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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 08:55




A l'occasion de la diffusion par M6 de la saison 5 de Desperate Housewives dès ce 1er septembre, retour sur la critique de cette saison par Cole. A ne pas lire si vous désirez découvrir sans spoiler ces épisodes !






DESPERATE HOUSEWIVES – Saison 5.



Diffusion sur ABC
le dimanche soir à 21h et sur Canal + / M6 en France (Moyenne saison 5 : 14,5 millions de téléspectateurs, -20% par rapport à la saison 4). Renouvelé pour une saison 6.


Créé par Marc Cherry Avec Teri Hatcher, Felicity Huffman, Marcia Cross, Eva Longoria, Nicollette Sheridan, Doug Savant, Ricardo Antonio Chavira, Dana Delany, Kyle MacLachlan, James Denton et Neal McDonough.


Indice spoiler : 4/5. 


Bilan : 1937 : Début du soap vétéran The Guiding Light à la radio. En 72 années d’existence, il aura vu défilé tous sortes de feuilletons et d’intrigues rocambolesques et parfois surréalistes : retour d’entre les morts, tapisseries empoissonnées, frères jumeaux diaboliques, nains perfides et autres mariages slovaques. Et pourtant, aucune d’entre elles n’a jamais atteint le pathétique de l’une des intrigues phares de la saison 5 de Desperate Housewives : Orson cleptomane. Ils ont osés. Kyle MacLachlan qui, rappelons-le, a gagné un Golden Globe pour son fabuleux rôle dans Twin Peaks se retrouve donc à jouer les cleptomanes de tasses en porcelaine et de stylos bic (je vous jure que c’est vrai) dans Desperate Housewives. Quel destin brisé. L’intrigue atteint carrément le nirvana du ridicule avec un cliffangher invraisemblable où Orson, tel le Charles Manson des beaux quartiers, jette un coup d’œil redoutable à la deuxième boucle d’oreille de Bree sachant qu’il venait de voler la première. Allait-il la voler la seconde dans l’épisode suivant ? Autant dire que le suspens était proprement insoutenable. Je vous laisse imaginer les hordes de fans euphoriques qui ont retenu leur souffle pendant une semaine, la scène a fait la une des nouvelles mondiales, certains se jetaient carrément de leur fenêtre emportant avec eux leurs plus précieux bijoux. On n’avait pas vu cela depuis la mort de JR.


Plus sérieusement, la série a donc littéralement passé 24 épisodes à s’enfoncer dans la nullité la plus inconcevable, à tel point que le principal enjeu des Housewives était devenu de savoir si c’était encore possible de faire pire lors de l’épisode d’après. Autant dire qu’on n’a pas été déçu. A coup d’intrigues tantôt ennuyantes, tantôt inutiles, tantôt carrément insupportables, la série a formidablement préparé le terrain pour l’apothéose du season finale et son cliffangher aussi lamentable que désespérant (c’est le cas de le dire). Un cliffangher funeste qui signe presque l’aveu d’impuissance des scénaristes qui sont arrivés au bout de ce qu’ils pouvaient nous proposer. A moins d’un miracle, Desperate Housewives est une série morte et enterrée. Mais pour comprendre cela, un petit retour sur la saison s’impose.


DH est devenu une série photoshopée à l’image de ses affreuses photos promos. Un véritable formula show à la CSI sans aucun fond, sans vraie intrigue à long terme, plus la moindre ambition. La plupart des intrigues se bouclent ainsi en un épisode. C’est du genre ‘Ouh, mon gosse a désobéi’ ou alors ‘Ouh, j’ai trop de ménage à faire aujourd’hui’. Remarquez, je préfère encore quand DH fait de la comédie de boulevard bas de gamme à quand elle s’essaye à parler de la crise … Mais le coupable porte un nom : Marc Cherry. C’est bien simple, je le déteste. Marc Cherry est un imposteur doublé d’un mauvais producteur et d’un **** . L’homme est gay et républicain convaincu. Autrement dit, il milite contre ses propres droits. Bon, pourquoi pas. Ca dénote certainement d’une intelligence caché, je ne sais pas. Sauf que son aura ultra-conservatrice, limite catho, se ressent dans la moindre intrigue de la série. Et vas-y que je te tartine de morale à chaque épisode. Les armes à feu, c’est génial. L’avortement c’est pas beau. Puis, la position des femmes dans la série, je vous dis pas. Isabelle Alonso doit très probablement organiser des rites sataniques en regardant les Housewives.


Surtout avec Bree qui devient de plus en plus réac’ comme dans cet épisode affolant où elle s’apprête à renoncer à son entreprise car son rôle est de faire la popote à son cleptomane de mari (je m’en remettrais jamais de celle-là !). Et je n’ose parler de la bande de feignasses féminines de Wisteria Lane qui n’est bonne qu’à planter trois pétunias et à ragotter toute la journée pendant que leur viril de mari les trompent avec la première blondasse venue (dans Desperate Housewives, une blondasse est nécessairement une catin sans vergogne). Preuve en est avec ce cher Marc Cherry qui frappe Nicolette Sheridan quand elle a le malheur de remettre en question son infâme scénario. Mais non, non, tout cela, ce ne sont que des rumeurs, loin de moi l’idée de les colporter !


Le season finale met donc en évidence tous les problèmes que je viens d’évoquer. Après le bond en avant de 5 ans en début de saison, la série fait en bond en arrière de 15 ans. Ainsi, Lynette retombe enceinte. J’étais tout simplement atterré en découvrant ce rebondissement de Judas. Lynette et Tom ont passé la saison à s’occuper de problèmes insignifiants de leurs quatre mioches et voilà qu’on leur rajoute de nouveaux jumeaux. Je peux déjà écrire l’intrigue : ils vont être des morveux, accumuler les conneries, Lynette va péter un plomb … Ca vous rappellerait un petit peu la saison 1 ? Sans compter que jamais le couple n’envisage l’avortement alors qu’ils ne veulent pas de ce gosse. Et puis le cliffangher, on s’oriente clairement vers un pénultième retour du couple Mike / Susan. Tout ça pour ça. Pitoyable.


La merveilleuse Dana Delany sera donc renvoyée comme une malpropre. En même temps, vu le gâchis qu’ils ont fait de son personnage, ça ne serait pas plus mal. Charismatique et impitoyable diva en saison 4, la voilà devenu marâtre en saison 5 tout juste bonne à préparer ses écœurantes pommes d’amour. Bon dieu mais fuis Dana. Aussi loin que tu peux. Surtout, ne deviens pas comme l’insupportable Teri Hatcher. Je ne supporte plus ses minauderies. Sa manière de jouer est si irritante qu’on la croirait toute droit sortie d’une parodie canadienne de Dynasty. Sans compter que ses éternelles intrigues d’amoureuse névrosée, version cheap d’Ally McBeal, commencent vraiment à sentir la naphtaline.


Du côté des autres Housewives, sans être la panacée, on est déjà un niveau en dessus. Toutefois, l’élément qui est finalement le plus regrettable dans les Housewives est le fait que les personnages n’évoluent jamais et restent enfermés de façon hallucinante dans leur cliché. Preuve de l’ambition zéro de la série qui n’est qu’une succession d’intrigues Arlequin indépendantes. C’est encore pire que les Spice Girls. Malgré tout, Eva Longoria et Marcia Cross tirent leur épingle du jeu. Eva Longoria fait du Eva Longoria, autrement dit du cabotinage à outrance. Mais avouons que si elle n’était pas là, la série serait bien moins amusante.. On regrettera seulement que la seule intrigue psychose de la saison avec l’énigmatique Frances Conroy en grand-mère psychopathe ait été tuée dans l’œuf avec une keyllerisation inexplicable et surtout honteuse du personnage.






Marcia Cross reste également l’un des atouts maitres du show. Bree reste clairement la 'housewive' la plus intéressante et la plus décapante avec des intrigues totalement imprévisibles et souvent drôles. Plus que le personnage, c’est surtout Marcia Cross qui excelle avec son interprétation impeccable à mi-chemin entre la froideur psychotique et la perfection catholique. Si l’équipe de Marc Cherry avait véritablement des couilles, il y aurait moyen de faire quelque chose de génialement corrosif avec son personnage.


Oui mais voila. La série ne veut pas prendre le risque de choquer sa chère ménagère et puis surtout, il faut correspondre à l’image dorée d’ABC. Car finalement, le problème ne vient ni vraiment des personnages, ni des actrices mais bien de ces fichus scénaristes. Et ce qui est marrant est que plus ils se consensualisent, plus l’audience baisse. Eh oh, les gars ! Vous êtes totalement abrutis ou quoi ? La ménagère américaine, elle regarde les Sopranos, elle regarde True Blood ! Elle peut voir autre chose que les teenageries guimauvesques de la mère Mayer ! Un exemple tout bête et l’un des plus gros ratés de la saison : le fil rouge de Dave / Susan / Mike.


On sait d’avance que la vengeance de Dave va bien se finir mais qu’a cela ne tienne, nous nourrissons quelques espoirs, il va bien se passer quelque chose. Résultat des courses : Dave a des remords de dernière minute et sauve lui-même le gosse qu’il menace de tuer toute la saison. Même 7 à la maison n’est jamais tombé aussi bas dans la niaiserie. Rendez vous compte. Les scénaristes (si on peut encore les appeler de la sorte) ont passé 24 putains d’épisodes à entretenir le suspens autour de cette intrigue, à nous faire croire que Dave allait être le Kimberly Shaw au masculin, à enchainer les menaces de meurtres, de sang, de cervelle explosée, de final qui allait nous crucifier sur place. Et au final, Dave sauve lui-même le gosse. Non, vraiment, on ne peut plus rien faire de Desperate Housewives. Heureusement que les excellents personnages secondaires, de Madame McCluskey à Richard Burgi sont là pour apporter un peu de piment à cette recette si fade….


Reste tout de même un sujet que je me dois d’évoquer : la mort d’Edie Brit, le monument bitchy qui emporte surtout avec elle le peu d’irrévérence que conservait la série. Et dire que Cherry a osé déclarer qu’il l’avait tué car il avait fait le tour du personnage. Sans compter que sa mort a du ravir les fans de Terminator. J’imagine Cherry jubilant en train d’écrire la scène faisant crever cette garce de Sheridan, une main sur le scénario, l’autre je ne dirais où. C’est bien simple, Edie est étranglée, a un accident de voiture et finit électrocutée comme une malpropre. La série poussera le vice jusqu’à lui rende un hommage fleur bleue à l’image de l’outrageant centième épisode mais à l’opposé du personnage de garce ultime qu’elle était. Sans compter que l’épisode n’était qu’un vulgaire clip show composé d’anecdotes sans le moindre intérêt sur le personnage d’Edie. Une honte doublé d’un foutage de gueule pour les fans.






Meilleur épisode : 5.06 – There’s Always a Woman. Pire épisode : 5.15 – In a World Where the Kings are Employers & 5.24 – If It’s Only In Your Head. Prix special: Award ‘On peut toujours se remettre d’une mort pourrie, demande donc à Laura Leighton !’ pour Nicolette Sheridan (Edie Britt)


Les points forts : Je ne peux nier qu’une poignée d’intrigues était sympathiques et agréables à suivre et quoi qu’on en dise, on est attaché à ces Housewives. L’interprétation d’Eva Longoria mais surtout de Marcia Cross leur permet de pimenter leurs intrigues ronronnantes. De plus, la série a développée des personnages secondaires haut en couleur qui apportent un poil de rythme à une série à l’encéphalogramme désespérément plat.


Les points faibles : La série a perdu toute son aura caustique pour n’être plus qu’une énième bluette insipide. Les intrigues sont devenus inintéressantes et terre-à-terre, voire carrément stupides. On est loin du suicide de Mary Alice. Les scénaristes n’ont clairement plus d’idée si bien que la série se retrouve totalement dépourvue de rythme. Preuve en est avec le fil rouge de la saison qui n’avance pas d’une bribe entre le début et la fin de saison, et tout cela pour finir en eau de boudin.


Conclusion : Les saisons 2 et 3 de Desperate Housewives étaient sans aucun doute en dessous des autres mais la saison 5 de la série marque sans aucun doute une étape. Plus d’une simple baisse de régime, c’est un vrai foutage de gueule en règle. En plus d’avoir perdu toute ambition et toute inspiration scénaristique, Marc Cherry a converti sa série au conservatisme le plus détestable. La série s’enfonce dans un moralisme nauséabond avec des épisodes niais et inutiles. Plus aucune intrigue soapesques, aucune trame, aucune parodie. Desperate Housewives est devenu l’ombre d’elle-même, à savoir une bluette composée d’histoires unitaires ronronnantes et désespérément redondantes. Le spectacle est devenu tellement indignant que je ne vois pas comment elle pourrait sortir la tête de l’eau. Et dire qu’il reste au moins 2 saisons…


COLE.


Crédit photos © 2009 American Broadcasting Companies / DR
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Par COLE - Publié dans : COLE 2009
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