soirée spéciale Faites entrer l'accusé,
animée par Christophe Hondelatte.
A 20h35, ce mardi 17 février, programmation d'un numéro inédit : "Romain Dupuy : les infirmières de Pau".
Le 18 décembre 2004, à 6h30, les corps sans vie de deux infirmières de l’hôpital psychiatrique de Pau sont retrouvés dans le pavillon où elles étaient de garde. Lucette Gariod et Chantal
Klimaszewski ont été égorgées, et même décapitée pour la seconde. Sa tête a été posée sur la télévision. La France est bouleversée par le drame. Et cette affaire au fort retentissement politique va
se trouver à l’origine d’une nouvelle loi sur l’irresponsabilité pénale. Pour Faites entrer l’accusé, Philippe Cholet et Dominique Tauziède de la PJ de Pau ainsi que le procureur de Pau, Eric
Maurel, reviendront sur cette enquête qui a bénéficié d’importants moyens.
Jusqu’à ce qu’un coup du sort trahisse le coupable. Le 29 janvier 2005, un homme est arrêté pour tentative de meurtre sur des policiers lors d’un contrôle de routine. Il s’appelle Romain Dupuy. Il
a 21 ans et est un ancien patient de l’hôpital psychiatrique où il a fait trois séjours pour schizophrénie. Son ADN le confond. Romain Dupuy est bien le meurtrier des deux infirmières. Mais est-il
responsable de ses actes ? Peut-il être jugé ? C’est le début d’une farouche bataille d’experts. Elle durera deux ans.
Pour le Dr Jean-Claude Chanseau, le jugement de Romain était seulement altéré au moment des faits ; ce qui le rendrait accessible à une sanction pénale. Face à lui, huit psychiatres estiment que
son jugement était aboli. Parmi eux, Roland Coutanceau qui nous expliquera pourquoi Romain ne peut être tenu responsable de ses actes. Marie-Claire Dupuy, la mère de Romain, reviendra avec
Christophe Hondelatte sur la descente aux enfers de son fils, sur ces années durant lesquelles elle a appelé au secours sans être entendue des psychiatres, ou des services sociaux. Mais du côté des
familles des victimes, la maladie de Romain n’atténue en rien l’horreur de son geste. Elles veulent que Romain Dupuy soit jugé. Et leur requête trouve un appui au plus haut niveau de l’Etat.
En août 2007, le président de la République Nicolas Sarkozy intervient dans le débat et demande la tenue d’un procès. La polémique enfle : faut-il juger les fous ? Malgré la pression politique et
médiatique qui s’exerce sur cette affaire, le juge d’instruction tranche et décide d’un non-lieu psychiatrique. Les familles de victimes font appel et, le 7 novembre 2007, une audience s’ouvre à la
Cour d’Appel de Pau afin de décider si Romain Dupuy est accessible à un jugement d’Assises.
Son avocat, Me Christian Saint-Palais, et ceux des parties civiles, Me Yves Darmendrail et Me Elisabeth Toujas-Lebourgeois, reviendront sur ces trois jours d’audience marqués par le récit délirant
de Romain. Le 14 décembre 2007, au grand dam des familles des infirmières, le non-lieu psychiatrique est confirmé. Le double-meurtrier ne sera jamais jugé.
A 22h15 : Débat. Que faire des criminels fous ? Qu’est-ce qui distingue un psychopathe d’un criminel fou ? Des experts peuvent-ils se tromper ? Peut-on, doit-on juger les fous ? La prison est-elle
une solution pour ces malades mentaux dangereux ? Faut-il réformer l’hôpital psychiatrique pour qu’il puisse les accueillir ? Comment protéger la société des actes de récidive ?
Christophe Hondelatte mènera ce débat en compagnie de victimes de malades mentaux, de familles de criminels fous, de juges, de psychiatres experts, de gardiens de prison.
Intervenants au débat :
> Georges FENECH. Député UMP (2002-2008), rapporteur de la loi relative à la déclaration d’irresponsabilité pénale.
> Christophe REGNARD. Juge d'instruction à Nanterre, président de l'USM (Union Syndicale des Magistrats).
> Daniel ZAGURY. Expert-Psychiatre au centre psychiatrique du Boisde- Bondy.
> Eric DUPONT-MORETTI. Avocat, barreau de Lille.
> Dominique RIZET. Journaliste, Le Figaro Magazine.
Témoins participant au débat :
> Michel TRABUC. Fils de Germain, victime de Joël Gaillard.
> Ariane RIBBENS. Fille d’Alain, victime de Djordje Dragic.
> Anne MENGUY. 1ère surveillante à la Maison d’arrêt de Fleury- Merogis.
Photo copyright Jacques Pimentel / France 2.
SOURCE FRANCE 2.
Par François 17/02 7h30
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Publié dans : France 2
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Soeur d'une schizophrène.
Si un malade arrête son traitement, il éprouve une sensation de bien-être mais de courte durée puisque très vite les angoisses et les sentiments de persécution reviennent.
Le cannabis sur des personnes schizophrènes aux personnalités fragiles provoquent un embrasement psychique, comme lorsqu'on met de l'essence sur l'herbe et qu'on enflamme.
Tout le monde connaît la dangerosité de Romain Dupuy. Comment être sûr que s'il est confié aux médecins, il ne sortira pas un jour, sans continuer de se soigner et en fumant du cannabis. Il a déjà interrompu ses traitements à plusieurs reprises. Il y a nécessité absolue à ce que la justice conserve un oeil sur lui et puisse mettre des mécanismes de sécurité en place. Beaucoup de schizophrènes ne se soignent pas et fument du cannabis, le jour où ils auront une bouffée délirante, il vaut mieux ne pas croiser leur chemin.
Lorsqu'une personne souffre d'un cancer, elle peut ne pas vouloir se soigner. L'entourage ainsi que les médecins vont tout faire pour le faire changer d'avis mais on ne peut pas obliger un malade à se soigner. Dans le cas d'une pathologie mentale sévère, on est obligé de prendre une décision à la place du malade afin qu'il ne soit pas livré à lui même.
LA FOLIE EST L'AFFAIRE DE TOUS.
Romain Dupuy consommait du cannabis à haute dose (10 joints voir plus) ce qui engendrait chez lui une sorte de mélancolie qui le poussait à fumer encore plus.
Le cannabis à doses élevées peut virer au délire provoquant des hallucinations et aller jusqu'à l'état maniaque occasionnant des bouffées délirantes aïgues avec agressivité et décisions irréfléchies s'étalant sur plusieurs jours. L'occultation ou l'exagération d'une partie des effets du cannabis et de ses abus alimentent tous les fantasmes (pour ce malade, il avait des fantasmes de décapitation sur les femmes ). Juste avant de tuer, il a fumé un joint facilitant ainsi le passage à l'acte. Les effets du cannabis sont très proches des symptômes de la psychose et la maladie se déclare souvent au même âge que la consommation et il est difficle d'imputer clairement ces troubles à l'une ou à l'autre. Un malade mental fumera du cannabis pour soulager sa souffrance morale même s'il le calme aggravera les troubles débutant de la maladie qui ne se serait jamais déclarée.
Romain Dupuy nourissait un ressentiment à l'égard des soignantes du CHP et était décidé à régler ses comptes avec eux. Il ne se voyait pas malade et jetait ses médicaments en fumant à nouveau des joints. Lorsqu'il était sous traitement, il ne délirait pas. Au tribunal il a dit: " il m'avait tellement drogué que je pouvais à peine parler. Il ne supportait pas ses hospitalisations et considérait l'hôpital à une prison.
Face à un fou armé d'un couteau qui se jette sur 2 femmes
dans l'intention de tuer que voulez-vous faire si ce n'est
d'amplifier la violence du tueur. L'homme devient violent quand
il sent qu'il perd le contrôle.
Le schizophrène incorpore dans ses délires des évènements
réels dans ses hallucinations et des situations qu'il a vécues, la
difficulté de différencier le rêve de la réalité, l'acceptation de
voir la réaction de cause à effet.
Il reste toujours une part de liberté dans la tête du dément
et de quoi juger même la personnalité la plus fatalement
engluée dans l'aberrant. Les expertises psychiatriques ne
sont que des hypothèses.
Si le psychiatre décèle chez son patient de l'aversion voir
de la haine envers quelque chose ou quelqu'un, il peut
renforcer ce sentiment et ensuite le persuader de se débarasser
de la personne ou de l'objet qui le gène. L'influence du psychiatre
nourrit l'aversion du patient qui âgit. Le malade agit très souvent
après son passage chez le thérapeute pour démontrer à ce dernier
ce dont il est capable pour faire peur.
Si le patient est fragile et que le traitement est inadéquat le sujet
va libérer son agressivité par des actes impulsifs surtout avec la
prise de cannabis.
A 10 ou 11 ans, Romain Dupuy dessinait des corps décapités,
éventrés, sanguinolents.
Il embroche un lapin, fait exploser des pétards dans la bouche des
poissons rouges. Il torturait de petits animaux.
Tous ses dessins refletaient les scènes de crime.
Sa mère était dépressive. Il avait avec elle une relation exclusive
personnelle laissant peu de place au père.
C'est probablement quelqu'un qui a passé son enfance dans une
cellule familiale avec un père absent (il était militaire).
La mère peut empêcher le père de jouer son rôle, elle risque d'en faire
alors son enfant dans cette bulle fusionnelle de l'empêcher d'évoluer de
s'individualiser. Cette attitude peut entraîner l'enfant dans des développements
pathologiques:
- évolution vers des psychoses infantiles ou adultes.
-cela peut entrainer des comportements pervers ( homosexualité, sadisme )
Il a développé un lien obsessionnel une dépendance excessive vis à vis de sa mère
qui s'est transformé en une sorte de pulsion sexuelle inappropriée, ses premières jouissances devaient consister à faire souffrir de petits animaux
et je crois que maintenant c'est devenu un adulte pertubé par sa sexualité.
Ses relations féminines sont de courte durée, avec des partenaires elles-mêmes
en grande difficulté à l'exception de la première, Cindy. Lorsqu'elle se sépare
de lui, il en est malheureux et se réfugie dans une consommation importante
de cannabis.
Au lieu d'affronter ses propres souvenirs et de les accepter, on dirait
qu'il s'est réfugié dans ses délires sataniques paranoîaques.
J'ai relevé ce commentaire concernant le double meurtre de Pau d'une personne ayant assisté aux autidions comme moi, il mérite la réflexion.
Si vous aviez assisté à ces auditions, vous auriez compris que c'est pas le malade qui a tué mais le drogué. Après une rupture amoureuse, il y a quelques années, il s'est mis à se droguer massivement là il avait réduit mais bon, il n'en est pas moins un gros consommateur. Il consommait 10 joints par jour minimun et avant de passer à l'acte, il en a fumé 2 pour se donner du courage. Dans quel état était-il à votre avis avec ce qu'il avait dans le sang? Il avait acheté pour 150 euros de drogue la veille de substances qui sont psychoactives. Qui ne connait pas les effets de prises massives et régulières de drogue à long terme! N'est-il pas responsable de son comportement agressif de la modification de la persécution qu'il a de l'extérieur! Etre devenu insociable.
Des hallucinations si elles ont bien existé? 1 drogué sur 5 développe des maladies mentales comme la " schizophrénie ". Mais ces gros drogués sont impliqués par leur propre toxicomanie. Pour moi Romain Dupuy et il y a de multiples preuves est conscient des conséquences de ces actes. Plusieurs fois il s'est caché pour éviter d'être pris (avant de passer à l'acte et après). Lorsqu'il a pénétré dans le bâtiment, il a vu de la lumière dans le couloir (c'est lui qui a donné les détails), il s'est caché, une dame lui a demandé ce qu'il faisait là, il a hésité un moment puis il s'est jeté sur elle.
Alors comment peut-il être totalement inconscient de l'acte aux moments des faits et être conscient qu'il risquait la prison. Les psy qui l'ont vu en premier n'ont pas entendu d'idées d'extra-terrestres, bizzare non!
La parano dont-il faisait preuve après avoir tiré sur des flics était logique. Il avait assassiné deux personnes et encourait la perpétuité. Je pense que l'avocat général a travaillé avec la défense pour arriver à convaincre qu'il était totalement irresponsable. Mais cette audience ne me paraissait pas neutre et honteusement déjà jouée. La vérité sera enfouie par de la lâcheté.
Vous ne connaissez du dossier que ce que les médias vous ont apporté. Attention au côté spectaculaire qui grossit volontairement tout. L'acte est joué et tous les types de criminels le sont aussi, pourtant, le psychopathe, le serial killer, le pédophile par une pulsion incontrôlable, tout ce beau monde va en prison.
Pour moi Romain Dupuy est un psychopathe averti des failles de la psychiatrie. Il veut éviter la perpet et préfère quelques mois d'internement en hôpital psy. A Cadillac, il a vu des malades assassins sortir au bout de 6 mois, il a compris la recette. Pas si fou...
A travers certains témoignages, j'ai appris malheureusement qu'il y avait des personnes profondément mauvaises, des gens qui veulent du mal. Une pointe de jalousie diffuse mais bien réelle. En critiquant l'autre, c'est sans doute eux-mêmes qu'ils évaluent. Jugez l'autre, nous évite d'affronter nos difficultés.
IL Y A TOUJOURS DES C... POUR SE REJOUIR DU MALHEUR DES AUTRES.
Le témoignage de cette infirmière m'a profondément choqué, je cite:
Que faisait ces deux soignantes pour être surpris par Romain Dupuy, ne pas le voir venir, alerter? Elles dormaient peut-être sur leur lieu de travail? Est-ce bien professionnel? Je trouve honteux le comportement des familles de ces soi-disant soignantes! Je dis soi-disant car quand on dort au lieu de surveiller ou aider les patients que l'on a en charge cela s'appelle pas soignant mais incompétent et/ ou je m'en foutiste. Romain Dupuy n'a surement pas choisi ses victimes par hasard. Surement parmi celles qui l'on le plus humilié ou négligé.
les déclarations de cette personne sont injustifiées, comme celle de cette autre personne qui donnait raison à cette soignante en disant:
Que les personnels effectuant un travail de nuit s'empressaient de droguer les malades la nuit pour avoir la paix.
J'attire l'attention que les malades hospitalisés dans un pavillon de gériatrie sont souvent atteints de démence, de la maladie d'Alzeimer et que les comportements liés à ces maladies sont accentués la nuit c'est pourquoi, on leur donne des somnifères pour qu'ils passent une nuit paisible.
SI LA CERVELLE VIDE DE CERTAINS POUVAIT ETRE REMPLIE COMME LEUR ESTOMAC, J'EN SERAIS RAVIE. JE TREMBLE A L'IDEE DE CE QUE JE POURRAIS REPONDRE SI JE LES AVAIS EN FACE DE MOI.
Elles soignaient des malades avec dévouement jusqu'à leurs derniers jours car elles aimaient le contact avec les vieilles personnes. Si elles ne s'intéressaient pas aux autres, elles n'auraient jamais fait ce métier et si elles ont choisi cette voie, ce n'est pas le fruit du hasard. Leur présence auprès des malades était d'un grand réconfort et elles étaient dôtées d'un grand professionnalisme pour nos aînés. C'est un travail de titan que de s'occuper au quotidien de ces malades et heureusement qu'il existait des personnes comme Lucette et Chantal pour les comprendre.
Elles faisaient des choses pour les autres, sans raison, sans calcul. Elles accueillaient l'autre tel qu'il était. Elles savaient écouter avec leur coeur et prenaient le temps qu'il fallait pour redonner un semblant de vie à ceux qui l'avait en partie perdue. Cette chaleur humaine qui rayonnait dans leur coeur et ce sourire que l'une et l'autre avait et qu'elles donnaient sans compter à ceux qui en avaient besoin.
Lucette était une personne de coeur et d'une gentillesse exceptionnelle. Chantal était une personne très calme qui ne se mêlait jamais des affaires des autres et entretenait de bonnes relations avec tout son entourage.
A travers ce témoignage, je rends hommage à ces deux mamans décédées tragiquement pour simplement changer les choses faire en sorte que la vie soit moins injuste, envoyer des messages de tendresse à ceux qui en ont le plus besoin, car la souffrance des familles des victimes est aussi la mienne. Mon parcours dans le milieu hospitalier m'a permis de me rapprocher des personnes en souffrance et j'ai toujours eu de la commisération pour les gens malheureux.
Soeur d'une schizophrène.
LE CORPS MEDICAL CONNAISSAIT CE PATIENT.
COMBIEN DE GENS ONT ETE EN DANGER DEPUIS LE DOUBLE MEURTRE?
Certains individus incarcérés peuvent plaider la folie pour échapper à la prison.
A ma connaissance tous ceux qui commettent des crimes ont eu à un moment ou à un autre une bouffée délirante facilitant ainsi le passage à l'acte.
Comment faire la différence avec un vrai malade.La psychiatrie n'est pas une science exacte et les experts psychiatres n'émettent que des hypothèses au risque parfois de se tromper car si un malade sent qu'il a un pouvoir sur le médecin, il peut aussi le manipuler.
Il n'est pas question de juger les fous. La justice doit garder un oeil sur un malade mental dangereux car demain, il peut très bien agresser un des notres. Ce que beaucoup de gens ignorent c'est que les placements en UMD ne sont pas des mesures définitives car dès que le malade est stabilisé, il rejoint l'hôpital psychiatrique proche de son domicile. Juste avant le passage de Romain Dupuy à la chambre de l'instruction de Pau en (nov2007), le 7 octobre 2007, Guislain Yakoro a tué sa mère à l'arme blanche. Il bénéficiait d'une permission de sortie de l'UMD de Cadillac. Un homme au passé psychiatrique très lourd. Il avait assassiné son co-détenu à la maison d'arrêt de Gradignan c'est pourquoi il avait été orienté vers l'UMD.Concernant Romain Dupuy, la procédure veut qu'il soit pris en charge dans l'une de ces unités (UMD) 420 places. Il en existe 4 en France. Le nombre est relativement peu important quand on sait qu'il faut environ attendre 7 mois pour un placement et que le nombre de malades augmente considérablement. Le retour de ce malade est décidé par un psychiatre et une commission.
Il est évident qu'ayant tué des soignants de son unité d'origine le placement de ce patient devient hautement problématique.
Qui se soucie du sort des victimes?
Je ne m'autorise aucun jugement, juste un constat. En cas de rupture d'un traitement et si le malade consomme de la drogue ou de l'alcool, il peut être extrêmement dangereux.
Témoignage du frère de Lucette Gariod:
Lucette se confiait-elle sur la difficulté de son métier, sur la peur éventuelle qu'elle pouvait éprouver?
EL. Pas du tout.Partout où elle a travaillé en région Parisienne comme à Pau,elle se dévouait. C'est un métier ingrat qu'on ne peut exercer sans passion. Elle avait été en poste dans des services différents. Elle avait choisi le milieu psychiatrique d'abord auprès des polyhandicapés, mais les malades étaient trop durs à contenir. Elle est partie en gériatrie, parce qu'elle aimait les personnes âgées. Elle aimait son métier, elle aimait aider les autres.
C'est toute une famille originaire de l'Aisne, installée en partie dans la Marne, qui est plongée dans le désarroi.
Frère de Lucette Gariod.
Lucette avait le don de communiquer de l'optimisme à son entourage. C'était une personne de coeur et elle a eu l'occasion de mettre en valeur ses qualités personnelles. Elle savait travailler en équipe tout en menant un projet personnel à terme et a recueilli les fruits de ses efforts pour réaliser son rêve celui de s'occuper des personnes âgées. Elle était d'une gentillesse exceptionnelle et savait appréhender n'importe qu'elle situation tout en comprenant les êtres et les choses en nouant des relations intéressantes. Elle savait mettre les gens à l'aise. C'était quelqu'un de remarquable et possédait une grande expérience. C'était quelqu'un de bien, une femme comme on en rencontre peu et on pouvait compter sur elle en toute circonstance.
Témoignage d'une aide-soignante collègue de Lucette.
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Un lien prouvé avec la schizophrénie
En revanche, les liens entre le cannabis et un trouble psychologique important tel que la schizophrénie sont plus préoccupants. Une étude récente, menée sur plus de 50 000 appelés suédois, soulignait ainsi que la consommation de cannabis chez les jeunes peut entraîner l'apparition de cette maladie mentale : le risque serait augmenté de 30 % chez un fumeur de joint. Une autre publication souligne que la schizophrénie apparaîtrait d'autant plus facilement que le consommateur est jeune. Mais ces études ne prouvent pas de manière formelle le lien entre cannabis et schizophrénie. Selon les scientifiques, il serait essentiellement préjudiciable chez des personnes déjà psychologiquement fragiles, et pourrait n'être qu'un "révélateur" d'une schizophrénie plus ou moins latente. Difficile donc de faire la part des choses.
Gare à la descente…
Une autre étude soulignait quant à elle les liens entre cannabis et dépression. Ces travaux australiens ont été menés sur plus de 600 collégiennes. Ils ont montré que la consommation quotidienne de cannabis était associée à un risque cinq fois plus important de souffrir d'anxiété et de dépression. Une prise hebdomadaire multipliait les risques par deux. Or il semble que la consommation de cannabis favorise bien l'apparition des troubles et non l'inverse : les étudiantes qui débutaient une dépression ou souffraient d'anxiété n'étaient pas plus enclines à fumer des joints. Curieusement, les liens entre cannabis et dépression ou anxiété semblaient moins avérés chez les garçons.
Si la consommation occasionnelle ne semble pas extrêmement nocive, une prise régulière pourrait entraîner des risques de développer des troubles mentaux. Il faut donc être particulièrement vigilant chez les jeunes et les personnes psychologiquement fragiles. Si, bien qu'interdit par loi, vous êtes un consommateur de cannabis et que vous ressentez des troubles de l'humeur ou de la personnalité, n'hésitez pas à consulter votre médecin. Ne mettez pas votre santé mentale en jeu pour quelques minutes de plaisir !
Propos de Roland Coutanceau (psychiatre criminologue)
A l’une des questions soulevées par ce drame : "Peut-on évaluer une dangerosité criminologique ?", notre invité répond : "Je pense que l’on peut le faire mais c’est difficile. Aujourd’hui encore, beaucoup de psychiatres craignent, en disant que certains de leurs patients sont potentiellement dangereux, que l’opinion publique puisse penser qu’un fou, en général, est dangereux. Or, la réalité est que 95 % des schizophrènes ne sont pas du tout dangereux. On les gère très facilement dans nos unités, et même, ils sont dans leurs familles".
Bonjour! je suis étudiante en soins infirmiers en fin de deuxième année. Je viens de tomber sur votre site, et j'ai pour l'instant essentiellement lu les témoignages, qui, certains m'ont fait sourire. En effet souvent revient le thème formation psy "contre" DE. Mes parents sont infirmiers psy et moi je passe bientôt le DE et aimerais travailler en secteur psy. L'autre jour mon père a été muté dans un service et le soir, quand il est rentré je lui ai demandé ses impressions sur sa nouvelle équipe, il m'a répondu: " c'est pas mal mais c'est très "DE".." sur quoi je lui ai demandé ce qu'il entendait par là.. "ben, le matin elles disent bonjour mais font pas la bise. Et puis elles passent des heures à remplir parfaitement les dossiers mais ne sont finalement jamais avec les patients!". Ma mère a rajouté: "faut pas leur en vouloir les pauvres c'est ce qu'on leur apprend à l'école, elles font ce qu'elles peuvent". J'ai pris parti de rire de ces réflexions mais s'en est suivi une discussion sur ma formation et sur mes cours de psychiatrie où je pense que la formation infirmière n'est pas assez longue pour tout apprendre et c'est à nous de nous documenter, de nous renseigner, de nous intéresser à la spécialité qui nous attire. Nous sortons avec des bases et c'est à nous de les faire fructifier. Pour la petite anecdote, un ami isp de mes parents me dit chaque fois qu'il me voit "ça va? toujours le bourrage de crane à ton école?"... De plus, ce qui m'agace fortement c'est quand j'entends dans les services "généraux" après que avoir dit mon désir d'aller travailler en psy: " oh c'est dommage t'aurais fait une bonne infirmière" (...) ou encore " oh la la quelle horreur!! tu devrais y aller dans quelques années sinon tu vas tout oublier (gestes techniques)". J'ai beaucoup d'arguments à leur répondre mais parfois une lassitude me prend et je réponds tout simplement que c'est ce travail là qui me plait un point c'est tout. Chers élèves infirmiers, nous ne sommes pas au bout de nos peines mais il faut apprendre à relativiser et à tout prendre avec le sourire!
Blandine Ponet exerce comme infirmière dans un hôpital psychiatrique. Titulaire d'un DESS de psychopathologie clinique, elle participe et anime des ateliers de lecture de poésie dans le cadre de son activité professionnelle et à la médiathèque de Toulouse. Elle mène une recherche depuis de longues années sur le métier d'infirmière en psychiatrie.
« Travailler en psychiatrie. Cest-à-dire construire, ou plutôt labourer, retourner le sol, ne pas sarrêter. Travailler. Ou le contraire : parce que tout est déjà là, comme offert, il ny a pas à chercher. Il suffit seulement davoir le regard éclairci. Alors travailler en psychiatrie : ne pas avoir peur de retourner le sol de soi-même pour garder le regard éclairci.
Travailler. Ne pas avoir peur de retrousser ses manches. Ne pas avoir peur de prendre le balai ou de faire la vaisselle. De se salir les mains. Dutiliser des outils.
Psychiatrie. Ce mot existe-t-il encore ? La psychose et la schizophrénie ont-elles été définitivement dissoutes dans le morcellement des symptômes du DSM IV ?
Travailler en psychiatrie. A première vue, léchange est faussé, décalé, inégal, et on a plus souvent limpression quil est à sens unique et que les patients vous vampirisent.
Travailler. En premier accepter de reconnaître ce décalage que fait sentir la dissociation. Ne pas le recouvrir des oripeaux sociaux de la « relation soignant-soigné ». Le découvrir plutôt. Dénuder le lien à lextrême.
Ainsi commence le travail. »
Blandine Ponet
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Pas toujours raisonnable mais j'assume!
C’est vrai que c’est un monde à part. Je suis arrivée à me familiariser avec tous les petits bruits qui meublent le silence, ceux qui m’inquiétaient au début et dont je suis capable d’identifier l’origine à présent. Je les ai apprivoisés. Nous travaillons dans un système 3 x3 ce qui constitue un rythme de travail supportable, tout du moins qui me convient. Depuis janvier dernier nous travaillons (enfin !) en équipes décalées. Auparavant les équipes étaient constituées de binômes immuables ; à présent nous faisons deux nuits avec un(e) collègue, une nuit avec un ou une autre ; les personnels de jour suppléant aux absences des congés qui nous sont accordés. Nous sommes soit deux infirmiers(ères) soit un(e) infirmier(ère) et un(e) aide-soignant(e) pour une unité de 27 lits sur un seul niveau, en rez-de-chaussée d’un bâtiment de trois étages. Je trouve cela plus intelligent de faire la première nuit avec un(e) collègue qui était là la veille pour la continuité des soins, et davantage supportable de ne pas travailler toujours avec la même personne. Même si l’on s’entend bien (ce qui est loin d’être systématiquement le cas) avec son ou sa partenaire de travail, on ressent moins l’usure du « vieux couple » que l’on finissait par constituer au fil des mois.
Ma nuit se déroule ainsi : d’abord avant de partir de la maison, je commence à y penser…. Je me recentre, je me demande ce que je vais découvrir, je me « dôme » comme pour me protéger afin de mieux affronter ces dix heures à venir. Ça provoque quelquefois une sensation de trac qui disparaît sitôt assise dans la voiture pour y aller. Nous prenons notre service à 21 heures. Je suis rarement arrivée après 20 h 45, l’anxiété sans doute. Passage de consignes, pas toujours facile à obtenir car les collègues d’après-midi sont fatigués où préfèrent continuer leur conversation en cours (leurs enfants, le sac à main vu dans la vitrine etc). Une fois qu’ils sont partis nous devenons les seuls capitaines du navire. J’ai le sentiment d’un changement quasi immédiat dans l’atmosphère du service. Les patients semblent le ressentir eux-aussi ; leur comportement se modifie presque toujours instantanément. C’est possible de leur parler, de les laisser dire leur journée, leurs projets, leur humeur, leurs craintes ; nous avons le temps, comme vous le dites. Préparation des traitements de nuit que certains sont pressés de prendre pour aller se coucher ; les autres les prennent de façon échelonnée jusqu’à 23 heures environ. Pendant que les derniers patients présents finissent de regarder les émissions de télé (souvent nulles) tout en commençant à s’endormir dans les fauteuils ; ou que d’autres fument leur dernière cigarette de la journée dans la salle fumeurs, nous entamons l’accomplissement des tâches administratives qui nous incombent : feuilles de présences journalières, commande de repas etc. Vers 23 h 30 nous préparons les plaquettes de médicaments pour le lendemain, et si l’on est mercredi, nous effectuons la commande de pharmacie hebdomadaire. Entre temps nous avons parcouru les DSI (Dossiers de Soins Infirmiers) et DPU (Dossiers de Patients Uniques) ainsi que l’agenda et le rapport journalier pour prendre connaissance des écrits de nos collègues sur les patients et les consignes particulières y afférant.
J’ai omis de parler de la première ronde, très importante : celle qui nous permet de vérifier que tout le monde est bien là ; de compter « nos ouailles » ; de vérifier que portes et fenêtres sont bien fermées ; de se présenter aux entrants de la journée non encore endormis ; de voir si ça va. Régulièrement nous avons des surprises à tous ces niveaux. J’ai eu des frayeurs rétrospectives en m’apercevant un jour d’hiver qu’une porte donnant sur la cour extérieure n’était pas fermée à clef alors qu’était hospitalisé un patient atteint d’Alzheimer à ce moment là, qui passait son temps à « clencher » les issues…… comment aurions-nous fait pour le retrouver, vivant, dans le parc en pleine nuit glaciale après plusieurs heures ? Panique aussi quand on s’aperçoit qu’il manque un patient dont l’absence n’a pas été signalée par l’équipe d’après-midi. Rien d’écrit nulle part. Nécessité de chercher, d’informer l’administratif de garde……. En général il suffit de faire ça pour que le patient réintègre l’unité dans la demi-heure qui suit, tout surpris de notre inquiétude car il avait prévenu de son retard…… défaut de transmission. On enrage contre les collègues dans ces moments là. Et il faut rappeler l’administratif de garde sans charger ces derniers ; il faut passer l’erreur humaine sous silence, solidarité…
Nous préférons toujours que nos deux chambres d’isolement soient déjà occupées à notre arrivée, car si leur surveillance est obligatoire toutes les heures, en général les patients qui y dorment sont « sédatés » et posent rarement de problème. Il n’en est pas de même des admissions et mises en isolement la nuit. Ce sont rarement des situations calmes et faciles : Patients qui nous sont amenés menottés avec forte escorte policière et qu’on nous lâche, sans s’inquiéter du petit nombre que nous sommes…… Je ne m’étendrais pas sur ce sujet car il y aurait tant à dire sur chaque situation vécue. Heureusement qu’il y a une certaine solidarité et encore la présence de quelques hommes dans les équipes de nuit. Ils sont souvent appelés à intervenir ailleurs. Ils en ont marre et je les comprends. Et pendant qu’ils interviennent dans une autre unité nous restons seules dans les nôtres. Et demain, qu’en sera-t-il ?
Et il y a eu l’affaire de Pau en décembre dernier. J’étais en vacances à cette période là. J’aurais préféré travailler pour en parler aussitôt avec les collègues, exorciser tout de suite les démons. CA AURAIT PU M’ARRIVER …. Impossible de ne pas y penser. Quand je vois le téléviseur du service j’imagine souvent ma tête posée dessus, avec le sang qui dégouline. La peur n’évite pas le danger et la vie continue pour ceux qui sont toujours debout. Le triste sort de ces deux collègues parviendra-t-il à changer quelque chose au destin de la psychiatrie ? Rien n’est moins sûr. Je pense à elles souvent. J’y pense fréquemment aussi quand je vois la posture de mes collègues qui dorment profondément à plat ventre sur leur lit bricolé, dans le noir…… quelle belle cible pour un couteau. A
Lorsqu'un malade parle de se qui le persécute, c'est qu'il est sur le point de passer à l'acte. S'il a été capable de raconter la nature de ses fantasmes ( décapitation sur des femmes ),la personne qui le soigner a minimisé cet état de fait et ne l'a pas pris au sérieux.
Les schizophrènes sont des gens qui souffrent mais qui font aussi souffrir les autres.Seuls ceux qui ont vécu des drames familiaux avec ces malades peuvent comprendre l'étendu des difficultés que représentent cette maladie.Ce n'est pas parce que l'on cotoie un schizophrène qu'on en devient.La très grande majorité ne savent rien de cette pathologie et jugent à la hâte des choses qui font peur.Souvent les gens ont des réactions bizarre face à la maladie car ils ont peur de l'attrappée.
Pour moi les meurtriers doivent être jugés et seuls ceux qui présentent une pathologie mentale doivent être internés en psychiatrie pour y être soigné mais il faut une décision médico-judiciaire.
Comment est ce possible??? Comment une personne,autant déséquilibré soit elle, peut s'adonner à un acte aussi barbare, aussi sauvage, aussi inhumain??? Comment???????
Cet établissement, je le connais pour y avoir fait 3 stages... Nous flippions le matin lorsqu'on arrivait à 6h30 pour traverser le parc jusqu'au pavillon dans lequel nous étions affectés. C'est immense, les pavillons sont dispersés, il y a très peu d'éclairage dans le parc, il n'est pas fermé, on peut en entrer et sortir de toute part, sans être inquiété...
Cet acte de barbarie arrive quelques mois après la menace de suppression de 54 postes dans cet hôpital. Ils tournent toujours à effectif réduit alors que les risques sont présents, comme partout... Mais qui s'en inquiète? Le ministre, quand un meurtre survient... Dans 2 jours, il l'aura oublié...
A quelques Km de chez moi, dans un endroit où j'ai fait tous mes stages de psy, ça fait froid dans le dos...
Quelle horreur !!! On ne pense pas que cela puisse arriver...
Voilà, une pensée pour elles, pour leur proches collègues et leurs familles...
Lucette et Chantal étaient seules pour surveiller une quarantaine de patients dans ce pavillon de psycho-gériatrie. La souffrance que j'éprouve à l'égard de ces deux soignantes me laboure le coeur et le ventre. Je suis très peinée d'avoir lu des propos calomnieux concernant leur travail. Leur sérieux et leurs compétences professionnelles ont fait l'unanimité autour d'elles. Pour les personnes qui pensent que la nuit est calme dans un pavillon de gériatrie, je leur conseille de lire le commentaire ci-dessous même si je n'en suis pas l'auteur.
La nuit et les pratiques professionnelles
« La nuit conjugue la facilitation et le respect du sommeil [des patients] avec la vigilance et le professionnalisme des travailleurs de nuit ».
A. Les attentes et les besoins du patient
Les attentes du patient la nuit sont différentes de celles du jour, notamment parce que la nuit aggrave la solitude et leurs inquiétudes : « la nuit est bien souvent facteur de détresse pour les malades ». Le travail de nuit diffère donc intrinsèquement de celui du jour. Ainsi Pedro Meca considère que « le jour, on soigne la maladie ; la nuit, on soigne le malade »
La nuit, les infirmiers doivent répondre à quatre types de besoins :
- donner des soins techniques en fonction de l’état de santé et de la pathologie du patient,
- effectuer une surveillance clinique du patient répondre à ses besoins physiologiques,
- faire face aux interrogations, aux angoisses du patient.
De nuit, les infirmiers doivent donc veiller sur le sommeil du patient, le rassurer et être disponibles.
Le sommeil
La nuit est considérée comme le temps dévolu au sommeil. Le travail de nuit, qui tourne autour du patient, doit favoriser son sommeil. Ceci implique non seulement de travailler dans l’obscurité et le silence, mais aussi de proposer à certains patients insomniaques des soins adaptés : somnifères, tisanes apaisantes ou accompagnement spécifique.
Le sommeil est au centre des pratiques infirmières nocturnes. Marie-Anne Gallet considère six aspects du sommeil qui doivent être mis en avant pour en préserver la qualité :
- le sommeil doit être introduit, préparé : il est important que les infirmiers communiquent sur leurs actions pour rassurer les patients (« je viendrai à …h vous donner… »),
- le sommeil doit être ritualisé : les infirmiers doivent respecter les habitudes des patients pour qu’ils se sentent rassurés et puissent s’endormir aisément,
- le sommeil doit être sécurisé : les patients doivent savoir que quelqu’un veille régulièrement sur leur sommeil, qu’ils peuvent toujours faire appel à un infirmier, quels que soient leurs besoins, - le sommeil doit être confortable : un meilleur endormissement est à ce prix,
- le sommeil doit être accompagné dans le réveil : un patient ne doit pas être réveillé brusquement, sinon il sera complètement désorienté et, sachant ce qui l’attend au petit matin, son sommeil s’en trouvera perturbé,
- le sommeil doit être contextualisé par une bonne communication entre les équipes infirmières de jour et de nuit afin de personnaliser le traitement du patient : ainsi, la réduction des insomnies des patients passe par une meilleure coordination avec les soins et les activités de jour.
Le rôle principal de l’infirmier de nuit est donc de favoriser l’endormissement des patients et de respecter leur sommeil. Cette préoccupation n’a pas seulement des répercussions sur la santé des patients qui guérissent plus rapidement, mais aussi sur leur ressenti par rapport à leur environnement : la nuit à l’hôpital est souvent vécue comme un environnement hostile et la présence des infirmiers de nuit doit rendre cet espace plus accueillant et rassurant. Un bon sommeil du patient est le signe d’une certaine réussite des infirmiers à créer une impression de sécurité pour les patients.
Un besoin de sécurité
La nuit est en elle-même porteuse de représentations insécurisantes : naturellement, l’homme n’est pas adapté à la vie de nuit. Le fait qu’il ne voit pas dans l’obscurité renforce son sentiment de peur et d’insécurité face à un monde qu’il ne semble pas pouvoir domestiquer. Ce sentiment est exacerbé pour les patients hospitalisés, puisque immobilisés, ils se sentent à la merci de tout. Le travail de l’infirmier de nuit est donc avant tout de rassurer les patients, de leur faire comprendre qu’il veille sur leur santé.
La nuit est aussi un moment où les troubles du comportement des patients déments s’aggravent. Il s’agit donc de mettre en place des dispositifs permettant de contrôler ces comportements, par exemple en prévoyant des barrières aux lits. Enfin, les infirmiers de nuit sont aussi chargés de sécuriser le bâtiment en lui-même afin de ne pas laisser aux patients la possibilité que leur problème soit ignoré : par exemple, un malade insomniaque aura tendance à sortir de sa chambre la nuit, l’infirmier est donc chargé de vérifier les recoins du bâtiment hospitalier au cas où cette personne aurait eu un accident. La responsabilité des IDE est très grande en la matière
Dans cette affaire, les familles des victimes n'étaient pas là pour faire payer au monde entier tout ce qui les font souffrir mais pour que l'on prenne les mesures adéquates pour protéger la population. Il n'y avait pas de désir de vengeance.
LEUR DOULEUR A EUX EST A VIE.
Pour la première fois depuis le drame, les familles des victimes ont pu mettre un visage sur celui qui a commis ces crimes abominables. Romain Dupuy a raconté le déroulement des faits et leur contexte affirmant être sujet à des hallucinations et avoir âgi en " état délirant ".
On fait mieux son deuil lorsqu'on a des réponses aux questions que l'on se pose.
Pardonner ce serait comme réussir à tourner une page délicate et douloureuse. Sans rancoeur, ni rancune. Je ne crois pas les familles des victimes capables de le faire. Ils sont restés très dignes jusqu'à la fin de l'instruction. On ne peut pas leur demander d'avoir de la compassion pour quelqu'un qui a bousillé leur vie.
L'accompagnement d'un individu dangereux doit-être suivi d'un travail thérapeutique pour lui apprendre à mieux connaitre ses failles afin de maitriser sa violence ainsi que ses fantasmes.
L'INDIVIDU QUI BAT REFOULE SA LIBIDO.
Je pense à tous ces personnels qui oeuvrent au quotidien pour soigner ces malades. Le fou est un être humain gravement esquinté qui a besoin d'être soutenu par un autre qui l'est moins. Il y aura toujours des femmes et des hommes pour les accompagner. J'admire le courage de ceux qui travaillent la nuit. Le sentiment d'isolement, leur vulnérabilité avec l'agressivité de la part de la population déversant sur eux leurs frustrations. Après la disparition de Lucette et Chantal, ils ont vécus dans l'angoisse et la peur mais malgré tout le sens du devoir de s'occuper des malades l'a emporté car il y a toujours des patients et il faut assurer les soins.
La reprise de notre travail s'est déroulée dans la douleur, l'incompréhension et l'appréhension.
UN SCHIZOPHRENE MEME SOUS TRAITEMENT PEUT-ETRE DANGEREUX. CELUI QUI A POIGNARDE L'EDUDIANT A GRENOBLE ETAIT SOIGNE. IL A COMMIS CE MEURTRE EN S'ECHAPPANT DE L'HOPITAL.
Avant de diagnostiquer la maladie de ma soeur (16 ans), elle s'est défenestrée de 3 étages. Elle ne s'est jamais droguée et n'a jamais tué personne. Mais on ne peut pas déterminer à l’avance la dangerosité d’un individu, ce qui va motiver son passage à l’acte. Sauf si les personnes l’annoncent à l’avance, là on peut le repérer et les hospitaliser. La famille de Romain Dupuy avait exigé qu'on l'interne.
Un schizophrène peut annoncer un meurtre. Romain était persécuté.
Pour les victimes, il est important qu’il y ait une personne mise en cause qui était bien celle qui a commis les faits. Concernant l’auteur, c’est bien pour sa prise en charge psychiatrique. Enfin, il est bon que les experts s’expliquent précisément sur leurs décisions et leurs avis. Pour l’auteur, pour les victimes et leurs proches.
Ce qui m'a choqué au tribunal c'est que l'on est fait passé le Docteur Chanseau pour un affabulateur.Il m'est apparu comme quelqu'un de parfaitement cohérent dans la teneur de ses propos et prend le temps d'analyser une situation. Ce n'est pas parce qu'il a un avis différent des autres qu'il n'a pas raison. J'ai d'ailleurs discuté un peu avec lui et je lui ai témoigné ma plus grande confiance. Il est réputé pour traiter les cas très difficiles.
Le travail d'un expert nécessite des qualités professionnelles indéniables et on ne le devient pas par hasard.
Les experts qui ont défilé à la barre étaient très souvent en contradiction. Certains ont d'ailleurs évoqué que Romain Dupuy était curable. Si lui, il est curable, c'est peut-être moi qui suis "folle".
DEPUIS QUAND GUERIT-ON DE LA SCHIZOPHRENIE? LA MALADIE MENTALE PEUT SE STABILISER MAIS NE SE GUERIT PAS. QU'ON ARRETE DE RACONTER N'IMPORTE QUOI.
Si le malade se sent en confiance, il peut raconter le récit des faits sans délirer et le contraire si le courant ne passe pas avec le médecin, il peut le manipuler.
Il y a plusieurs années ma maman a été sauvée par ces hommes, sans leur intervention rapide, elle aurait pu mourir suite à une auto-médication.
Je ne travaille pas au CHP. Je ne connaissais pas Lucette et Chantal. J'aurais aimé les connaitre. Les gens qui les ont connus m'ont parlé d'elles. J'ai une pensée pour elles chaque jour et je me nourris de leur histoire pour ne pas oublier.
Si quelque chose m'a toujours profondément choqué en ce monde, c'est bien de voir comment la cruauté d'autrui peut-être perverse. Certains individus ne reculent jamais devant rien et profitent de la fragilité des autres en commettant des actes de bassesses. J'espère que ce qui font ça vont un peu payer et même un peu plus.
Sans ceux qui nous sont chers, on se sent vulnérable. Les morts sont la béquille qui nous est nécessaire pour avancer. Quand vient une séparation, on part se réfugier dans le passé. On cherche à le réinstaurer à le faire revivre. Dans cette dynamique, on a aussi tendance à idéaliser la situation perdue évitant ainsi la dure confrontation à la réalité . Car la réalité de la rupture vient raviver chez nous des séparations anciennes qui demeurent visiblement très douloureuses. Et pourtant... Il faut aller au-delà de la peur générée par les deuils successifs et inévitables de la vie. Reprendre confiance en soi, réincorporez le mot " fin " dans notre vocabulaire. Il fait partie de la vie. Nous éviterons ainsi de nous scléroser dans des situations à répétition.
Ma souffrance m'a aidée à avoir l'intelligence d'esprit et de coeur et l'envie d'aider les autres, je l'ai puisée dans le chagrin de ma mère.
Un jour, j'ai eu dans mon service un vieux monsieur qui s'était fait rabroué par une aide-soignante parce qu'il n'avait pas déjeuné.Je lui ai fait réchauffé son plateau.Il m'a dit: " Vous êtes gentille,vous savez ,j'ai perdu ma femme et depuis je prends des somnifères pour dormir alors le matin,j'ai du mal à me réveiller.
Je ne lui ai pas demandé de se taire,ni de garder son chagrin pour lui.Je suis restée pour l'écouter.Les mots n'expriment pas toujours notre souffrance.C'est important de se confier sans être jugé.Je suis incapable de me foutre de la souffrance d'un malade.
Que fait-on de " la merde psychologique " celle qui est plus collante que des excréments humains.Face à la souffrance des autres,je suis incapable de jouer.Je reste naturelle.Je m'interdisais d'avoir honte de débarasser les autres de leur tristesse.Je cotoyais des malades chaque jour avec leur lot de souffrance et d'angoisses des proches contre laquelle,il fallait que je me protège pour ne pas sombrer dans la déprime.Je me suis toujours attachée aux gens pour ce qu'ils étaient et pas pour ce qu'ils avaient.J'étais disponible pour chacun des malades et personne ne se doutait que je cachais en réalité une profonde détresse.La souffrance psychique demande à être écoutée et partagée par une personne qui la comprend et qui l'allège pour un temps plus où moins long dans sa difficulté de vivre car ceux qui gardent tout pour eux souffrent plus que ceux qui trouvent une oreille compatissante pour les aider dans leur travail de deuil.
Ma présence auprès des malades est apaisante ma prise en compte des ressentis des autres est pertinente et les gens n'hésitent pas à me confier leurs secrets et problèmes car ils sentent en moi la sensibilité et la compréhension.
Ecouter, c'est une technique car nous devons maitriser notre propre pensée, le contre-trensfert et rien ne doit venir occulter celui qui cherche à s'exprimer. La vie m'a donné des gens à aider dans leurs problèmes et je suis très fière de pouvoir le faire.
ON NE PEUT PAS COMPRENDRE LA PEINE DE L'AUTRE SI ON NE L'A PAS EPROUVE SOI-MËME.
Je suis convaincue que la vie est enrichie par des moments de solitude et de douleur et les bas nourissent les hauts.
Après un deuil, on a tendance à se refermer dans un monde ou plus pers ne peut entrer et on se punit d'avoir survécu. La mort nous fait culpabiliser. Si nous n'avons pas eu d'expérience personnelle nous n'avons qu'une représentation théorique de ce qui fait mal.
Parfois, lorsque la douleur est trop vive, on s'en prend à la première personne qui essaye de nous aider. Sous le coup de la douleur, on dit des mots qui dépassent notre pensée en analysant les évènements de notre vie sous un angle systématiquement négatif. Il se peut que la colère de cette personne ne s'adresse pas à nous directement mais que nous soyons la seule personne à qui elle puisse exprimer sa souffrance.
Souvent on devient agressif parce que l'on est malheureux et on pleure sur notre sort en s'imaginant que personne ne puisse souffrir plus que nous. Quant on est en colère après soi, on le déverse sur la personne qui veut nous aider car on pense qu'elle connait quelque chose de nous que nous ignorons et c'est insupportable car cette personne nous bouscule un peu car elle appuie là ou ça fait mal.
Si j'écris des choses qui peuvent offenser en aucune façon, je ne souhaite faire de la peine ou procurer la moindre contrariété.
Dans notre société on s'intéresse beaucoup aux personnes schizophrènes mais très peu aux personnes schizophrègènes celles qui rendent les autres malades. Si on commençait par éliminer les Pervers de notre société, il y aurait moins de gens malheureux.
Le 24 septembre, dans l'émission Complément d’enquête sur France 2, Marie-Claire Dupuy, la mère de Romain, déplorait que l’audience qui va s’ouvrir soit publique :
mireille..aide soignante en psychiatrie,confrontée avec ses collègues a l'éventualité d'une même situation ,cotoyant le même types de malades au sein de l'établissement..demande comment auraient été jugées ses collègues décédés si elles avaient réussies a se défendre et avaitent tué leur agresseur?
Pour un non lieu , auraient-elles dues joué les malades mentales devant la cour?
ou passeraient-elles aux assises...?????? monsieur l'avocat général qu'en pensez vous? ..et si l'une des victimes avaient été votre fille ou votre femme???? ...conclusion..nous avons le devoir de soigner et le droit de nous faire tuer..bon nombre de malades comprendrons qu'ils suffira d'être menaçant pour faire ce qu'ils veulent des équipes blouses blanches...génial...merci..!!!
...mes collègues de CADILLAC sont en danger ...car Romain Dupuy recommencera..
Commentaires effrayants vous ne travaillez pas au Centre Hospitalier des Pyrénées, moi oui. Comparer mes collègues à des vases pour qu'on s'occupe de son fils est une honte.
Elles laissent des enfants et des collègues choquées.
TOUS LES SCHIZOPHRENES NE SONT PAS DANGEREUX. A CAUSE DE CE DOUBLE MEURTRE LES GENS ONT PEUR DE CES MALADES.
Dans le domaine de la maladie mentale, on a recourt à la camisole chimique représentée par les différentes drogues psychiatriques.
Si ce malade est aussi dangereux, il doit pouvoir bénéficier d'une prise en charge de longue durée en UMD où il sera encadré par un personnel hautement qualifié. Il me paraît intéressant dans l'état actuel des choses que l'on développe des moyens pour éviter la récidive et faire un véritable travail thérapeuthique afin que l'individu prenne conscience de l'acte qui lui est reproché. Il n'a rien à faire en prison, ni dans un hôpital psychiatrique classique.
Tout le monde est bien conscient que le personnel travaillant en psychiatrie peut-être molesté au quotidien par des cas difficiles.
QUAND UNE PERSONNE EST DECLAREE IRRESPONSABLE, LA JUSTICE SE VOIT DESSAISIE. SON SORT EST UNIQUEMENT ENTRE LES MAINS DES MEDECINS. LA JUSTICE N'A PLUS SON MOT A DIRE. IL FAUT QUE LE JUGE PUISSE GARDER LA MAIN SUR CES AFFAIRES.
L'hôpital renvoie des malades à peine stabilisés pour faire de la place à des cas plus sérieux et les familles se débrouillent avec les moyens du bord.
Le nombre de lits au CHP est passé en quelques années de 1000 à 237.
40 000 personnes sont hospitalisés de force en psychiatrie, à la demande d'un parent, d'un voisin ou de l'administration et ce n'est pas près de changer.
POURQUOI , LES PERSONNELS N'ETAIENT PAS EQUIPES CETTE NUIT LA DE TELEPHONIE MOBILE QUI PERMETTENT AUX SOIGNANTS AGRESSES DE DECLENCHER UNE ALARME ALERTANT LES PERSONNELS DES PAVILLONS VOISINS QUI PEUVENT AINSI PRETER MAIN FORTE AUX COLLEGUES EN DIFFICULTE.
Depuis la disparition de Lucette et Chantal, un système individuel de téléalarme a été attribué à chaque personnel soignant de nuit ou isolé
- l'amélioration de l'éclairage nocturne a été effectuée
- le plan de sécurisation des ouvrants (fenêtres et portes) est en cours de réalisation
- une équipe de sécurité composée de 3 vigiles de 6h à 22h et de 2 vigiles de nuit a été mise en place pour assurer la sécurisation à l’entrée et à l’intérieur de l’établissement
- les équipes de nuit ont été renforcées par la présence permanente de 3 agents dans les pavillons qui sont en attente des travaux de sécurisation programmés sur l’ensemble de l’établissement.
JE CROIS QU'IL EST TRES IMPORTANT AUSSI QUE LE PERSONNEL NE SOIT PAS FAIT QUE D'EQUIPES FEMININES, CAR UNE FEMME FACE A UN MALADE VIOLENT NE PEUT PAS SE DEFENDRE.
Aujourd'hui, on sait à quel point les enfants même tout petits ressentent les évènements qui traversent leur existence. Parfois, ils ne manifestent pas leurs émotions, mais les gardent enfouies au plus profond d'eux-mêmes. Pour apaiser le chagrin d'un enfant, il est bon de lui rappeler que même lorsque sa maman n'est plus de ce monde, elle le protège car elle est toujours présente dans son coeur. La mère ne doit pas être occulter de la vie d'un enfant. Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas physiquement à ses côtés qu'il ne conserve aucune image d'elle, les liens continuent de se tisser au-delà de la disparition.
On doit toujours prendre certaines précautions pour révèler aux enfants la disparition d'un être cher en ménageant leur sensibilité afin de ne pas les traumatiser par des détails morbides ou terrifiants. De nombreux exemples fournis par la nature peuvent illustrer nos propos comme le chat du voisin tué par une voiture. Répondre à ses demandes sans les devancer, ni en rajouter. Lorsqu'on ne dit pas la vérité l'enfant s'imagine des choses bien plus terribles que celles qu'on lui cache et il apprend la vérité par d'autres qui lui mettent du poison dans les oreilles par un copain de classe.
L'enfant possède ses propres ressources et si le deuil est bien résolu il ne devrait pas compromettre son épanouissement. Si au contraire l'enfant ne bénéficie pas du soutien de ses proches son état émotionnel risque d'être passablement ébranlé et rendre la phase de reconstruction beaucoup plus difficile.
SI UN JOUR, ILS NE SAVENT PLUS OU ILS EN SONT, ILS SERONT QUE TOUT PRES DE CHEZ EUX, IL Y AURA UN COEUR SINCERE POUR LES RECONFORTER. C'EST TRES FACILE D'AIMER UN ENFANT QUI N'EST PAS LE SIEN. DANS LE COEUR D'UNE MAMAN, IL Y A TOUJOURS DE LA PLACE POUR DEUX.
Etre positif c'est difficile dans cette société " génératrice de folie ".
Comment est-ce réellement possible à notre époque ou le stress, la méchanceté humaine, le non respect de l'autre, l'hypocrisie, la jalousie dominent.
Les gens sont méchants sur cette terre et sont contents de nous savoir ennuyé en se nourrissant de la détresse psychologique des autres. La méchanceté d'autrui ne m'a pas contaminé. Tout ce que je fais sur cette terre ne peut se faire sans que je ressente la souffrance de l'autre.
En 2003 ma soeur ( schizophrène ) a failli mourir dans un incendie qui a ravagé le 1er étage de la maison de mon père. Lorsqu'elle a été interrogée par les gendarmes, elle n'a pas répondu de façon cohérente aux enquêteurs. Même sous traitement, elle arrivait à être violente avec ma mère. C'est une malade qui ne communique presque pas sinon de façon souvent agressive. On ne sera jamais si elle a mis le feu volontairement ou si c'est un mégot de cigarette qui a allumé l'incendie. Elle a été transportée à l'hôpital ( brûlures au 1er degré ) par les Sapeurs-Pompiers de Royan (17).
Je suis marquée à vie par ce qui s'est passé. J'ai assisté à toutes les marches de soutien auprès des familles des victimes.
IL NE FAUT PAS QUE L'ON OUBLIE LUCETTE ET CHANTAL MEME SI CERTAINES PERSONNES SONT FATIGUEES D'ENTENDRE PARLER DE CE DRAME.
J'ai d'ailleurs témoigné sur Pau-sud Aquitaine lors de la marche du souvenir ( décembre 2008) pour apporter mon soutien à la soeur de Chantal et de sa famille car je pense en particulier à 3 enfants qui n'ont plus de maman pour les serrer dans leurs bras.
je ne comprendrais pas qu'on laisse un dément en liberté sous pretexte qu'il ne sait pas ce qu'il fait. justement, puisqu'il ne sait pas ce qu'il fait, il DOIT rester enfermé dans un lieu loin de ceux qui savons ce que nous faisons.
L'entrée en psychiatrie
Jeudi soir, première nuit d'aide-soignant dans un service de psychiatrie. En ce début de printemps le temps n'est pas au plus beau, pluie, pluie et encore pluie. Je me dirige vers le bâtiment, en avance pour être sûr d'être à l'heure. Je monte à l'étage. Entrée du service, mouvement de poignet sur la clanche de la porte, elle ne bouge pas. La pluie tape sur les carreaux. Je regarde aux alentours : une sonnette. Retentissement d'un bruit de cloche dans le service. Un visage ténébreux surgit derrière la vitre de la porte. Elle ouvre la porte, et me regarde d'un air méfiant et interrogatif. "Je viens travailler ici cette nuit, en tant qu'aide-soignant." Elle me laisse entrer. A peine passer la porte, bruit de clé et de serrure qui claque.
Un groupe de personne le regard vide sont installés dans des fauteuils prématurément usés par une utilisation intensive et un mauvais traitement quotidien. Certains regards se tournent vers moi avant de de se rediriger lentement vers l'écran de télévision dont les images paraissent défilées trop vite pour être absorbées par ces visages sans expression.
On arpente un couloir sans fin, des cris larmoyant de plaintes essayent de masquer le peu de son qui sort de la télévision. Au plafond des néons sont espacés et n'éclaire que partiellement le couloir. Certains ne l'éclaire que par intermittence comme un éclair brisant la pluie tapant contre les fenêtres, à certains ils ne restent que les fixations partiellement arrachés, comme si elles avaient subi un poids trop lourd. Chaque pas en avant m'enfonce un peu plus dans ces ténèbres.
"-Vous avez déjà travailler?" me demande-t'elle sur un ton inquisiteur
"-Pas ici.
-Non, mais de nuit, vous avez déjà travailler de nuit ?" sur un ton de plus en plus en ferme"
Un oui timide et méfiant sort de ma bouche tout en me demandant si je ne devrais pas faire demi-tour.
-Vous avez une tenue ?
-Euh oui j'ai ce qu'il faut.
Nouveau claquement de serrure :
-Changez-vous là. Retrouvez moi quand vous aurez fini que je puisse refermer la porte.
A ce moment précis j'aimerais pouvoir m'enfuir. Les cris résonnent dans le couloir. J'ai du me tromper de service, ce n'est pas possible. Regard autour de la pièce: les barreaux m'empêche toute échappatoire à ce niveau là. Me voilà bloquer dans les antres de l'enfer pour la nuit, à vagabonder parmi des morts-vivants sans but ni raison...
Sinon, je dirais qu'il y a beaucoup moins de meurtres dans la population des schizophrènes que dans la population des non-schizo. Nous avons Romain Dupuy. Contre combien d'autres chez les autres ? La police criminelle travaille à plein temps, sur des égorgements, des coups de couteau, etc. etc. Ce ne sont pas des schizophrènes, et finalement, statistiquement, les schizos tuent infiniment rarement. Leurs meurtres peuvent être plus spectaculaires, c'est peut-être une façon morbide d'équilibrer la balance, mais le fait demeure, ils tuent moins.
Je pense que oui il faut les juger, c'est trop facile sinon.
Les psychiatres sont la plaie de notre pays, il y connaissent rien.
Je dis ça en connaissance de cause, bossant en psychiatrie, des gens qui ont tué, il y en a, et ils mennent la belle vie en psychiatrie. Il pourraient les placer dans des services disciplinaires (UMD) comme a Sarguemine, mais non, on en retrouve a Fitz-James.
Les psychiatres, ils arrivent dans leur services, ils donnent des directives, disent qu'il faut des projets etc... On voit qu'ils passent pas 8h dans les services.
En plus ils ont aucun tact avec les patients, ils les envoient littéralement chier.
Mais bon ce sont eux qui savent, ils connaissent leur metier ...
Donc je suis pour un jugement, pas le même qu'une personne non malade, mais il faut quelque chose de dur quand même.
A ceux qui veulent qu'on juge les fous : on les met où, après ? En prison avec des valides, pour qu'ils puissent les égorger au cours d'une crise, comme c'est arrivé la semaine dernière, ou juste leur rendre la vie impossible ? C'est pour le coup que leur futurs codétenus n'ont pas mérité ca, ils deviennent victimes à leur tour !
Je lui dédie ce poème:
Lucette.
Je fus la maman la plus comblée du monde
Quelques jours après noël
Lorsque tu es entrée dans ma vie
C'est pour toi que j'ai ouvert mes bras
Pour ton premier sourire
Toi que j'ai vu grandir
Avec cette allure de garçon manqué
Puis tu as rencontré l'homme de ta vie
Et de cette merveilleuse union
Est né un adorable petit garçon
J'attends encore un appel de toi
Celui que tu me passais parfois
En me disant: "Allo maman"
Tu embellissais la vie de ceux qui l'avait en partie perdue
Avec des mots qui viennent du fond du coeur.
J'ai envie de pleurer,mais je n'y arrive pas.
Tu m'as quitté pour vivre au milieu des étoiles
Et je voudrais que le calme
Habite ma solitude.
Comment dois-je t'aimer?
Toi qui à présent n'es plus là.
J'ai trouvé la réponse,elle est là au fond de mon coeur
Et je la partage encore quelque part avec toi.
Maman.
PS: J'ai une pensée aussi pour les enfants de Chantal.
On ne devrait pas penser d'abord à la psychologie du tueur mais plutôt aux deux victimes ! et à leur famille dont il a gaché la vie.
Le premier jugement qui a été porté sur le malade psychiatrique est le diagnostic du professionnel de santé. Un médecin psychiatre « juge » qu'une personne qui a été hospitalisée sous contrainte peut sortir d'un établissement de santé mentale. Cette sortie s'accompagne d'obligations de soins diverses et variées destinées à s'assurer de la sociabilité et de la non-dangerosité du malade. Dupuy semblait avoir échappé totalement à l'obligation de soins et aurait du être de nouveau hospitalisé sous contrainte, la puissance publique a failli.
Il faut comprendre, pour faire simple, qu'un psychotique n'est jamais guéri (au sens où la maladie l'a quitté) mais stabilisé. Humeur, comportement, pensée stabilisée, il semblera être dans la norme, même s'il délire à bas bruit de jour comme de nuit. Chez Dupuy c'est un fantasme de décapitation qui tournait en fond dans son son esprit, couplé à un déficit complet d'empathie (sans plaisanter une recrue parfaite pour le Vieux de la Montagne).
Ensuite d'autres professionnels de santé, des experts qui sont également psychiatres, « jugent » que l'assassin était aliéné au moment de faits, donc irresponsable. Donc non condamnable.
Est ce que Dupuy peut apparaitre à un procès public ? Oui, stabilisé il est d'apparence physique et mentale standard.
Est-ce que c'est utile ? Pour la famille de la victime oui, une espèce de psychodrame analytique qui permet de faire un travail de deuil. Mais pas d'effet garanti, loin de là.
D'un point de vue judiciaire c'est inutile, le juge n'est pas dans le prétoire pour servir une psychothérapie, il a autre chose à faire.
J'ai assisté à plusieurs séances d'assises, certes pas du même type d'affaires, mais malheureusement il y avait également des morts et des infractions très graves donnant des peines lourdes.
S'agissant de l'individu en question, il est évident que c'est l'auteur, qu'il était irresponsable au moment de ses actes, c'est un fait et c'est visiblement irrévocable.
Néanmoins, je crois que la famille et les proches de la victime ont droit à un procès en bonne et due forme, avec des explications des enquêteurs, des avocats et des experts, et ce en présence de cet individu, qu'il soit responsable ou non au moment des faits.
C'est le minimum que puisse faire la justice pour accorder un minimum de dignité à la victime et à tous ceux qui l'entoure.
Toute personne qui a un membre de sa famille atteint de schizophrénie sait combien il est difficile de trouver des structures adaptées pour soigner ces pauvres gens. On les bourre de médicaments et comme il n'y a pas assez de lit dès qu'il y a un semblant d'amélioration on les fou dehors. tant mieux pour ceux qui ont des familles pour les autres c'est la rue ou la prison.
Nous avons vu le cas d'un père qui voyant sa fille en crise à fait un scandale pour EXIGER que l'on interne sa fille en hôpital psy et comme il n'y avait pas de place et que lui ne voulait pas la garder chez lui et bien le seul recours a été de faire sortir un autre malade pour libérer une chambre ! ! ! Quand est ce que l'on arrêtera cette hypocrisie, Ce n'est pas ce pauvre type qu'il faut juger mais les médecins psychiatres qui l'ont laisser sortir et les politiques qui ne donnent pas assez de moyens.Si seulement les familles de personnes agressées par ces malades pouvaient se retourner contre le corps médical pour faire bouger les choses.
J'en appelle à une équipe de journaliste qui aurait le courage d'enquêter sur cette maladie et l'enfer que vivent au quotidien ces malades ainsi que leur entourage livrés à eux mêmes. Entourage qui sont en proie à la peur et aux agressions de ces malades lorsqu'ils sont en crise ( je ne siterais pas le nombre d'agressions parfois mortelle envers un proche dont on ne parle pas à la télévision et qui ne font pas de scandale)et qui lorsqu'il appelle les gendarmes ou les pompiers ceux ci ne se déplacent même plus.
C'est tellement facile de trouver un bouc émissaire.