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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /2009 11:53










PLACE 40 : PRISON BREAK – Saison 4. Classement Saison 2007/2008 : 34ème (- 6 places).


Diffusion
sur FOX le lundi soir à 22h (Moyenne saison 4 : 4,97 millions de téléspectateurs, - 34% par rapport à la saison 3) et sur M6 en France. Annulée après 4 saisons et 81 épisodes.


Créée par
: Paul Scheuring. Avec Wenworth Miller, Dominic Purcell, Michael Rapaport, Amaury Nolasco, Robert Knepper, Jodi Lyn O’Keefe, Sarah Wayne Callies et William Fichtner.


Indice Spoiler
: 2/5


Bilan :
Pour célébrer une saison aussi mauvaise que grotesque, j’ai décidé aujourd’hui de vous livrer une chronique quelque peu particulière. Je vais en effet vous dresser un top 6 non exhaustif des éléments les plus ridicules mais aussi les plus drôles à leur insu de cette saison qui a redonné tout son sens au terme guilty pleasure.


1- Le Pitch

L’avantage avec la saison 4 de Prison Break, c’est que dès le départ, on ne nous a pas menti sur la marchandise. Oui, Prison Break est passé d’un statut de série novatrice et créative (en saison 1) à celui d’une série totalement has been, cheap et répétitive. Franchement, l’histoire d’une sombre compagnie avec un miteux général à sa tête qui régirait les plus grandes décisions du monde, ça ne se fait plus depuis les années 80. D’autant que ce pauvre général, dont la seule bataille qu’il a du connaitre fut pour ne pas avoir la garde de sa fille qui est encore plus cruche que Sarah Wayne Callies, est tellement crédible qu’il a limite besoin d’un défibrillateur pour se lever de sa chaise en carton pate. La cascade est digne des épisodes les plus impressionnants de Navarro, vous savez quand ce cher Roger Hanin pointe son révolver sur un suspect avec une violence insoutenable et s’écrie ‘Plus un geste’ !

Sauf que le temps que tout ce mécanisme se mette en place, le mec a déjà passé trois ou quatre frontières. Enfin, admettons. Qui plus est, cette compagnie est, rappelons-le, à l’origine de milliers de morts et a un budget qui se compte en milliards de dollars, en bref c’est pas le dealer du 3ème droite, appartement D ! Hé bien, pour la faire tomber, on emploie une bande de bras cassés tout juste sortis d’une prison Panamienne. Et évidemment, personne n’a flairé l’arnaque !
Non, bien sur, ce n’est pas comme si il y a des centaines d’agents du FBI dont c’était le métier, non. Il suffirait d’envoyer Jack Bauer et là, en 15 minutes top chrono, c’était Scylla récupéré et la compagnie en taule, et encore avec le temps d’aller pisser pendant la pub ! Mais le pire dans l’histoire, c’est que cela fait des années que cette compagnie existe mais c’est que maintenant, comme par enchantement, qu’ils décident de faire quelque chose.

Sans compter que la mission a été montée sans qu’aucun supérieur n’en ait donné l’ordre. Ca commence à sentir mauvais, non ? Pensez-vous ! Pas du tout ! Barracuda et son agence tous risques tombent droit dans le panneau et on est reparti pour les plans foireux de Michael, toujours accompagné de sa fidèle boite de sardine Saupiquet et de sa crème de nuit Nivea (oui, le blog TV News m’oblige désormais à faire du ‘placement du produit’ dans mes articles, c’est tout à fait indépendant de ma volonté). Et avec lesquels, précisons, il arrive à déjouer des systèmes de sécurité établis par la NASA à coup de milliards de dollars ! Ah ben à coté, McGyver c’est Bob le bricoleur. Et puis évidemment, à la mi-saison, on découvre bouche bée que l’enquêteur chargé de l’affaire s’avère être en fait un méchant. Ah ben ça alors ! On s’en serait jamais douté !


2- Aucun réalisme

Vous vous disiez que 24 était une série surréaliste ? Vous, vous n’avez pas vu la saison 4 de Prison Break ! Bon évidemment, les illustrations se comptent par dizaines à chaque épisode, je vais donc me contenter de prendre l’exemple le plus drôle. Oui, j’en rigole encore. T-Bag se fait donc passer cette saison pour un vendeur star d’une entreprise à Los Angeles, après avoir tué le personnage en question. Pourquoi me direz-vous ? Dans Prison Break, il n’est pas nécessaire de chercher midi à 14 heures, il n’y a pas de raison particulière, il fallait simplement meubler. Enfin passons. Donc déjà, première ineptie. Rendez vous compte. T-Bag remplace un mec qui bossait depuis des années dans une entreprise, qui plus qui était le meilleur vendeur donc tout le monde le connait et, sans avoir ni le même physique, ni rien connaitre du boulot, T-Bag le remplace et personne ne se rend compte du subterfuge. Cela passe comme une lettre à la poste ! Non mais sérieusement.

T-Bag passe ses journées à manigancer avec Gretchen ; à inviter la bande à Basile à venir creuser des trous dans son bureau avec un matériel à faire pâlir Martin Bouygues ; des japonais viennent même le menacer avec des fusils à pompes ! Mais ni le patron, ni personne, ne se rendent compte de rien ! Il faut absolument qu’il me donne l’adresse de cette entreprise, je postule tout de suite. Petite sieste, petite stagiaire, coupette de champagne et hop, ça fait la journée ! Non parce qu’il faut en plus que je précise que les bureaux sont vitrés, et donc transparents. Ainsi, les gens voient passer une bande de taulards et des mecs avec des grenades mais non, non, c’est normal !


3- Dialogues ridicules

Ridicules oui, mais drôles surtout ! Prison Break accumule les phrases bateaux de la série d’action lambda, si bien qu’on est à la limite de la parodie. Un petit exemple, dans le 4.09, quand ils veulent passer à travers un conteneur plein d’eau. Lilcoln explique alors à Michael : ‘We can't go under (dessous) and we can't go over (dessus).’ Et là, imaginez Michael, voix grave et suave, tel Sylvester Stallone dans Daylight: ‘Yeah… But maybe we can go trough !’. Ta dan ! Cliffangher ! On aurait dit Horatio Caines des Experts : Miami avec ses phrases mythiquement connes de pré-générique.


4- Facilités scénaristiques

81 épisodes. Ils auront passés 81 épisodes à tenter de se sortir du pétrin. Et chaque fois qu’ils sont proches du but, il y a toujours une merde qui les envoie au point de départ. Une fois, on y croit, deux fois, on a des doutes, 350 fois, on a envie de se pendre. Et plus ça avance, plus l’arnaque est grosse comme une maison. Ainsi, la mission des Scofield’s seven est de récupérer le livret noir de la compagnie qui se décline selon plusieurs cartes, chacune des cartes étant possédée en main propre par un membre éminent de la dite compagnie. Ils mettent donc au point un super système permettant de copier la carte à distance, à condition d’être relativement prêt de cette dernière.

Et on peut dire qu’ils donnent de leur personne. Sucre sort même le grand jeu de dragueur gigolo de supermarché pour croisières gay à destination de Mykonos à ce pauvre Jude Cicconella (Mike Novick de 24) à qui ils font jouer une espèce de folle perverse croqueuse d’hommes. Paul Scheuring n’a donc aucune vergogne. D’autant plus que le mec, qui garde quand même une carte valant des trilliards de dollars, s’en sert limite pour faire des lignes de coke. Enfin passons. Tout se passait à peu prés bien jusqu’à la dernière que Gretchen doit récupérer. Et là évidemment, c’est le drame. Ben oui, il fallait bien meubler un épisode de plus. Donc au lieu de faire comme les autres, c'est-à-dire copier cette fichue carte, cette gourdasse essaye de la voler directement au général. Evidemment, elle se fait prendre. Non mais c’était pourtant pas compliqué, merde ! Et puis ça continue. Quand ils récupèrent enfin Scylla, Self devient méchant. Quand le FBI les croit enfin, ils veulent finalement les tuer. Bref, trop c’est trop. Vous allez me dire, il fallait tenir jusqu’à la fin de saison. Oui, mais je sais pas vous, mais personnellement je n’aurais pas été contre de voir Michael et les autres enfin tranquilles, qu’on leur foute la paix, en train de siroter une Pina Colada dans les Bahamas, et que Scofield puisse enfin se soulager auprès de l’autre frigide de Tancredi !


 

5- Acteurs non crédibles

Dés le départ, l’idée de faire de Don Self un méchant était mauvaise. D’autant que le coup du ‘Je retourne ma veste’ avait déjà été utilisé 3 épisodes plus tôt avec le Chinois, et chaque épisode plus tôt par Gretchen et T-Bag. Les scénaristes ont certainement du regarder la saison 1 de 24 juste avant l’écriture et ont trouvé l’histoire de Nina fabuleuse et du coup, ils nous ont fait le coup de la taupe à toutes les sauces ! Sauf que n’est pas Nina qui veut. Et surtout pas Michael Rapaport. Ahhh, Michael Rapaport. Rien que son nom est drôle. En dehors du fait qu’il soit un acteur terriblement beauf et mauvais, je l’aime bien car il est marrant, un peu bougonnant et vulgos, le Al Bundy des années 2000. Drôle pour une sitcom mais voyons, pas pour un thriller !

Evidemment, quand on découvre que Rapaport est le vilain de l’histoire, ça m’a valu un bon fou rire. Ce n’est pas crédible. Il n’y peut rien mais ce n’est pas crédible, il n’a pas le physique. C’était limite si, en déclarant qu’il était méchant, il soulevait pas grossièrement son bras, lâchait un gros pet et glousser comme Philippe Bouvard. Vous imaginez Paris Hilton incarner Françoise Dolto ? Et bien c’est la même chose. Bon, puis je ne reparlerais pas de l’inexpressif Purcell, de l’inexistante Sarah Wayne Callies, de la mère Scofield, Jane Fonda du pauvre, ou encore du clone, en encore plus mauvais, de Tiffany Thiessen. Seul Fichtner semble finalement de sortir de cette grosse galère.


6- Petits arrangements dans les storylines.

‘T’inquiètes, ça va le faire !’. Voila une phrase qui doit ressortir très souvent dans les réunions scénaristiques de travail de Prison Break. Ainsi, ils ont l’idée fabuleuse d’affubler Michael d’une terrible maladie qui le fait signer du nez, s’évanouir et avoir des absences. Ben oui, mais le problème, c’est qu’il faut bien qu’il continue à faire ses plans, bricoler les tunnels et fuir les méchants. ‘T’inquiètes, ça va le faire !’ a-t-on certainement du répondre au petit affronté qui osa poser cette question. Et effectivement, ça l’a fait. Ainsi, quand Michael est tranquillement assis à rien glander, c’est Tchernobyl. Il s’évanouit, le sang gicle partout, enfin c’est une horreur. Par contre, quand il doit courir et creuser, alors là, c’est plus Michael, c’est Rambo. C’est bien fait la vie quand même, vous ne trouvez pas ?


 

En bref :


Meilleur épisode : 4.12 – Selfless


Pire épisode : 4.11 – Quiet Riot


Prix special: Award ’24 est un docu-réalité comparé à nos intrigues’ pour Prison Break.


Les points forts : Finalement, son honnêteté. Contrairement à d’autres séries dont j’aurais l’occasion de vous parler dans les prochains jours, Prison Break sait qu’elle est une série totalement débile et sans aucune cohérence et l’assume. Si Prison Break n’était pas aussi sérieuse dans son ridicule le plus sidérant, on aurait presque pu passer un bon moment !


Les points faibles : C’est bien simple, il n’y a pas un seul salarié qui fasse bien son boulot, mis à part peut être le mec des sandwicsh mais cela, l’histoire ne le dit pas. Le scénario est écrit à la truelle mécanique, les acteurs ne sont pas crédibles, les décors sont miteux, les dialogues sont si inconsistants qu’ils en deviennent drôles, les situations sont surréalistes. Bref, rien, absolument rien, n’est à sauver.


Conclusion : Je ne souhaite à aucune série la manière dont s’est terminée Prison Break. Elle n’est devenu que l’ombre que d’elle-même et s’est conclue dans l’indifférence la plus générale avec trois pauvres téléspectateurs fictifs, certainement soudoyés par la FOX. En cette saison 4, la série aura pathétiquement tenté de trouver un nouveau point d’appui et se sera ramassée de façon dramatique. Au fil des épisodes, l’intrigue vire au carnage le plus total avec des rebondissements usés et sans la moindre cohérence et des tentatives désespérés de relancer des storylines sous perfusions et ennuyantes à mourir qui n’intéressent plus personne. Dans les derniers instants, même les scénaristes, de leur propre aveu à court d’idées, semblent avoir abandonnés la série que l’on clamait autrefois pour son ingéniosité. Un gâchis sans nom.


COLE
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Par COLE - Publié dans : Classement 40 séries 2009
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